BETA MODE
Al-Houthi entre à Berlin avec un faux passeport et Merkel refuse tout commentaire - Majalla Magazine
  • Edition actuelle
Reportages

Al-Houthi entre à Berlin avec un faux passeport et Merkel refuse tout commentaire

Angela Merkel
Angela Merkel
Angela Merkel

Le ministre allemand de l’Intéreur refuse tout commentaire sur les questions d’”LaMajalla » à propos de la légitimé de l’entrée du frère du chef des Houthis à son pays….et le gouvernement Merkel a ignoré la présence d’un terroriste sur ses territoires.

Le directeur exécutif américain de la « lutte contre le terrorisme » : « la situation de Yahia Al-Houthi reflète la défaillance de l’Europe quant aux critères d’évaluation de la situation des réfugiés sur son territoire ».

Berlin -Wlliam Glokrufut et Hassan al-Rammahi

« Al-Majalla » a obtenu en exclusivité des informations auprès de sources fiables qui prouvent que Yahia, grand frère du chef des Houthistes Abldelmalek al-Houhti, a quitté l’Allemagne au mois de juillet 2016 en direction de Genève, et ce, après qu’ Al-Majalla, qui est allée sur ses traces et ses déplacements dans les territoires allemands qui sucitent beaucoup d’intérrogations, et ait dévoilé qu’il est entré à Berlin avec un faux passeport, il semble qu’il ait probablement choisi la suisse « capitale de l’argent » après avoir vendu ses biens pour en transférer le produit à partir de l’Allemagne.

Les mêmes sources confirment que la fortune de Yahia al-Houthi dépasse, après avoir vendu ses biens, les 4 millions d’euros. Il s’agirait d’une maison de deux étages avec un grand jardin ( 6 chambres dont 4 chambres à coucher, deux salles de bains et deux toilettes) outre une ferme, une voiture de type Mersedes nouveau couleur or portant la matricule ( BNY 1961) dont les deux premières lettres sont un abrégé de la ville de Bonn où réside Yahia alors que la troisième lettre (y) constitue une référence à son nom tandis que le chiffre 1961 mentionne sa date de naissance. Yahia a acheté sa nouvelle voiture après son retour en Allemagne à la fin du mois de juin 2016 ce qui dénote bien de sa volonté de s’installer dans sa maison à Bonn et ce avant de décider de vendre ses biens et de quitter précipétemment l’Allemagne à la suite du reportage d’Al-Majalla diffusé dans un numéro précédent sous le titre « preuves à l’appui…Yahia al-Houthi dirige son insurrection depuis Berlin…et le gouvenement de Merkel dans une impasse juridique ».

Auparavant Al-Majalla avait posé plusieurs questions dans son reportage au gouvernement allemand après le retour de Yahia Badreddine al-houthi en Allemagne muni d’un faux passeport et son apparition dans la ville allemande Bonn de nouveau au début du mois de Juin 2016 après l’avoir quitté à destination du Yémen en 2013.

Le grand frère du chef de l’insurrection houthiste Yahia Badreddine al-houthi – membre du parlement yéminite durant le mandant 2003-2009 et du bloc parlementaire des députés pour le parti du congrès populaire général (CPG) – est revenu au Yémen le 25 juillet 2013 après avoir vécu durant plusieurs années en Allemagne où il avait le statut de réfugié politique et ce, après avoir reçu des garanties du président yéminite Abd Rabbo Mansour Hadi, lesquelles lui permettaient de participer au congrès du diloague à cette époque après sa nomination membre au congrès du Diologue National par le groupe des Houthis.

La décision de son retour au Yémen intervient après coordination avec le président yéménite qui lui a accordé une grâce présidentielle et a annulé les peines prononcés contre lui, à l’époque du président déchu Salah, par les tribunaux yéménites.

Le tribunal pénal de première instance spécialisé dans les affairs de sûreté de l’Etat et du terrorisme à Sanaa ( Capitale du yémen) a, au mois de février 2011, prononcé une peine d’emprisonnement en contumace de 15 ans contre Al-Houthi, accusé d’avoir participé à un groupe terroriste armé, impliqué dans des actes terroristes et des attaques sur des institutions constitutionnelles et pour avoir planifié l’assassinat de plusieurs personnalités politiques dont l’ambassadeur américain à Sanaa. Ces actes ont été confirmés par des proches du mouvement des Houthis à « Al-Majalla » qui ont évoqué notamment son implication dans des actes terrosites et sa planification pour assassiner des personnalités politiques pro-régime après son retour en Allemagne.

Il est à rappeler que l’Interpol a donné son accord pour inscrire le nom de Yahia Houthi, frère du dirigeant de l’inssurection Abdelmalek al-houthi, sur la liste des terroristes en 2007 et des recherchés intertationaux et ce, à la suite de la requête de Abdallah Salah, l’accusant de former un groupe terroriste avec d’autres inculpés, pour mener des actes terroristes.

Le retour de Yahia Badreddine Al-Houthi, accusé de plusieurs actes de terrorisme, en Allemagne une deuxièmefois après l’avoir quitté en direction du Yémen, en ce timing précis ainsi que ses activités en Europe et son apparition publique sur la chaine de télévision allemande, ont suscité plusieurs interrogations sur ses relations et son statut exceptionnel sur le territoire allemand. En effet, son retour constitue une violation flagrante de la loi de protection et d’asile surtout qu’il qu’il porte toujours pas un passeport allemand provisoire, ce qui constitue une atteinte juridique claire.

« Al-Majalla » s’est interrogée dans son numéro précédent ( Juillet 2016) sur cette affaire et s’est adressée aux responsables dans le gouvernement allemand : comment les autorités ont-elles permis au terroriste insurrectionniste Yahia al-Houthi d’entrer sur le territoire allemand alors qu’il avait commis des exactions incommensurables ? comment le frère du chef de l’insurrection a-t-il rencontré des responasables de haut niveau au parlement et au ministère des affaires étrangères allemands ? comment a-t-il eu des rencontres secrètes avec des diplomates et des responsables iraniens à Bonn et à Berlin ? Comment le réfugié politique Yahia al-Houthi a-t-il pu avoir bénéficier d’une apparition sur une chaîne de télévision pour parler de la politique de son groupe terroriste ce qui constitue une violation flagrante des grands principes de la loi d’asile ?

« Al-Majalla » a, dans son numéro précédent, indiqué qu’au terme d’un entretien entre Yahia Al-Houthi et l’ambassadeur iranien à Berlin Ali Mejdi, qui a duré quelques heures, ce dernier lui a donné feu vert pour cette apparition, apprend-on d’une source diplomate bien informée.

Le gouvernement allemand refuse tout commentaire

Il n’empêche, le mystère au sujet du retour de Yahia al-Houthi en Allemagne avant de se diriger vers la Suisse, suscite plusieurs interrogations sur l’application de la loi d’asile et ce, en parallèle avec la recruduscence des critiques après les actes de violence srvenus en Allemagne et commis par des refugiés. Ce qui laisse dire que trouver l’équilibre entre l’asile et les politiques sécuritaires demeure une question énigmatique pour cet Etat qui est le pivot central de l’Union Européenne (UE).

Les démarches d’ »Al Majalla » ont échoué pour soutirer un commentaire de la part des responsables dans le gouvernement allemand, étant donné que les déclarations publiques sur cette affaire délicate sont rares. Le gouvernement de Merkel a négligé la gravité de la présence d’un terroriste sur ses territoires. Le ministre de l’intérieur allemand Thomas de Maizière a refusé de donner une réponse aux questions d' »Al-Majalla » à propos de l’affaire de Yahia Al-Houthi ou de parler sur la nature de décisions à prendre et relatives aux cas d’asile politique et des procédures juridiques générales concernant les étrangers. Ceci dit, nous avons appris qu’Al-Houthi a rencontré récemment des responsables iraniens en Allemagne ainsi que des responsables au ministère allemand des affaires étrangères avant de vendre ses biens et partir. Au même moment, et à la fin du mois de juin, un citoyen allemand pris en otage à Sanaa sous l’emprise des Houthistes s’est rendu après sa libération à Amman, selon Reuters.

Le cas d’Al-Houthi et le problème de l’Europe

Clint Watts, l’un des chercheurs participant au « Programme de sécurité régionale » à « l’Institut de recherches sur les politiques étrangères » de Philadelphie, a travaillé auparavant comme un agent secret au bureau fédéral d’enquêtes (FBI) dans une mission commune pour la lutte contre le terrorisme et a occupé le poste de directeur exécutif du Centre de lutte contre le terrorisme à l’Académie militaire américaine de West Point. Watts a effectué une série d’études sur les défis qui se posent en matière de lutte contre le terrorisme en Europe. Après qu’Al-Majalla ait présenté à Watts les vérités concernant Yahia Al-Houthi, elle l’a interrogé sur l’évaluation de l’état des lieux. La réponse de Watts fut la suivante : le cas d’Al-Houthi représente un problème pour les pays européens contraints désormais à faire une évalutation rapide de la situation de plusieurs personnes qui s’adressent à eux pour demander l’asile. Ainsi, il est naturel qu’ils perdent de vue certaines choses. Ceci n’est pas seulement un problème pour l’ Allemagne. Il existe un exemple similaire, celui des Etats Unis d’Amérique dans les années 90. A cette époque l’Amérique a autorisé à un grand nombre de réfugiés afghans fuyant la guerre à entrer au pays. Durant cette période, l’un des bénéficiaires était le prédicateur égyptien Omar Abdel Rahman, impliqué par la suite dans l’attentat du World Trade Center de 1993.

L’affaire d’Al –Houthi incite à réfléchir autrement : dans un Etat comme l’Allemagne, le réfugié ou le demandeur d’asile est évalué une seule fois ce qui veut dire que l’évaluation du gouvernement ne concerne que la période où il est entrée dans ses territoires et de ce fait, il ne peut y avoir une évaluation définitive et continue d’une personne. Ceci veut dire que le réfugié peut adopter des points de vue violents, et donc décider d’agir et parvenir à réaliser ce qu’il aurait planifié.

Merkel et la gestion de la crise des émigrés

Au cours de l’année dernière, la chancelière allemande Angela Merkel parlait sur un ton ouvert et opitimiste sur la festion de la crise des émigrés (à majorité musulmans) qui affluaient en masse vers l’Europe. Au mois de septembre elle s’est prononcée ainsi « Nous pouvons le faire».

Cette réaction est inhabituelle pour un dirigeant allemand dans la mesure où le pays est connu pour sa prudence et son approche conservatrice à l’égard des questions sociales et politiques. Ceci émane en grande partie de la personnalité de Merkel qui, durant les dix années au pouvoir, n’avait pas pris des positions fermes. Les analystes politiques estiment que cette poltique est la clé de sa réussite et de sa présence au pouvoir. Elle a fait preuve de sa capacité à rester à l’écart des conflits politiques odieux et à se placer du côté du favoris qui attend jusqu’à la fin pour annoncer sa victoire.

Cependant, la crise des réfugiés qui a pris de l’ampleur au cours des derniers mois de l’été 2015 ne lui a pas permis ce confort, celui d’attendre pour voir le cours des événements avant de prendre la décision. En effet, des millers de réfugiés affluaient vers l’Europe à travers la Turquie et les Balkans chaque jour. Les pays les plus pauvres de l’Union Européenne ne pouvaient plus supporter ce flux migratoire surtout face à l’absence de coordination à plus large échelle au nuiveau de l’UE.

Les histoires qui font fondre les coeurs et les photos des enfants naufragés sur les côtes turques et européennes faisaient la une des infos. Des hommes, des femmes et des enfants venant dans la majorité de la Syrie et d’autres de l’Irak et d’Afghanistan étaient prêts au risque pour trouver refuge loin de leurs pays déchirés par les guerres.

C’était la crise humaine la plus phénoménale que le monde ait connu depuis la fin de deuxième guerre mondiale. Plusieurs allemands qui voulaient livrer une image d’un pays d’accueil, se sont retrouvés entre les mains ouverts de Merkel en adhérant à son approche plaidant pour des frontières ouvertes capables d’encourager des milliers de réfugiés à entrer en Allemagne dont la population est de 80 millions d’habitants. Un pays qui représente également la plus gande économie dans l’UE. Fatigués par le parcours, les premiers contingents de réfugiés venant de la Hongrie et de la Grèce, qui sont arrivés par train à la gare centrale de Munich, ont été accueillis par une marée humaine munie de nourriture, de boissons chaudes et de jouets, le tout s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse et festive où les nouveaux venus ont chanté l’Allemagane et leur sauveteuse porteuse d’espoir Angela Merkel.

Une année après ces premiers jours teintées de confiance et de joie, c’est le mystère qui plane. Bien que le nombre de réfugiés ait diminué (160.000) au mois de juin, après avoir atteint les 200.000 au mois de novembre, des défis se sont posés et portant notamment sur le sort de ces nouveaux venus dont la majorité n’a pas atteint le niveau de l’enseignement de base. Idem pour le niveau scolaire des enfants qui demeure en retard par rapport aux enfants allemands de leur âge. La méconnaissance de la langue et l’absence de compétences professionnelles demeurent une source d’inquiétude. La vague d’harcélement sexuel dont des réfugiés arabes à Cologne en était victime, le jour du nouvel an, a prouvé que l’intégration de ces réfugiés venant de pays musulmans conservateurs dans les cultures occudantales libérales est plus difficile qu’elle en avait l’air au début. Même la gauche qui a accueilli favorablement les réfugiés, a perçu cette question comme la plus difficile que Merkel n’a pu imaginer quant elle a prononcé sa phrase « nous pouvons le faire » à l’automne dernier, comme a dit Sahra Wagenknecht, l’une des dirigeantes du parti de gauche Die Linke au Bundestag allemand dans son entretien au Financial Times. En effet, la question de l’intégration demeure une affaire de sécurité sérieuse. Dès le départ, les partis populistes de droite comme  » Alternative pour l’Allemagne » ont appelé à mettre en place des lois plus rigides aux frontières, à alléger les procédures de refoulement et à effectuer des enquêtes plus sérieuses sur les demandeurs d’asile. L’extrême droite qui a qualifié Merkel de « Traître », s’en est prise aux réfugiés et à leurs camps.

Différends au sein du Parti conservateur de Merkel

Bien qu’elle n’ait pas été la cible d’attaques terroristes violentes comme c’est le cas pour Paris et Bruxelles, l’Allemagne a connu cependant quatre actes de violence isolés durant toute une semaine au mois de juillet : agression par arme blanche contre un train près de Wurtzbourg (Würzburg), une attaque à main armée dans une ville près de Stuttgart, l’explosition d’Ansbach (à Bavière) en pleines festivités musicales et la fusillade de Munich. Dans cet acte, l’auteur de la fusillade est le seul qui est de nationalité allemande d’origine iranienne. les auteurs des trois autres agressions sont des réfugiés en Allemagne.

L’ensemble de ces attentats a fait 10 morts à l’exception des auteurs, alors que le nombre de blessés s’est élevé à 53. Actuellement, les autorités allemandes enquêtent avec 59 réfugiés qui seraient en rapport avec des groupes terroristes.

Le discours hostile aux émigrés ne se limite pas désormais à la droite. Les craintes sécuritaires et le mystère qui plane au sujet de la capacité de l’Allemagne à s’adapter aux menaces croissantes, ont poussé les différentes sensibilités politiques à s’opposer à la politique de Merkel à l’égard des réfugiés dès lors que les craintes se sont multipliées concernant l’infiltration d’éléments radicaux au sein des réfugiés ou la radicalisation des réfugiés, ce qui constitue un terrain favorable pour la naissance de vagues de terrorisme comme ce qui s’est passé en France et en Belgique.

Des divisions sont apparues au sein du parti conservateur de Merkel et du partenaire du parti bavarois conservateur. Le premier ministre bavarois Horst Seehofer, dirigeant du parti conservateur Bavarois s’est opposé de l’intérieur à Merkel pour imposer de plus grandes conditions sur les frontières et aux réfugiés affluant vers l’Allemagne.

Au terme des derniers attentats (dont trois ont eu lieu dans son Etat, Bavière), il a appelé à procéder à des enquêtes plus serieuses sur les réfugiés. En effet, il avait déclaré au journal Sud DeutschZeitung «  nous avons besoin de savoir qui est entré à notre pays ».

D’un autre côté, d’autres acteurs sont plus prédiposés à accueillir les réfugiés en Allemagne mais ils sont inquiets sur la manière de prévoir d’éventuelles menaces.  Le député Florian Hann représentant de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) se prononce en ces termes « l’opération d’intégration de chaque réfugié à part et la certitude qu’il bénéfice d’un traitement psychologique adéquat est une chose impossible. Le nombre est grand ». Un avis partagé d’ailleurs par Joachim Herrmann, ministre de l’Intérieur du land de Bavière et membre de l’Union chrétienne-sociale. Dans une déclaration, il s’est prononcé comme suit  » il est trop difficile de stopper les attaques individuelles comme celles qui se sont passées en Allemagne récemment» ajoutant «  nous ne pouvons pas mettre un policier dans chaque wagon de train ».

En même temps, Hermann a mentionné que l’Allemagne a le droit d’expulser les réfugiés qui ont des antécédents criminels vers les zones de guerre d’où ils sont venus. Bien que ceci constitue une violation de la convention de Genève, la situation devient différente quand le réfugié n’est pas expulsé même s’il manifeste sa volonté de retourner au pays qu’il fuit. Dans ce cas, ceci constitue une violation du statut du réfugié politique. Ainsi, il est impératif d’annuler son statut de réfugié et de procéder à son expulsion dans l’immédiat. Cependant et pour des raisons qui ne sont pas claires, ceci ne se passe pas encore.

Yahia Al-Houthi est l’un des exemples frappants dans ce contexte. « Al-Majalla » a enquêté dans son lieu de résidence actuel et sur ses affaires au début de l’année écoulée. La liberté de circulation d’Al-Houthi n’a pas été restreinte. Il a vendu ses biens en Allemagne et il est parti en Suisse.

Au même moment, la chancelière Angela Merkel insiste encore « nous pouvons le faire ». Dans un point de presse au cours, Merkel a promis de respecter les valeurs humaines et les les engagements internationaux de l’Allemagne. D’autre part, elle a besoin davantage de fonds et de ressources pour renforcer le dispositif de la police et des forces de sécurité en disant « il n’est plus possible de dissocier entre la sécurité intérieure et extérieure ».

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *