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Le monde s’éloigne du libre-échange et de la pluralité à la rencontre de Baden-Baden du G20 - Majalla Magazine
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Economie

Le monde s’éloigne du libre-échange et de la pluralité à la rencontre de Baden-Baden du G20

Les participants au G20 posant pour la photo de famille à Baden-Baden, Allemagne le 17 mars 2017 (Getty)
Les participants au G20 posant pour la photo de famille à Baden-Baden, Allemagne le 17 mars 2017 (Getty)
Les participants au G20 posant pour la photo de famille à Baden-Baden, Allemagne le 17 mars 2017 (Getty)

Paris – Majallah

Du sacrifice par la nouvelle administration américaine du principe du libre-échange, que Washington, adoptait jadis, lors de la dernière réunion du G20 à Baden-Baden, en Allemagne, se dégage actuellement un nouveau modèle économique mondial, dans lequel l’approche pluraliste fait face à des défis.

Chose qui a forcé les ministres des Finances des pays du G20, chargés de façonner une gouvernance mondiale libérale, d’y renoncer la semaine dernière, à inclure toute condamnation du protectionnisme dans leur déclaration finale.

Ce sont les premiers résultats tangibles de la nouvelle doctrine américaine, après que le président Donald Trump ait élaboré sa campagne électorale sur une dénonciation des maux de la mondialisation et du libre-échange, qui anéantissent les postes d’emploi aux États-Unis.

Le Directeur du Centre Français d’Etude et Recherche en Economie Internationale, Jean-Sébastien Seppi : «il y a une dimension historique dans le tournant pris par l’administration américaine.

Dans un article publié par l’agence Bloomberg, Mohamed El-Erian l’une des principales figures financières internationales, et ancien président du groupe «PIMCO» géant américain dans la gestion les fonds obligataires, annonce que : «Même si les résultats émanant du G20 sont historiquement inhabituels, et se mettent en contradiction totale avec la sagesse conventionnelle, pour ne pas dire la doctrine, nous devons voir ce communiqué comme étonnant réellement, car il reflète la nouvelle réalité américaine.

Mais quelle est cette nouvelle réalité ? Indépendamment du symbole et des discussions linguistiques concernant un communiqué que peu vont lire, il parait que Washington chercherait à faire dépasser la notion du pluralisme en soi.

Le Ministre de l’Economie et des Finances français Michel Sapin, a souligné que «le texte américain (proposé lors du G20) ne mentionne plus les mécanismes du pluralisme».

Le pluralisme est l’antithèse du dualisme, le régime pluraliste oblige tout membre, désirant négocier une quelconque question, à discuter avec tous les membres. Le système pluraliste est un système harmonieux, mais complexe et lent, et parmi ses plus importantes révélations, est l’Organisation Mondiale du Commerce que, l’administration américaine n’exclut pas la réforme de ses prérogatives aussi.

La Directrice du Département d’économie de l’Asie à la Banque «Natixis» Alicia Garcia Herrero opérant à Hong Kong, considère que le «pluralisme est une vérité disparue», en réponse à la question de l’AFP : «Si les nouveaux mécanismes répondus ne seraient pas un repli régional et une forme de dualisme ?»

L’experte française en géographie politique Caroline Galactéros, qui dirige le Bureau «Blaniting Conseil» explique que «Trump œuvre à tout déstabiliser dans le but d’engendrer des conditions de négociations plus favorables que le cadre pluraliste. Pour y parvenir, nous devons revenir à une approche bilatérale, afin de réduire les restrictions».

Elle considère que cette tendance ne se limite pas à la sphère économique, mais prendra tous les aspects de la gouvernance mondiale. Et ajoute que: «Ce penchant à reprendre la tendance nationalisme, au niveau des relations internationales, est le résultat de l’épuisement du modèle précédent.»

Le pluralisme avec ses mécanismes lents, ralentie tout, y compris les conflits.

Dans un monde régi par la pensée dualiste, et par conséquence le rapport des forces, le risque de glissade vers une escalade incontrôlable, va conduire à une crise. Chose qui pourrait mettre le monde dans l’œil du cyclone.

Sébastian Jean a déclaré à l’AFP: «Nous ne savons pas où tout cela nous mènera», et pense que «le commerce mondial n’est pas similaire au domaine financier. Il n’aurait d’’effondrement du château de cartes», mais ne peut exclure «qu’on aurait du mal à maitriser des réactions non contrôlées», même si «la réalité des affaire constituera une ligne de sécurité, qui assure un repli possible. Chose qui permettra d’éviter une dure confrontation».

Partage cette opinion Yves Revol, Président de la société française «Clasquin» spécialisée dans la gestion des transactions commerciales :«depuis la sortie des marchandises de l’usine jusqu’à la livraison à l’acheteur étranger», a-t-il dit, en évoquant du siège de l’entreprise à Lyon, en «dans le contexte du commerce international, tout est imbriqué, dans la mesure où tout le monde revient au calme après altercations et escalades».

Ce monde harmonique qui englobe Washington, l’Organisation Mondiale du Commerce, l’OTAN et les Nations Unies, les États-Unis l’ont construit et affuté dans les détails, et ne sera pas la Chine ou l’Europe, qui pourrait prendre la place de Washington et à jouer son rôle.

Face au repli des États-Unis, Ian Bremer analyste du bureau d’études «Groupe Eurasie» répond à la fin de Janvier à l’AFP, dans les couloirs du Forum économique mondial de Davos que «l’émergence des autres (Etats), est en fait l’émergence de quelque chose de différent, qui engendre un système géopolitique d’un autre type, un système qui ne comporte pas un marché mondial, régi par le libre-échange, mais une économie hybride, parce que la deuxième plus grande économie dans le monde (Chine) pratique un capitalisme central et autoritaire».

Caroline Galactéros explique que «les Chinois tentent de reprendre la bannière du pluralisme, et travaillent sur la construction d’un «antimonde», à savoir une alternative au système, de style chinois», et note les nombreux accords conclus par les Chinois d’une manière «persistantes et systématiques » dans divers domaines, comme le lancement du projet «la nouvelle route de la soie». Ces routes commerciales que Beijing développe en injectant des milliards.

Quant à l’Europe, elle subit des «vents isolationnistes», selon la formule employée par Alicia Garcia Herrero, se référant aux percées réalisées par les adversaires de la mondialisation aux élections.

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