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Production de l’huile d’olive en Tunisie: La bactérie qui fait peur - Majalla Magazine
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Production de l’huile d’olive en Tunisie: La bactérie qui fait peur

Par Chokri Ben Nessir

La stratégie nationale de développement de l’oléiculture en Tunisie vise à augmenter la production moyenne de l’huile d’olive de 180 à 250 mille tonnes annuellement. Pour y parvenir, un programme d’élargissement de la plantation d’oliviers au Nord- Ouest qui vise la plantation de 50 mille hectares a été établi en plus d’un plan de rajeunissement des plantations sur une superficie globale de 1,8 millions hectares comptant environ 80 millions oliviers, couvrant tout le territoire Tunisien. L’objectif étant d’améliorer la valeur ajoutée du produit tunisien d’autant que plus que 70% des huiles produites en Tunisie sont de bonne qualité te de porter les exportations de l’huile d’olive conditionnées à 25% en 2018, contre 14% actuellement et 1% auparavant.

C’est bien beau d’imaginer ces chiffres alors que la réalité sur le terrain est tout à fait différente. Le hic est que nos oliveraies sont hautement menacées par la bactérie « Xylella fastidiosa », redoutable à cause de ses effets néfastes sur la santé de l’olivier.

Ce risque phytosanitaire a déjà été signalé par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) qui a appelé au renforcement des capacités des agriculteurs et du personnel technique des institutions agricoles Tunisienne sur la détection précoce, le diagnostic, la surveillance et la gestion de la bactérie « Xylella fastidiosa » au niveau national pour empêcher sa dissémination.
C’est un secret de polichinelle de dire que nos frontières sont devenues depuis quelques années perméables même à des bactéries aussi voraces que la « Xylella fastidiosa », ce syndrome à l’origine du déclin rapide de l’olivier. Mais le comble est de savoir que les pesticides censés réduire le risque de propagation de la bactérie « Xylella fastidiosa », sont inefficaces et non conformes aux normes.
En effet, la Tunisie importe annuellement, près de 5000 tonnes de pesticides et accorde 700 autorisations d’importation. Environ 150 opérations de contrôle à l’import sont effectuées et 600 échantillons sont analysés. Il n’empêche, le président de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche, Abdelmajid Ezzar, a montré du doigt un déficit en matière de contrôle des analyses et de distribution des pesticides et des engrais. Les représentants du secteur agricole à la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) ont
également, mis l’accent sur l’inefficacité des pesticides utilisés dans le domaine agricole , dont certains sont de qualité médiocre et ne sont pas conformes aux normes en raison notamment de la multiplicité des intervenants et les modes d’utilisation de ces pesticides. Détection précoce, diagnostic, surveillance et mesures phytosanitaires, a pour objectif de soutenir les efforts déployés par les gouvernements pour protéger les oliveraies contre les fléaux et les maladies et à préserver les exploitants.

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