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Natalie Portman époustouflante dans Jackie

Par Nathalie Simon

Le portrait réaliste et intime de Jacqueline Bouvier en novembre 1963 après l’assassinat de son président de mari, John F. Kennedy. Natalie Portman illumine le long-métrage du réalisateur chilien Pablo Larrain.

Présenté en avant-première au Festival de Venise 2016, le film de Pablo Larrain a déjà fait couler beaucoup d’encre. Outre qu’il a reçu le prix du meilleur scénario pour Noah Oppenheim (Divergente 3), il a rappelé que Natalie Portman, 35 ans, était une comédienne hors pair. Plusieurs actrices ont déjà joué le rôle de Jackie Kennedy dont Katie Holmes pour une série télévisée (The Kennedys). Mais Natalie Portman sort du lot. Le sentiment mêlé d’effroi et de désespoir qui se lit sur le visage de l’actrice au moment où le corps de «son» mari est violemment projeté en arrière ne donne qu’une petite idée de son talent.

Tout le monde a dans l’esprit les images multidiffusées par les écrans du monde entier de l’assassinat de John F. Kennedy, le 22 novembre 1963 à Dallas, à bord de la Lincoln décapotable. Pablo Larrain, 40 ans – également à l’affiche pour Neruda-, et son interprète principale se sont longuement documentés pour être au plus près de la réalité. Ils ont notamment écouté les conversations enregistrées de Jackie Kennedy avec l’historien Arthur Schlesinger. Larrain raconte les quatre journées qui ont suivi le triste jour à travers le point de vue de Jackie. Il se focalise sur les traits et l’allure de Natalie Portman époustouflante dans le tailleur de l’ex-première dame des États-Unis. Prises de vues cadrées, gros plans à la géométrie impeccable, séquences au cordeau, sa mise en scène ne souffre aucun reproche. Elle est soutenue par la photographie sophistiquée du Français Stéphane Fontaine, auquel le public doit égalementElle de Paul Verhoeven.

Tailleur rose

«Jackie était une femme très mystérieuse, une des femmes les plus inconnues parmi les personnalités connues dans le monde», a dit le réalisateur chilien, qui a su rester à la fois dans la distance et très proche de son «sujet». Dans les heures qui ont succédé à l’assassinat, sous le choc, joues maculées de mascara, Jackie a tenu à garder son tailleur rose couvert du sang de son époux. L’image est incroyable. Elle tente de garder la tête hors de l’eau quand il s’agit d’organiser, déjà, les funérailles de son époux.

Fumant cigarette sur cigarette, droite comme un «I», Jackie parle à un journaliste new-yorkais qu’elle a sollicité: Theodore H. White (1915-1986), qui obtint le prix Pulitzer en 1962 pour The Making of the President, interprété par l’excellent Billy Crudup. Le face-à-face entre les deux personnalités interrompu par des allers-retours dans le passé est l’un des plus intenses du cinéma.

Pablo Larrain a tourné en anglais aux États-Unis, à Washington, à Baltimore et à Paris, dans les studios de la Cité du cinéma de Luc Besson. Sous la direction de ce dernier, en 1994, Natalie Portman avait joué Léon. Un tueur en série se prenait d’affection pour la petite fille qu’elle était alors. L’actrice avait à peine 11 ans au moment de la sortie du film. Auréolée d’un oscar pour Black Swande Darren Aronofsky en 2011, la femme du chorégraphe Benjamin Millepied pourrait bien de nouveau décrocher le précieux trophée.

«Jackie», drame de Pablo Larrain. Avec Natalie Portman, Billy Crudup, Peter Sarsgaard, John Hurt… Durée: 1 h 40.

Source : Figaro Scope

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