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Marine Le Pen: Un rêve en sursis... - Majalla Magazine
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Politique

Marine Le Pen: Un rêve en sursis…

Marine Le Pen, sortant d’une conférence sur le thème de la « citoyenneté » le 13 mars 2017 à Paris (Getty)
Marine Le Pen, sortant d’une conférence sur le thème de la « citoyenneté » le 13 mars 2017 à Paris (Getty)
Marine Le Pen, sortant d’une conférence sur le thème de la « citoyenneté » le 13 mars 2017 à Paris (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

Dans une course présidentielle française vers l’Elysée, qui s’apparente mieux à une fiction digne des meilleurs polars de Hollywood, le «scénario» n’a épargné personne. Tous les prétendants connaissent de sérieux déboires dans leurs propres rangs, sauf Marine Le Pen, Présidente du Front National, qui parait être la seule «constante» ou encore mieux, creuser son chemin avec détermination et même certitude.

Tous les sondages d’opinion, s’accordent pour la placer en haut du podium, et faire varier le second, qui serait son challenger pour le second tour. Encore mieux, ses déboires avec l’Union Européenne, au sujet des «emplois fictifs» semblent lui porter bonheur, contrairement à un de ses concurrents, François Fillon, qui est réellement plombé par une affaire similaire.

Marine Le Pen, en digne héritière de son père Jean-Marie, qui a su faire passer le parti d’un «groupuscule extrémiste», à la limite de la «légalité», vers l’image d’un parti «respectable» (ou presque), veut (à son tour) faire mieux, à savoir hisser cette formation en haut du paysage politique français.

La mission ne semble guère simple ni aisée ou encore moins possible à court terme, Le Front National ne s’est pas (totalement) débarrassé de l’image d’un parti, «extrémiste» et même «xénophobe», ou encore et surtout «antisémite», raison (depuis sa création) d’une diabolisation médiatique continuelle et surtout acharnée.

Ce discours, socle de la gloire de ce parti et même son image identitaire et surtout signe de sa singularité, est certes populiste, et par conséquence rentable au niveau de la popularité, mais nullement «convertible» pour tracer (avec certitude) la route vers la magistrature suprême du pays, à savoir occuper le palais de l’Elysée, dans le pays qui se veut dépositaire des Droits de l’Homme, sans oublier les prérogatives non les négligeables que la Constitution accorde à ce poste.

Depuis son ascension douloureuse à la tête du parti, suite à un vrai «coup d’Etat», et réel «putsch» contre son père, et une séparation dans des insultes sans limites et des douleurs certaines, Marine Le Pen veut bien et fait tout pour «enterrer son père» et même faire oublier l’image du «baroudeur insolant» que le fondateur a toujours endossé et surtout assumé sans vergogne et avec une fierté. Des séquelles qui semblent déranger actuellement l’image du «politiquement correct» nécessaire et nullement suffisant, pour prétendre au droit de danser dans la «cour des grands»…

Cette femme qui se veut la «Jeanne d’Arc» des temps présents, sans pour autant finir sur le bucher «médiatique» comme son père, sait qu’elle joue sur un terrain nullement balisé, tant toute la droite (dite) «républicaine» ne fait que virer vers un positionnement d’extrême droite, et même lui dérobe son «discours» et lui vole ses «électeurs»…

Tout le paysage audiovisuel français chavire à droite, à une vitesse grandissante. Le discours «anti-immigration» ou du «refus des étrangers», et surtout la «hantise des terroristes» (musulmans) n’est plus ce «fond de commerce», et cette «chasse gardée», mis en place et entretenus par le père fondateur. Toute la droite a épousé à des différents degrés ces thèses, sans oublier la gauche (comprendre le Pari Socialiste) qui aussi, a commencé à prendre gout à ce jeu.

En claquant la porte de l’Union Européenne avec force et vigueur, le Royaume-Uni n’a fait qu’ajouter de l’eau à un moulin que Marine Le Pen en «souverainiste» de toujours, veut faire tourner à une vitesse grandissante, au point de faire éjecter la France à son tour, et la «sauver» de ce que cette femme dénonce comme «l’emprise de Bruxelles».

Réellement convaincue que le sort de la France et son devenir, n’est nullement une affaire de «souveraineté» nationale, mais plutôt sujet et fruit d’une transformation touchant toute la sphère occidentale, les Etats-Unis et l’Europe en particulier, Marine Le Pen voit en l’élection de Donald Trump ce «signe divin», annonçant l’accomplissement d’une «promesse» que son père pensait en «rêve lointain». Mieux encore, elle avoue avec énorme fierté et une charge émotionnelle qu’elle ne cache guère, que l’actuel locataire de la Maison Blanche, est son «idole» tant elle évoque son nom avec un éclat sur le visage, digne d’une fille qui énumère les qualités d’un «père» (sprituel), dont elle est plus que fière.

A défaut d’une surprise majeure, le second tour des présidentielles en France, verra une confrontation entre Marine Le Pen, est un des «coqs» qui s’entretuent actuellement, avec acharnement, pour le bonheur de pouvoir croiser le fer avec cette «Dame». Mais le revers de la médaille, et la fin du «songe» idyllique, et sa conversion en «cauchemar» atroce, sera avec toute la certitude du monde, cette «sainte alliance» qui va se constituer de facto entre ces «coqs» et leur disciples, pour lui barrer la route de l’Elysée, et reporter une éventuelle prise, par la droite extrême, de cette «Bastille» des temps moderne…

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