BETA MODE
L'exposition de Bouchra Khalili traverse les frontières et remet en question la notion d’identité - Majalla Magazine
  • Edition actuelle
Art

L’exposition de Bouchra Khalili traverse les frontières et remet en question la notion d’identité

Foreign Office de Bouchra Khalili
Foreign Office de Bouchra Khalili
Foreign Office de Bouchra Khalili

Londres: La Majalla

Lisson Gallery, située à l’Ouest de Londres est très minimaliste. Ses espaces ouverts, son éclairage au néon et ses murs peints en noir et blanc ont été conçus de manière à servir de toiles vierges pour les installations artistiques. Cette fois ci, l’artiste derrière l’exposition fait sa première apparition artistique au Royaume Uni.

Artiste franco-marocaine, Bouchra Khalili vit et travaille entre Berlin, Oslo et Paris, entre cinéma et arts plastiques, entre fiction et documentaire. Toute son œuvre interroge les notions de frontières, de migration, d’identité. Elle illustre cela à travers des photographies, des films, des vidéos et des installations. Le thème présenté dans les trois installations de l’exposition dégage de la force interrogeant les notions de frontières, d’identité et de nation, tout en exprimant la privation et la souffrance.

Foreign Office

La première de Foreign Office a eu lieu en février 2015 au Palais de Tokyo. C’est une exposition artistique sur les thèmes de la solidarité et du cosmopolitisme. Un film digital et un « archipel » de photographies font vivre une double expérience basée sur une combinaison de documents, étant une résistance au « passé », et leur effet sur le « présent ».

L’installation fait vivre au spectateur un voyage dans le temps et l’emmène en Algérie des années 60 au cœur des groupes de résistance tels que le « Congrès National Africain », les « Black Panthers » et les activistes pour la Palestine. Des causes différentes mais qui sont liées à la résistance contre l’occupation, le colonialisme et l’injustice.

Apparaissent dans le film un homme et une femme algériens essayent de réécrire l’Histoire. Quant aux photographies, elles documentent les endroits désertés ou naquirent ces mouvements politiques.

L’Archipel sérigraphique sert de lien entre les narrateurs et les endroits désertés. C’est aussi un indicateur des traces de la résistance.

Foreign Office part du cosmopolitisme et internationalisme d’aujourd’hui et invite le spectateur de faire un retour en arrière dans l’Histoire d’une manière a la fois utopique et nostalgique. Une telle recollection représente une dystopie étant donné que ces endroits sont aujourd’hui vides et désertés. Ils mènent à penser que les causes dont il s’agit ont été oublié…

Mapping Journey

Khalili a choisi, pour sa deuxième installation, huit vidéos d’itinéraires de voyages entre 2008 et 2011 de 8 personnes différentes forcées à quitter leur chez soi et à immigrer illégalement pour trouver refuge. Chaque vidéo représente la route que chacun a dû prendre. Une narration, un marqueur et des trajectoires dessinées sur une carte pour créer une puissante imagination de la dureté du voyage et l’épreuve du refuge.

Sept vidéos représentent des voyages d’un continent a un autre. Cependant, le troisième voyage représente les frontières artificielles entre deux zones de tensions : la Palestine. Les refugies dans cette installation deviennent des cartographes qui tracent leurs itinéraires expliquant leurs sentiments d’injustice et d’exclusion. Leur identité, créée a travers leurs voyages remet en question les notions de nation et de « chez soi ».

Constellation Series

Dans sa « grande finale », Khalili a choisi huit sérigraphies pour son installation intitulée « Constellation Series ». Elle passe de la terre au ciel, des arrêts en route aux étoiles, des cartes aux constellations. Elle relie les itinéraires des huit personnes, remplaçant chaque arrêt par une étoile, faisant ainsi de chaque itinéraire une constellation sur une toile bleue au lieu d’une toile noire. Le bleu pourrait représenter l’espoir ou pourrait être un choix artistique.

L’installation finale représente leur résistance face à l’oppression de leur ambition alors qu’ils veulent atteindre les étoiles et leur voyage. Traverser les frontières illégalement devient une traversée du temps et de l’espace.

A propos de l’artiste

Bouchra Khalili est une artiste franco-marocaine. Née à Casablanca au Maroc, elle a étudié le cinéma à la Sorbonne Nouvelle et est diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy. Elle vit et travaille entre Berlin, Oslo et Paris.

Son travail en film, vidéo, installation, photographie et sérigraphie, articule langage, oralité, subjectivité et explorations géographiques. Chacun de ses projets peut s’envisager comme une plateforme depuis laquelle des membres de minorités peuvent articuler, proposer, mettre en œuvre et partager, stratégies et discours de résistances élaborés depuis les marges.

L’exposition est visible jusqu’au 18 mars.

 

 

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *