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Florithérapie : les fleurs sont la meilleure arme contre le stress - Majalla Magazine
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Médecine alternative

Florithérapie : les fleurs sont la meilleure arme contre le stress

Le mouvement du retour aux plantes est largement porté par les réseaux sociaux et une génération davantage à l'écoute de soi
Le mouvement du retour aux plantes est largement porté par les réseaux sociaux et une génération davantage à l'écoute de soi
Le mouvement du retour aux plantes est largement porté par les réseaux sociaux et une génération davantage à l’écoute de soi

Par Laurence Férat

Développée au début des années 1930 par le médecin Edward Bach, et bien connue depuis des naturopathes, la florithérapie attire urbains stressés, anxieux chroniques et néohippies.

« Pouvez-vous me décrire plus précisément votre inquiétude : est-elle liée à la rumination d’idées noires, à la peur de ne pas être à la hauteur, à une préoccupation envers un proche ? » Ces questions ne sont pas tirées d’un entretien avec un psychanalyste, mais d’une consultation avec une conseillère en Fleurs de Bach Original, dans la pharmacie ­Nelsons (partenaire historique de la méthode), à Londres. Après une heure à passer au crible les émotions négatives qui vous submergent, de façon temporaire ou chronique, la jeune femme vous concocte une ordonnance d’élixirs floraux parmi trente-huit disponibles, qui s’associent entre eux selon des combinaisons presque infinies. Il suffit ensuite d’en avaler quelques gouttes diluées dans de l’eau ou versées directement sous la langue, pour une courte durée ou pour la vie.

Pratiquée un peu partout dans le monde en officines, chez des naturopathes et autres médecins alternatifs, mais connue surtout par le bouche-à-oreille, la florithérapie est développée dans les années 1930 par un médecin, Edward Bach. Un grave problème de santé pousse cet immunologiste britannique à explorer d’autres pistes que les médicaments traditionnels. Après l’homéopathie, il s’intéresse au pouvoir des plantes au point de s’exiler dans une maisonnette de l’Oxfordshire. Il y observe sans relâche la campagne environnante avant de dresser une liste de fleurs (d’arbres et sauvages) capables d’agir sur les déséquilibres du comportement humain. Et, ce faisant, plante dans son jardin certaines des précieuses espèces.

Du chèvrefeuille contre la nostalgie

Une partie de la gamme d'élixirs à base de fleurs d'Edward Bach
Une partie de la gamme d’élixirs à base de fleurs d’Edward Bach

Sa demeure de Sotwell est aujourd’hui devenue un centre de formation pour les thérapeutes du monde entier : les fleurs de Bach originales sont pratiquées dans quatre-vingt-dix pays, sur les cinq continents, avec un succès particulier en Asie (Japon, Corée…) où la culture traditionnelle voit d’un bon œil le concept de se soigner grâce à « l’âme » des plantes. « Edward Bach fut très inspiré par le principe des similitudes de l’homéopathe Hahnemann, traitant un mal par le même mal dilué, explique Stefan Ball, le directeur du lieu. Il a associé les fleurs aux émotions en se basant sur leurs analogies de comportement. Regardez le tremble, dont les longues branches laissent trembler les feuilles au vent, il est la plante idéale pour combattre les peurs inconnues et les grandes frayeurs qui font frissonner. La clématite, qui préfère grimper plutôt que de bien s’enraciner, pallie l’étourderie et le manque de concentration. » Ou encore le chèvrefeuille contre la nostalgie, le houx pour apaiser la jalousie, etc.

Les élixirs sont obtenus par distillation ou par macération des fleurs dans de l’eau exposée au soleil, puis dilués et conservés dans du cognac (d’où leur effet euphorisant, plaisantent les sceptiques). Avec une formule toute prête – et une version sans alcool pour les enfants -, le flacon Rescue calme les angoisses soudaines – il serait le remontant antitrac de stars comme Hugh Grant ou Cate Blanchett avant un tapis rouge. Le chiffre d’affaires de cette seule gamme, 47 millions d’euros en 2014, laisse songeur.

Toujours plus à l’écoute de soi

Une partie de la gamme d'élixirs à base de fleurs d'Edward Bach
Une partie de la gamme d’élixirs à base de fleurs d’Edward Bach

La philosophie du docteur Bach a inspiré de nombreuses déclinaisons, comme les fleurs du Bush australien, créées dans les années 1980, et également très à la mode en ce moment. Chez Nelsons à Londres, notre conseillère n’est guère surprise de l’engouement grandissant : « Je conseille beaucoup de jeunes parents qui souhaitent soigner leurs enfants avec des alternatives naturelles, lorsque c’est possible. Cette méthode a su s’adapter à la demande avec, par exemple, des élixirs apaisants (camomille et tilleul) à ajouter dans le biberon des bébés agités. » Mais aussi, depuis peu, des consultations disponibles sur Internet avec livraison des petites fioles à domicile.
Le mouvement de retour aux plantes est porté par ceux qui se méfient des médicaments traditionnels et de leurs effets d’accoutumance, mais aussi, plus généralement, par une génération davantage à l’écoute de soi. « Les réseaux sociaux ont libéré la parole et aidé à dire ses émotions sans culpabilité, nous n’osions pas exposer autant nos sentiments, il y a encore vingt ans. Une preuve en est le nombre d’émoticônes qui expriment l’humeur du moment, estime Nathalie Auzeméry, formatrice en Fleurs de Bach Original. C’est là la force de la méthode, qui incite à l’introspection et encourage à devenir acteur de son bien-être. »
Derrière ce discours qui résonne avec l’air du temps, une stratégie marketing bien rodée elle aussi, puisqu’il existe désormais une potion contre la phobie de l’avion, un cocktail à prendre avant un entretien d’embauche ou des fleurs spécial divorce.

Source: Madame Le Figaro

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