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Stephen Hadley : L’Arabie saoudite répond aux menaces iraniennes - Majalla Magazine
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Stephen Hadley : L’Arabie saoudite répond aux menaces iraniennes

Stephen Hadley, ancien conseiller à la sécurité nationale en fonction auprès du président George Bush, à la Maison Blanche à Washington DC. (Getty)
Stephen Hadley, ancien conseiller à la sécurité nationale en fonction auprès du président George Bush, à la Maison Blanche à Washington DC. (Getty)

Par Mostafa El-Dessouki

Stephen Hadley a occupé plusieurs postes à la sécurité nationale dans les administrations des présidents Gerald Ford, Ronald Reagan et George W Bush, avant d’occuper par la suite le poste de conseiller à la sécurité nationale sous le mandat président Bush junior. Depuis lors, Hadley est considéré comme étant la voix de la conscience dans les discussions de la politique étrangère américaine. Pour rappel, il avait appelé le président Obama à répondre fermement aux attaques chimiques ordonnées par Bachar al-Assad contre les civils syriens. Son nom a été également cité comme candidat potentiel pour prendre les commandes du ministère de la Défense dans l’administration de Trump.
Cependant, il a pris part à la direction d’une nouvelle équipe de travail consacrée à la politique du Moyen-Orient avec Madeleine Albright, ancienne ministre des affaires étrangères. Le travail de cette équipe a été couronné par l’élaboration d’un rapport complet publié récemment par le Conseil de l’Atlantique. Le rapport propose une nouvelle stratégie des Etats -Unis pour traiter les principales questions dans la région.
A propos de cette stratégie, des détails de cette feuille de route et d’autres questions de la politique américaine et internationale, La Majalla a eu une interview avec Hadley dans son bureau à Washington dont voici le compte rendu.

Question : Pourriez-vous nous expliquer les recommandations présentées par la ministre Albright à propos de la nouvelle approche américaine envers le Moyen-Orient ?

Réponse : Les puissances étrangères tentaient depuis un siècle, en vain, d’arranger les choses dans le Moyen-Orient. Ils n’ont pas fait un bon travail. Avec l’avènement du « Printemps arabe », l’ère où ce modèle pouvait apporter ses fruits, est révolue.
Les Peuples de la région devront déterminer leur sort, préparer leur avenir et ensuite le construire. Ils l’ont clairement annoncé. Nous avons passé une longue période au cours de cette étude à consulter des experts du Moyen-Orient. Et nous avons entrepris plusieurs visites dans la région. Nous avons parlé avec les dirigeants. Et nous avons fait participer d’anciens responsables au conseil consultatif. Nous avons eu des équipes de travail réunissant des experts de l’Amérique, de l’Europe et de la région. Nous avons œuvré à développer la vision dont nous en avons recueillis les échos de la région à propos de l’avenir auquel elle aspire, afin de placer le processus dans une voie plus positive.
A la lumière de leurs besoins et de leur volonté à prendre leur destin en mains, nous nous sommes rendus compte qu’ils ont besoin de l’aide et du soutien des puissances étrangères. C’est pourquoi nous avons prouvé aussi qu’il est dans l’intérêt des États-Unis et d’autres puissances étrangères d’aider les peuples de la région à aller de l’avant dans le sens le plus positif. Une contribution utile pourrait être apporté, mais il concerne la facilitation et l’aide, loin de tout contrôle imposé ou d’autorité.

Question : Comment pensez-vous pouvoir réaliser un tel équilibre ?

Le président des Etats Unis George W. Bush marchant auprès de Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale, à la Maison Blanche en 2008. (Getty)
Le président des Etats Unis George W. Bush marchant auprès de Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale, à la Maison Blanche en 2008. (Getty)

Réponse : En fait, nous pensons que la stratégie doit être axée sur deux volets. La première est que nous devons réduire les guerres civiles qui ouvrent la voie à «El Qaida». Il est le leitmotiv qui encourage le sectarisme.
Aucun problème ne peut être résolu si nous ne commençons pas à mettre fin à la guerre civile. Dans ce sens, nous pourrons parler de ce qui peut être fait en Irak, en Syrie, en Libye et au Yémen.
Le deuxième axe de la stratégie – que nous avons découvert et vous le savez déjà, mais qui n’est pas bien connu à Washington- c’est qu’il y a beaucoup de choses positives qui se passent dans le Moyen-Orient, dans la mesure où tous les pays et les individus sont attachés à leur avenir.
Cela peut être perçu dans certaines des politiques qu’ils adoptent, en premier lieu, dans les Émirats arabes Unis et l’Arabie Saoudite avec la «Vision 2030». Nous le percevons en Tunisie et, moins souvent, malheureusement, en Egypte, dès lors que les gouvernements tentent de prendre les bonnes décisions pour impliquer leurs peuples à l’édification de l’avenir de leur pays et à l’exercice de la bonne gouvernance, offrant une chance au peuple de jouer son rôle dans ces gouvernements, afin de faire face à la corruption pour promouvoir l’activité économique et autre.

Cela dit, il y a des efforts qui se font du bas vers le haut, c’est à dire que les hommes d’affaires et société civile œuvrent au beau milieu de la violence à créer des entreprises et des associations (organisations) pour résoudre les problèmes locaux.
Ce genre d’activités doit être soutenu. Mais les gouvernements doivent se rendre compte que ce genre d’activité ne constitue pas une menace, mais une opportunité qui permet le changement social souhaité s’ils veulent que le Moyen-Orient soit plus stable et plus sécurisé. Donc, la stratégie repose sur un travail partagé dans la lutte contre le terrorisme, l’arrêt des guerres civiles et des conflits sectaires ainsi que de la violence. Il s’agit ensuite de fournir des aides humanitaires pour permettre aux réfugiés de contribuer à l’élaboration de leur propre avenir, et en même temps encourager ces gouvernements qui prennent les bonnes décisions dans le cadre d’un pouvoir global qui accepte le questionnement et ce en tolérant ce genre d’activité qui va de bas en haut et des actions qui en résultent et c’est qui représente l’avenir de la région.

Question : Pouvez-vous expliquer la manière dont pourrait être mise en œuvre l’approche envisagée dans le cadre de «la Vision 2030» en Arabie Saoudite?

Réponse : En revenant sur la «Vision 2030» adoptée par l’Arabie Saoudite, il est intéressant de voir quand vous parlez avec des responsables saoudiens, en particulier l’Emir et ceux qui l’entourent, que cette vision vise à unir la société. Bien sûr, c’est ce qui est demandé. Il est donc intéressant. Il y a maintenant les femmes saoudiennes qui ont la possibilité de créer leurs projets dans leurs propres foyers grâce à l’Internet et aux réseaux sociaux. Cette démarche est entièrement conforme aux traditions sociales conservatrices qui autorisent les femmes à lancer leurs projets à la maison. En outre, le service Uber est devenu un moyen pour la femme saoudienne de se déplacer en respectant les traditions locales. Ainsi, lorsque les femmes ont cette opportunité d’assurer un revenu économique, il est évident qu’avec le temps, un changement va s’opérer dans les traditions sociales d’une manière acceptable pour la société. C’est ce que nous percevons des gens quand ils parlent des moyens à même de transformer la société dans le Golfe en général. Ce qui est intéressant également, c’est la présence d’un plan économique pour rendre l’Arabie Saoudite moins dépendante du pétrole. Ceci laisse entendre avec le temps un certain changement – moderniste –  générant une société plus productive et prospère. Je pense donc que l’un des défis à relever par les dirigeants des sociétés traditionnelles, est comment changer pour créer une société unie.

Question: Plus précisément, quelles sont les formes d’aide que les États-Unis devraient présenter?

Stephen Hadley et Mostafa El-Dessouki à Washington. (Getty)
Stephen Hadley et Mostafa El-Dessouki à Washington. (Getty)

Réponse: Il est difficile de suggérer ce que les parties étrangères peuvent faire pour aider. Une certaine résistance à ces idées est possible dans certaines sociétés, où l’intervention des parties étrangères pour apporter des fonds et un soutien, pourrait discréditer le mouvement social local. Les gouvernements ainsi que les organisations de la société civile doivent être prudents quant à la façon de fournir une assistance et un soutien qui renforce les acteurs locaux et non les fragiliser.
Je pense que le tissu économique fonctionne avec plus de sécurité que le tissu de la société civile. Ces organisations, malheureusement, suscitent polémique dans un grand nombre de ces sociétés alors que les projets économiques semblent plus sécurisants et peut-être le secteur privé local peut, en partenariat avec des organisations locales, avoir une chance pour être le meilleur partenaire pour un grand nombre d’organisations locales de certaines associations de la société civile.

Je pense que le critère est la recherche d’une voie pour soutenir les efforts qui permettent et aident les activités locales plutôt que d’affaiblir leur crédibilité.
La plupart des gens disent que l’époque des grandes ingérences dans les pays du Moyen-Orient, comme ce qui s’est passé en Irak en 2003, est terminée. La région ne veut pas et les Américains ne veulent pas répéter ça. Cela a été une des leçons tirées de l’Irak : la gestion de la situation après l’ingérence est extrêmement difficile.
Je pense donc que la vision actuelle repose sur le fait de laisser les peuples de la région tracer leur propre avenir. Le peuple égyptien s’est soulevé et a renversé Moubarak, et le peuple s’est soulevé encore une fois aux côtés de l’armée pour renverser « les Frères musulmans ». Je crois que la politique américaine a été quelque peu hésitante à reconnaître le fait que Sissi a renversé les Frères musulmans sur demande du peuple égyptien. Nous respectons cette volonté au point que nous recommandons au président Sissi qu’il devra- s’il veut à long terme que l’Egypte devienne plus stable et prospère et je crois que c’est ce que le président Sissi veut pour son pays – trouver un moyen avec le temps pour faire de la société égyptienne une société ouverte et permettre au peuple égyptien de participer à l’élaboration de son avenir et entamer ainsi une politiquement plus inclusive (globale). Je pense que ceci a commencé avec la jeunesse qui s’est manifestée à la place « Tahrir » lors du déclenchement de la révolution. Donc, je ne dis pas ça pour inciter au retour des frères musulmans au gouvernement, cela est rejeté par le peuple égyptien et cette décision doit être respectée. Mais j’espère que le président Sissi se rend compte que, pour parvenir à un brillant avenir et qu’avoir une légitimité avec le temps, dépendra de sa capacité à ouvrir le processus politique et le rendre inclusif et de donner au peuple égyptien l’occasion de travailler à partir du bas vers le haut, en lui accordant un plus grand rôle dans la détermination de l’avenir du pays. Il ne peut pas aller de l’avant en matière de paix sociale et de prospérité alors qu’en même temps, il doit faire face aux menaces terroristes et les combattre pour assurer la sécurité du pays. Il faut qu’il mette en place un plan pour former un gouvernement plus inclusif et légitime capable de fournir des services et de fournir de meilleures opportunités économiques pour l’avenir de l’Egypte. Les Egyptiens devront chercher à baliser la voie à cet avenir, mais pour cela nous devons être amis.

Question : Comment pouvoir « arrêter » les guerres civiles dans la région, comme vous l’avez mentionné?

Réponse : Toute guerre civile est différente. Les méthodes varient également. En Irak, nous devons être plus sévères pour aider le peuple irakien à expulser « Daesh » et Al-Qaida de ses terres. La bataille est maintenant centrée sur « Mossoul », et je pense que vous avez entendu de l’administration actuelle qu’elle veut renforcer la guerre contre Daesh et Al-Qaïda en Irak, en Syrie, et je pense que ceci est juste.
En Irak, par exemple, alors que le peuple irakien repousse «Daesh» et «Al-Qaïda» loin du territoire irakien, le gouvernement doit le soutenir par le biais d’institutions gouvernementales locales, non corrompues. Cela nécessiterait des mécanismes de réconciliation pour résoudre les divisions sectaires et pour promouvoir l’activité économique et la restauration de l’infrastructure. S’ils échouent à régler certaines tensions sous-jacentes dans la société irakienne et exploitées par «Daesh», ils laisseraient le terrain fertile pour le retour de «Daesh» dans une forme encore plus brutale. Je vois qu’avec le temps, le peuple irakien aurait besoin pour parvenir à la paix sociale, d’un gouvernement d’unité nationale, et en même temps d’une forte gouvernance locale au niveau régional et local, de sorte que les communautés sunnites, chiites et kurdes puissent prendre une plus grande responsabilité dans la gestion de leurs affaires en matière de gouvernance, de sécurité et de prospérité économique. Il s’agit d’«un nouveau modèle de gouvernance» qui peut reconnaître réellement les revendications des trois communautés pour gérer davantage leurs propres affaires, mais dans le cadre d’un Irak unifié. Encore une fois, j’estime que c’est la voie que les Irakiens doivent chercher avec le soutien des parties à l’étranger.

Question: Comment l’Iran s’insère dans cette équation et à quel point vous pensez que la politique étrangère de Trump cadre avec cette approche proposée pour solutionner les guerres civiles?

Réponse : Il est trop tôt pour savoir anticiper sur la question iranienne. Nous connaissons la position  l’administration de Trump au cours de la campagne et dans les premiers jours de sa présidence qu’il s’agit d’intensifier la lutte contre «Daesh» et «Al-Qaïda». Il s’agit de parvenir à la défaite de «Daesh» et de faire plus d’efforts pour réviser l’action iranienne dans la région. Je ne sais pas comment il sera procédé dans la mise en œuvre de cette stratégie. Je pense que l’une des choses auxquelles on pourrait assister, et à laquelle nous avons déjà assisté en ce qui concerne la politique américaine, c’est de persévérer dans le combat contre «Daesh» pour son expulsion de l’Irak. C’est dans ce sens que se sont déployés les efforts des Etats unis d’Amérique en matière de soutien des forces de sécurité irakiennes et d’aide au renforcement des groupes tribaux locaux, surtout sunnites, pour développer leur capacité à lutter contre «Daesh» et l’expulser, tout en marginalisant le rôle des «forces de la mobilisation populaire» soutenues par l’Iran. Je pense que c’est la bonne stratégie: la plupart des Irakiens, mêmes chiites irakiens ne veulent pas que l’Irak devienne le district ouest de l’Iran. Ils sont des irakiens en premier lieu et chiites après. Je pense que si les États-Unis jouent un rôle plus important en soutenant le gouvernement irakien dans la lutte contre «Daesh», ça lui permettra d’être plus forte face au pouvoir direct de l’Iran, ou par «les forces de la mobilisation populaire» soutenues par l’Iran. Idem pour la Syrie, je défendais depuis plusieurs années une présence plus accrue de l’Amérique en Syrie, une présence destinée contre «Daesh» et «Al-Qaïda», et qui puisse empêcher aussi les tentatives de la Russie d’une part et de l’Iran d’autre part, en Syrie. Il y a une occasion qui se prête pour l’administration actuelle, pour travailler avec la Russie et la Turquie contre «Daesh» en Syrie. Mais enfin, et bien que ce sont les forces «Daesh» qui doivent quitter la Syrie, ce sont aussi les milices chiites soutenues par l’Iran qui doivent quitter la Syrie. Les deux sont des intrus en Syrie, et doivent en fin de compte être chassés.

Question: Avez-vous espoir dans la possibilité d’une plus grande intervention des États-Unis dans la guerre au Yémen?

Réponse: En ce qui concerne le Yémen, je pense que le problème est que la plupart des Américains perçoivent le Yémen à travers le prisme du conflit géopolitique entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Ils ont l’illusion que la question Yéménite se présente ainsi. Ce que je pense c’est que les Américains ne savent pas que des missiles du Yémen ont ciblé des villes saoudiennes. Les milices sont sorties du Yémen en direction de l’Arabie Saoudite. En fait, l’Arabie saoudite réplique à une menace sécuritaire ciblant les citoyens saoudiens et leurs villages et villes. Comme les Saoudiens m’ont informé, si l’Amérique aurait été confrontée à ce genre d’attaques à travers la frontière mexicaine, elle aurait réagi, et nous les Saoudiens nous devons réagir. Toutefois, cette réaction n’est pas appréciée ici, et je dis à nos amis les Saoudiens qu’ils ont besoin que le peuple américain comprenne qu’ils ne font que répondre à une menace de sécurité réelle ciblant l’Arabie Saoudite et repousser les attaques contre les villes et villages saoudiens. Ce qui n’est pas très perceptible médiatiquement. Mais nous devons faire plus pour aider. Je suppose que le résultat souhaité par les Saoudiens et Emiratis est de trouver une solution politique, qui serait le résultat d’une négociation entre le gouvernement légitime du Yémen et les Houthis, dans le but de réaliser la paix et de pousser les Iraniens à quitter le Yémen. Leur intervention militaire est axée sur cet objectif, et je pense que nous devrions la soutenir.
Plusieurs craintes se posent à propos des dommages collatéraux à la suite des opérations aériennes lancées par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes Unis. Nous avons les moyens de rendre ces frappes plus précises. Je pense que nous devrions offrir à l’Arabie Saoudite et au Yémen, ce genre de moyens qui leur permette de mettre en œuvre les tâches militaires avec plus de précision. L’administration précédente était réticente sur ce point, et c’était une erreur. Vous ne pouvez pas vous plaindre des dommages collatéraux, si vous n’aidez pas vos amis et vos alliés, pour limiter les risques.

Question: Comment résoudre le conflit yéménite, à votre avis?

Réponse: Un arrangement politique est nécessaire en vertu duquel les Houthis obtiendraient un rôle dans le gouvernement, et je pense qu’ils accepteraient cela. Mais je pense aussi que l’une des conditions qui devra leur être imposée si les Houthis jouissent de rôle, et qui est un droit, est de couper leurs relations avec les Iraniens.

Question : Y a-t-il un précédent dans ce sens où une milice de l’Iran a coupé ses liens avec Téhéran volontairement?

Réponse : Nous ne disposons pas de nombreux exemples de ce genre de résolution de guerres civiles avec succès. Je pense que la question est la suivante: vous ne pouvez pas mettre fin à cette guerre civile sans un cadre régional dans lequel les parties étrangères agissent en faveur d’un règlement pacifique et que dans cette optique ils s’engagent à retirer leur soutien aux combattants. Donc, je pense que la seule façon de mettre fin à la guerre en Syrie et au Yémen, ne se limite pas à une opération au sein du pays par laquelle œuvrent les parties loin de la violence et de l’acceptation d’une solution politique. Il doit y avoir un accord entre les puissances étrangères pour accepter un tel accord et le soutenir, et d’arrêter en même temps de fournir des armes à une certaine faction sectaire. Mais la question qui demeure est la suivante: Pouvez-vous amener les parties étrangères et les belligérants à un point où ils s’accorderaient à cesser, dans leur intérêt, la violence ?
En ce qui concerne la Syrie, les Turcs ont voulu calmer la situation. Les Russes ont atteint leurs objectifs en Syrie, et peut-être ils veulent maintenant faire cesser la violence, et j’espère que les Turcs et les Russes puissent faire pression sur l’Iran pour arrêter la violence. Et l’Iran est plus attaché à Al-Assad et la plus intéressée de maintenir l’extension de l’Iran au Liban et de sa capacité à soutenir «Hezbollah». La question est : peut-on trouver un moyen pour prendre un peu en considération les intérêts légitimes de l’Iran tout en limitant voire arrêter ses intérêts illégaux ?
C’est un défi pour la diplomatie. Vous pouvez obtenir ce résultat si vous pouvez commencer à changer la réalité sur le terrain. C’est ainsi que les Iraniens et les Russes commenceraient à perdre sur le terrain en Syrie plus que ce qu’ils perdent maintenant. Les Turcs traitent avec les Russes et les Iraniens, car ils représentent les deux seules parties sur le terrain. Nous devons accroître notre implication en Syrie sur le terrain, car cela nous donnera la possibilité de pouvoir pour travailler plus avec les Russes et les Turcs afin d’arriver au bout du compte à arrêter la violence.

Question: Quelle est le rapport entre les combats au Yémen, en Syrie et en Irak d’une part, et la possibilité de parvenir à un règlement israélo-palestinien d’autre part?

Réponse: Il est trop tôt pour en parler. Le Moyen-Orient est complètement différent de ce qu’il était il y a cinq ou dix ans. Plusieurs pays sunnites au Moyen-Orient considèrent qu’Israël fait partie d’une coalition modérée contre l’extrémisme. Il y a un certain nombre de personnes qui ont écrit dans la presse qu’il y a une dose importante de coopération entre Israël et les pays modérés de la région afin de contenir l’extrémisme. Cela se fait en secret en ce moment, a relevé un certain nombre de personnes qui estiment que le seul moyen pour le faire ouvertement est d’aboutir à une sorte de processus politique entre Israël et les Palestiniens. Ceci est une condition essentielle pour les pays sunnites pour pouvoir politiquement admettre une plus grande coopération avec Israël. Parmi les choses que nous entendons, ce sont des discussions dans la région pour savoir si les pays arabes veulent se mettre d’accord sur une version mise à jour du modèle de l’Initiative de paix arabe, et si elle peut être effectuée dans un cadre régional à même d’instaurer un dialogue politique entre Israël et les Palestiniens pour préparer l’avenir. Je ne sais pas. D’après ce que j’ai entendu de la direction de Trump, le président Trump préfère parler de deal et il a désigné l’aboutissement du processus de paix israélo-palestinien en tant que «la plus précieuse de toutes les transactions». Je pense que la première question est: Est ce que les pays de la région veulent aborder le processus avec la façon que je viens de décrire? La deuxième question est de savoir si les responsables de la politique israélienne et palestinienne sont prêts effectivement à tenter le coup et à parvenir à la paix? Il y a des défis politiques tant pour les peuples israélien et palestinien. Et ma question est: Sont-ils prêts à faire des efforts supplémentaires pour la paix, et s’ils ne le sont pas, que peut-on faire pour améliorer l’atmosphère? Il est nécessaire que la coopération en matière de sécurité puisse continuer entre Palestiniens et Israéliens. En outre, Israël est appelée à faciliter le progrès économique dans les territoires palestiniens, en particulier dans la «Zone C» (la Cisjordanie). Les Palestiniens sont-ils prêts à continuer et à se déployer davantage dans la construction des institutions d’un Etat palestinien, même sous l’occupation israélienne? Ce sont des mesures pareilles, qui s’ils sont pris, qui pourraient progressivement faire changer la nature des calculs politiques au sein de l’Etat d’Israël et la société palestinienne de manière à rendre plus facile l’aboutissement d’un processus politique parrainé par d’autres Etats sunnites. Ceci serait peut -être plus clair avec le temps, mais je pense qu’il est trop tôt pour parler de la voie à suivre par les États-Unis, et le rôle que veulent jouer les Russes après leur retour au Moyen-Orient, et le rôle que Palestiniens et Israéliens vont vouloir endosser en ce moment.

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