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Samantha Ravich : « Vision 2030 » d’Arabie Saoudite, Un Aperçu De l’Iran - Majalla Magazine
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Samantha Ravich : « Vision 2030 » d’Arabie Saoudite, Un Aperçu De l’Iran

Samantha Ravich
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Samantha Ravich : Il n’y a pas de meilleur argument contre le modèle de la révolution Iranienne que l’exécution réussie de la « Vision 2030 »

Washington : Mostafa El-Dessouki

Samantha Ravich a travaillé en tant que Conseillère Député de la Sécurité Nationale (Conseillère Diplomatique) pour le Vice-Président Dick Cheney, et en tant que porte-parole du Vice-Président de la Maison Blanche pendant plus de 5 ans quant aux relations publiques en Asie et au Moyen-Orient mais aussi pour les cellules Anti-Terroristes et Anti-Prolifération. Elle a aussi été Co-Présidente Républicaine de la Commission Nationale, mandatée par le Congrès des Etats Unis de l’examinassions des recherches et des projets de développement, et est jusqu’à présent un grand nom de la sécurité internationale, la cyber-sécurité et d’une manière plus générale l’avenir du renseignement aux Etats Unis. Durant son interview avec Majalla, elle a partagé son opinion quant à sa récente visite en Arabie Saoudite et sa rencontre avec le Député Prince Héritier Mohammed bin Salam. Elle a évalué la « Vision 2030 » du Royaume, aussi bien que son positionnement géostratégique et le rôle que les Etats-Unis pourrait jouer en le supportant. Elle a mené sa réflexion sur les limites du discours public tenu par les Etats-Unis sur le Moyen-Orient, et propose certaines mesures à prendre quant aux nouvelles politiques du gouvernement de Trump.

Q : Que pensez-vous de la « Vision 2030 » ayant rencontré ses créateurs ?

A : Je suis allée en Arabie Saoudite fin Aout pour prendre part à une délégation bipartite de haute importance. J’avais déjà lu et compris les bases de Vision 2030, mais je n’ai compris la réelle nature révolutionnaire et l’importance du projet qu’après avoir passé plusieurs heures avec le Député Prince Héritier, le Ministre des Affaires Etrangères et d’autres Ministres concernés. Le document est de nature politique, et comme tout document politique, contient de grands mots et de grands idéaux, mais avoir l’occasion de regarder ses personnes dans l’œil et les écouter parler des raisons qui supportent ce document, mais aussi leur besoin pour ce dernier, fait comprendre à quel point des changements économiques, sociétaux et politiques sont cruciaux pour le pays, autant pour son futur que pour la stabilité de la région en général.

Je venais juste de finir un projet sur les changements de la carte du Moyen-Orient, ce qui m’a fait étudier la démographie du Royaume. Je suis consciente des problèmes politiques et économiques que l’Arabie Saoudite combat, mais aussi du challenge qu’est de donner de bonnes opportunités à la génération à venir. L’avenir ne réservera de bonnes surprises qu’à partir du moment où les courbes seront consciemment inversées. Repenser comment changer un pays, une culture, est au centre de la Vision 2030. C’est une tache monumentale, mais il est enfin temps. L’Arabie Saoudite est à un tournant. Il se trouvent face à un choix. Soit il réussiront à faire s’engager la génération future pour les pousser à rester en Arabie Saoudite, y établir une famille, ajouter de la valeur, non seulement économique mais aussi sociale, au pays, et transformer l’Arabie Saoudite en un pays tenu haut dans l’estime de la région, soit les problèmes déjà existant entre les différents secteurs et les différentes startes sociales vont s’aggraver et ébranler le pays et l’élite qui le gouverne. C’est donc un grand projet qui a besoin de l’élite mais aussi de la nation entière pour assurer sa réussite. La question reste de savoir si l’élite pourra accomplir sa part du contrat, et faire en sorte que la populace accepte la dite « Vision ».

Depuis mon point de vue, en tant que chercheuse qui suit l’Arabie Saoudite, tout en sachant que j’y suis externe, l’un des plus gros challenges du pays est qu’il y a un puissant groupe qui ne désire pas de changer. Pourquoi devraient-ils ? Tout se passe bien en tant que tel, et sans ouverture majeur de l’économie ou de la société. Chaque nouvelle ouverture qui mènera à un nouveau nœud de puissance sera, naturellement, vue comme une diminution du pouvoir précédemment établis par l’élite. Qui gagnera cette bataille échauffée ? Et elle deviendra plus échauffée encore quand la Vision 2030 sera de plus en plus implémentée. Je pense qu’une part du succès de ce projet repose sur les épaules de la population. Si une grande fraction de la population prend part avec ce projet, elle pourrait faire passer l’élite qui s’y oppose comme un groupe qui vise à retenir l’Arabie Saoudite et à l’empêcher d’atteindre, dans le futur, son plein potentiel.

Si l’Arabie Saoudite arrive avec succès à établir leur Vision 2030, il est difficile d’imaginer un plus fort argument non seulement pour contrer le model iranien, mais aussi pour ouvrir les yeux de la population iranienne. Pouvez-vous imaginer les conversations menées en Iran si l’Arabie Saoudite parvient à énumérer plusieurs réussite dans leur vision, que ce soit dans le cadre des opportunités, mais aussi de l’éducation, de l’ouverture, de la modernisation, de la libéralisation économique et encore plein d’autres ? Au sein de la population iranienne, beaucoup diront « Est-ce que tu peux y croire ? L’Arabie Saoudite à la chance d’avoir tout ça, et nous, le peuple perse, n’avons pas cette chance à cause de notre dirigeant ? ». Chaque réussite de l’Arabie Saoudite dans le cadre de la Vision 2030 devrait être diffuser en Iran.

La délégation avec Samantha Ravich lors de son rendez-vous avec le Roi Salman Bin Abdul Aziz
La délégation avec Samantha Ravich lors de son rendez-vous avec le Roi Salman Bin Abdul Aziz

Q : Vous avez passé plusieurs heures avec le Député Prince Héritier Mohammed bin Salman. Qu’avez-vous retenu de cette rencontre ?

A : J’ai initialement rencontré le Député Prince Héritier en Aout. Je ne savais pas à quoi m’attendre à part de ce que j’avais lu dans la presse et de l’impression que j’ai eue de lui à travers d’autres personnes. Il m’a rappelé de nombreux jeunes et dynamiques dirigeants de pays récents que j’ai eu l’occasion de rencontrer. C’est intéressant et un peux ironique parce que l’Arabie Saoudite est un pays relativement jeune, mais une zone établie depuis déjà longtemps. Il semble confiant que 2030 est la voie du futur pour l’Arabie Saoudite si le pays veut réussir et survivre dynamiquement et avec beaucoup d’opportunités dans une région assez instable. Il est clairement dévoué à faire de 2030 un succès. Un autre aspect choquant été sa riche culture sur une diversité de débats géopolitiques. Pendant notre rendez-vous de deux heures, nous avons évoqué les problèmes internes et les opportunités en Arabie Saoudite, mais aussi sa démographie, ses challenges quant à son économie, jusqu’à ses problèmes sociaux. Il détenait des faits, des graphes et des chiffres pour compléter ses arguments. Il a aussi évoqué en détails sa politique étrangère. On a eu une longue conversation sur l’Iran et les menaces qui s’en rapproche, et de nouvelles potentielles alliances avec d’autres pays de la région. Nous avons aussi eu une longue conversation à propos de ses vues sur ce que la Russie essaie d’accomplir dans la région, idem pour la Chine et sa nouvelle base à Djibouti. Il avait plusieurs cartes dans sa manche, et ne prévoyait pas de parler aux Américains d’un seul sujet. Ce dirigeant semble comprendre que l’Arabie Saoudite est bien plus qu’un simple pays du Golfe. Il comprend et arrive très bien à expliquer l’importance du Royaume dans la région mais aussi bien au-delà. C’était rendu évident par sa manière d’évoquer de grands pouvoirs politiques et d’importants sujets transnationaux comme la prolifération ou le terrorisme.

Q : L’Arabie Saoudite et ses alliés sont en agonie au sein d’un conflit épuisant avec le Yémen. Comment les Américains perçoivent-ils cette situation ?

A : Quand on en vient au Yémen, la majeure partie de la population des Etats-Unis n’a aucune idée de ce qu’est ce pays, son histoire, ou l’implication des Houthis et des Iraniens. Quand les américains pensent Moyen-Orient, les pays qui leurs viennent en tête sont l’Iraq, l’Israel, l’Iran et maintenant la Syrie. Mais le Yémen, pour les américains, semble être le problème de quelqu’un et devrait rester ainsi. Cette manière de penser, qu’elle vous plaise ou pas, semble être encore plus rependue aujourd’hui. Donald Trump, le président des Etats-Unis, a été élu pour son idée de ne pas s’immiscer plus profondément dans des problèmes trop complexes qui peuvent être résolus de manière linéaire, et qui devrait être la responsabilité de quelqu’un d’autre. Nous ne pouvons savoir si cet état d’esprit sera réétudié pour éventuellement évoluer ou s’il restera ainsi. Mais la mort récente d’un membre de la US Navy SEAL semble remettre la discussion sur la table. Soudainement on voit le mot Yémen sur la couverture des journaux. Et je suis sure qu’il y a une multitude de journaux à travers les Etats Unis, de l’Ohio à la Louisiane jusqu’à l’Oregon, qui se doivent d’imprimer une carte pour montrer le Yémen. Entendre le mot Yémen pour la première fois associé à la mort d’un membre de la US Navy SEAL semble assez inquiétant.

Le peuple américain et le gouvernement qu’ils viennent d’élire sont fatigués des complications dans le Moyen-Orient. Et le Yémen semble être le parfait exemple. Le pays est submergé dans le désordre et le chaos, avec une rotation constante des alliances internes, et sans voie définies vers la paix. Le rôle des Etats-Unis n’est pas clairement défini. Ce qui pourrait être plus facile à comprendre pour les américains et que l’Arabie Saoudite est confrontée à une puissance étrangère qui agit contre elle dans un pays voisin. Les américains peuvent plus facilement comprendre qu’aucun pays ne veut une forte insurrection, supportée par les iraniens, à ses frontières, dans le but d’envahir le territoire et de s’en servir pour étendre son pouvoir dans la région. Encore une fois, attaché ce problème à ceux que les américains considèrent comme vitaux n’est pas une mince affaire, et ce serait vraiment un progrès pour un membre de la législation américaine d’essayer d’éduquer l’électorat quant à un nouveau conflit du Moyen Orient. Il va donc y avoir un besoin d’une plus grande campagne éducative pour expliquer l’importance de la situation pour l’intérêt des Etats-Unis. Cette campagne devra se munir de faits bels et biens réels, et devra montrer l’importance de la stabilité du Yémen pour celle de la région et de l’Arabie Saoudite, et que tout cela est d’une importance critique pour les intérêts des Etats-Unis dans la région. AVce tout cela, il semble prévisible qu’à la fin de la campagne certains diront encore et toujours : « On a compris, on a besoin d’une plus grande implication des Etats-Unis au Yémen ».

Le nouveau Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, connait bien le Yémen. Il avait un portfolio sur le Yémen chez Exxon. Je ne sais pas où il se tient quant au Yémen et son importance dans la région et son importance pour les Etats-Unis en termes de stabilité régionale, tout ce que je sais est qu’il aura surement un rôle majeur quant à ce que le gouvernement américain pense de la situation.

Q : Vous avez récemment mené quelques recherches sur l’évolution future des frontières du Moyen Orient. Pouvez-vous partagez certaines de vos trouvailles ?

A : La nature générale de ma recherche était d’imaginer ce à quoi les frontières ressembleraient si certains acteurs de la région décidaient de redessiner Sykes-Picot. Si vous pouvez imaginer les buts et les désirs d’acteurs faisant parti de l’Etat et de ceux n’en faisant pas parti, vous pouvez vous créer une meilleure image des zones de hautes tensions et celles qui doivent être protégées. Par exemple, si l’Iran pouvait redessiner la carte de la région à partir d’une feuille blanche, comment dessinerai-t-elle ses frontières ? Comment expliquerait-elle cette expansion de son territoire ? Que ferait et dirait ISIS s’il le pouvait ? Nous avons supposé que si l’Iran en venait à redessiner son territoire, elle redessinerait surement tout l’Empire Perse. Elle dirait « Cette terre est historiquement la nôtre. Nous sommes une force expansionniste. Nous avons explicité en 1979 dans nos textes fondateurs que nous sommes un pouvoir révolutionnaire, et que nous visons à reconquérir nos terres perdues. » Nous avons examiné l’utilisation de mandats iraniens afin de mettre ce plan en exécution. Par exemple, les Houthis font clairement partie du réseau. En comparaison de notre point de vue, l’Arabie Saoudite n’a jamais été un pays expansionniste, et de ce point de vue, reste très éloignée de l’Iran. Nous avons donc réfléchi à ce que le pays pouvait faire pour conserver ses frontières quand il y a d’autres pays hostiles qui cherchent à s’y immiscer. Pour protéger ses propres frontières de manières rationnelle et efficace, il faut d’abord assurer la sécurité des zones externes au pays, et cela reste très diffèrent d’une stratégie expansionniste.

Q : Il semble y avoir d’importante instabilités politiques aux Etats-Unis, couplé avec une opposition viscérale du nouveau président Donald Trump venant d’une portion considérable de la population. Quel impact cette polarisation domestique pourrait-elle avoir quant à l’implémentation d’une politique étrangère cohérant aux Etats Unis ?

A : Quant à si les Etats Unis parviendront à établir, en considérant la division de l’électorat, un agenda pour leur politique étrangère, je pense que la majeure partie de la colère de ceux qui s’opposent à Trump s’oriente plus vers leurs problèmes domestiques. La bataille de la Cours Suprême par exemple prendra surement une place centrale de la « zone de guerre ». Au-delà de la Cours Suprême, il y a la réforme des banques et la réforme financière, Obamacare, les lois environnementales, l’immigration et plus encore. Pour ce qui l’en ai des affaires étrangères, à moins qu’il y ait de majeures perturbations, elles devraient rester en arrière-plan. Donc pour répondre à votre question, je ne pense pas que cette polarisation de l’électorat puisse avoir un impact majeur quant aux actions de Trump à l’étranger. Je pense qu’il restera fort vis-à-vis de ses convictions sur ce qu’il a envie d’accomplir et il l’accomplira. Et il est aidé pour cela par les nouveaux dirigeants d’agences, extrêmement talentueux, populaires et confiants, qu’il a récemment élu.

Le ministre de la défense Mattis semble gagner en popularité au sein du Département de la Défense. Le corps militaire semble excité à l’idée de savoir quelles stratégies il va mettre en place pour faire bouger certains points qui sont importants pour eux. La CIA semble aussi être à l’aise avec leur nouveau directeur Mike Pompeo. Tout semble pointer vers une élection d’un département de gestion issue d’un cadre de professionnels expérimentés, et dont le rang et le dossier seront le satisfaire. Après plusieurs années de démoralisations, ils sont tous excités à l’idée d’un nouveau dirigeant. Dans le département de la sécurité intérieure, le General John Kelly est vu comme une « Rock Star ». Avoir un homme d’une telle expérience et d’un telle stature est un grand plus pour une agence qui est assez progressiste pour ce qu’il en ai des problèmes internationaux. Le Secrétaire d’Etat récemment élu, Rex Tillerson, sera, à mon avis, extrêmement important pour faire fonctionner le Département d’Etat à son meilleur. On parle en effet d’un homme qui a mené Exxon, une entreprise bien supérieure en termes d’échelle et d’étendu en comparaison avec le Département de l’Etat. Il connait les complications qui sévissent dans le monde et comment conclure un marché. Pensez-y : Il a négocié sur tous les plans, que ce soit pour ses droits de forage, aux routes marchandes, jusqu’aux finances internationales. Il a aussi vécu et participé à de grands problèmes géopolitiques. On parle aussi d’un homme qui a prit une place majeure lors du conflit au Moyen Orient, quand l’Iran a hacké ARAMCO de l’Arabie Saoudite. Tillerson comprend aussi l’éventualité d’une cyberguerre économique qui a pour but de d’attaquer l’économie adverse et d’y réduire la puissance militaire. Et je pense que le Secrétaire d’Etat, aussi bien que d’autre chef d’agences, et même la Maison Blanche, semble être inquiet quant à la possibilité d’existence d’armes de cyberguerre économique, et ils sont en train de poursuivre de nouvelles alliances pour essayer d’empêcher et de vaincre cette menace.

Q : Revenons à la « Vision 2030 ». Ce plan appelle à un approfondissement de la coopération avec les Etats Unis au-delà de la plateforme gouvernementale. Quelles opportunités voyez-vous pour cette nouvelle forme d’alliance entre ces deux pays ?

A : Premièrement, il faut qu’une plus grande partie des Etats Unis arrive à la conclusion que le pays à beaucoup d’intérêt à ce que Vision 2030 soit un succès : Nous avons besoin d’une Arabie Saoudite qui évolue pendant le 21eme siècle, parce qu’une Arabie Saoudite stagnante et réactionnaire, celle qui émergera dans le cas ou Vision 2030 n’est pas un succès, est plus fragile, ce qui n’est pas bon pour l’Amérique. L’Amérique devrait penser à aider l’Arabie Saoudite avec son expertise à différents niveaux pour le bien de Vision 2030. Oui, il y a de grandes opportunités financières en jeu dans l’Aramco IPO. De plus, pour ce qu’il en ai d’aider l’Arabie Saoudite à créer une économie bien plus efficace qui pourrait financer des entrepreneurs de startups, nous avons une bien meilleure expertise. Ce genre de startup est une manière de rendre la jeune génération plus excité par rapport à l’avenir. Vous avez une bonne idée, voilà comment la financer, et voilà comment obtenir de l’aide pour faire de cette idée une réelle entreprise qui prospère. C’est une très bonne opportunité pour les Etats Unis de non seulement accroitre leur engagement avec l’Arabie Saoudite, mais aussi avec les citoyens de ce dernier.

L’Arabie Saoudite est un pays fascinant. Seul un petit nombre de personnes aux Etats Unis en sait beaucoup, que ce soit ce à quoi le pays ressemble, son histoire, sa géographie, son peuple. Le manque de savoir réellement profond de l’Amérique vis-à-vis de l’Arabie Saoudite est, d’une certaine manière, assez intrigant considèrent la profondeur de la relation intergouvernementale de ces deux pays. Mais je pense que c’est crucial pour les Saoudiens de trouver un moyen d’étendre leurs relations avec le peuple américain. Spécialement aujourd’hui, quand un grand nombre d’américains qui n’ont jamais votés auparavant commence à trouver leur voix et à réaliser leur propre importance.

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