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Un paysage économique mondial en mutation - Majalla Magazine
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Economie

Un paysage économique mondial en mutation

New York Stock Exchange (NYSE) (Getty)
New York Stock Exchange (NYSE) (Getty)
New York Stock Exchange (NYSE) (Getty)

Dans les pays à faibles revenus où les amortisseurs budgétaires ont diminué au cours des dernières années, il est prioritaire de rétablir ces amortisseurs, tout en maintenant l’efficience des dépenses indispensables dans l’équipement et le secteur social, de renforcer la gestion de la dette, d’accroître les recettes intérieures et de mettre en œuvre des réformes structurelles.
Après des résultats médiocres en 2016, l’activité économique devrait s’accélérer en 2017 et 2018, surtout dans les pays émergents et les pays en développement. Cependant, il existe une large dispersion des résultats possibles de part et d’autre des projections, étant donné l’incertitude qui entoure l’orientation de la politique économique du gouvernement qui va entrer en fonction aux États-Unis et ses ramifications à l’échelle mondiale. Les hypothèses sur lesquelles les prévisions reposent devraient être plus précises d’ici la publication de l’édition d’avril 2017 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM), lorsque la politique américaine et ses implications pour l’économie mondiale seront plus clairement définies.

Les prévisions de base pour l’économie mondiale font état d’une accélération de la croissance sur le reste de l’horizon par rapport au rythme modéré de cette année, dans le contexte de l’état d’esprit positif sur les marchés financiers, en particulier dans les pays avancés. Néanmoins, le risque d’une déception est élevé, comme le soulignent les révisions à la baisse successives de ces dernières années. Dans ce contexte, et étant donné la diversité des positions conjoncturelles et de la marge de manœuvre disponible, les priorités diffèrent d’un pays à l’autre :
Dans les pays avancés où les écarts de production demeurent négatifs et où les pressions sur les salaires sont modérées, le risque de persistance d’une inflation basse (ou d’une déflation, dans certains cas) subsiste. La politique monétaire doit donc rester accommodante, et s’appuyer sur des mesures non conventionnelles si nécessaire. Mais une politique monétaire accommodante à elle seule ne permettra pas d’accroître suffisamment la demande, et, pour imprimer un élan, il reste donc essentiel d’engager une relance budgétaire, calibrée en fonction de la marge de manœuvre disponible et axée sur des mesures qui protègent les groupes vulnérables et rehaussent les perspectives de croissance à moyen terme. Dans les cas où l’ajustement budgétaire ne peut pas être remis à plus tard, il convient d’en calibrer le rythme et la composition de manière à freiner la production le moins possible.

Dans les pays avancés où les écarts de production sont largement négatifs, toute relance budgétaire doit viser à renforcer le dispositif de protection sociale (notamment pour faciliter l’intégration des réfugiés dans certains cas) et à accroître la production potentielle à long terme en investissant dans des infrastructures de qualité et en opérant des réformes fiscales propices à l’offre et équitables. Dans ces cas-là, des anticipations inflationnistes bien ancrées devraient permettre de normaliser progressivement la politique monétaire.
De manière plus générale, les politiques macroéconomiques accommodantes doivent être accompagnées par des réformes structurelles qui peuvent enrayer le déclin de la production potentielle : il s’agit entre autres d’accroître le taux d’activité, d’encourager l’investissement dans les qualifications, d’améliorer l’adéquation de l’offre et de la demande sur le marché du travail, de libéraliser l’entrée dans les professions fermées, d’accroître le dynamisme et l’innovation sur les marchés de produits et de services, ainsi que de promouvoir l’investissement des entreprises, notamment dans la recherche et le développement.

Renforcer la résilience du système financier

Les pays émergents et les pays en développement sont confrontés à des positions conjoncturelles et à des problèmes structurels extrêmement divers. En général, un renforcement de la résilience financière peut réduire la vulnérabilité à un durcissement des conditions financières mondiales, aux variations brutales des taux de change et aux risques de retournement des flux de capitaux. Les pays, qui ont une dette non financière élevée et croissante ou des engagements extérieurs non couverts, ou qui recourent largement à des emprunts à court terme pour financer leurs investissements à plus long terme, doivent adopter des pratiques plus solides pour la gestion de leurs risques et limiter les asymétries sur leurs bilans. Dans les pays à faibles revenus où les amortisseurs budgétaires ont diminué au cours des dernières années, il est prioritaire de rétablir ces amortisseurs, tout en maintenant l’efficience des dépenses indispensables dans l’équipement et le secteur social, de renforcer la gestion de la dette, d’accroître les recettes intérieures et de mettre en œuvre des réformes structurelles, notamment dans l’éducation, qui ouvrent la voie à une diversification de l’économie et à une augmentation de la productivité.

Pour les pays les plus durement touchés par la baisse des prix des produits de base, l’affermissement récent du marché offre un certain répit, mais il est urgent de procéder à un ajustement de manière à rétablir la stabilité macroéconomique. Il s’agit de laisser le taux de change s’ajuster dans les pays qui n’ont pas de parité fixe, de durcir la politique monétaire selon les besoins pour faire face à une accélération de l’inflation et de veiller à ce que l’assainissement nécessaire des finances publiques nuise le moins possible à la croissance. Ce dernier point est particulièrement important dans les pays qui ont une parité fixe, car le taux de change ne peut y servir d’amortisseur. A plus long terme, les pays qui sont très tributaires d’un ou de plusieurs produits de base doivent chercher à diversifier la gamme de leurs exportations. Comme la croissance est faible et que la marge de manœuvre est limitée dans beaucoup de pays, une action multilatérale demeure nécessaire dans plusieurs domaines afin de réduire au minimum les risques pesant sur la stabilité financière et de pérenniser l’amélioration du niveau de vie à l’échelle mondiale. Cet effort doit être déployé simultanément sur plusieurs fronts. Pour partager plus largement les avantages à long terme de l’intégration économique, les dirigeants doivent veiller à ce que des initiatives bien ciblées soient en place pour aider ceux qui souffrent de l’ouverture au commerce et pour les rendre mieux à même de trouver un emploi dans les secteurs de l’économie qui se développent. Pour des raisons d’équité économique, il convient aussi de s’efforcer au niveau multilatéral et national de combattre la fraude fiscale et d’éviter les pratiques d’évasion fiscale. Il convient de continuer de renforcer la résilience du système financier, notamment en recapitalisant des établissements et en nettoyant les bilans si nécessaire, en mettant en place des dispositifs efficaces de résolution bancaire au niveau national et international, et en s’attaquant aux risques liés aux intermédiaires non bancaires. Un dispositif mondial de sécurité plus solide peut protéger des pays dont les paramètres économiques fondamentaux sont robustes, mais qui sont peut-être vulnérables à des effets de contagion et d’entraînement internationaux. Enfin, la coopération multilatérale est indispensable aussi face à des enjeux mondiaux importants à plus long terme, par exemple atteindre les objectifs de développement durable de 2015, atténuer le changement climatique et y faire face, ainsi qu’éviter la propagation des épidémies à l’échelle mondiale.

Source: La Presse de Tunisie

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