BETA MODE
Poursuite de l'occupation russe douce de l'Ossétie du Sud - Majalla Magazine
  • Edition actuelle
Cover Story

Poursuite de l’occupation russe douce de l’Ossétie du Sud

Par Maia Otarashvili

L’annexion de la Crimée par la Russie, a été lourde de conséquences: La colère mondiale a éclaté et les condamnations du Kremlin ne se sont pas fait attendre, suivie de sanctions prises par l’Occident à l’encontre de Moscou. Cependant, ces initiatives n’ont pas empêché Poutine de poursuivre sa politique d’expansion. La crise en Ukraine a joué un rôle important dans la détérioration rapide des relations entre la Russie et l’Occident, suscitant des discussions sans fin dans les milieux politiques à Washington pour savoir si l’Occident est entré depuis 2014, dans une «deuxième guerre froide» avec la Russie. Cependant, les sanctions appliquées par l’Occident contre un Etat belligérant  ainsi que sa colère, ont des limites. Les actes criminels persistent, peut-être de moindre importance, sur le plan stratégique (pour l’Occident), que la Russie a commis à l’encontre de ses voisins, mais, passent sous silence, et sans graves conséquences pour la Russie. L’un des exemples le plus important, est la relation russo-géorgienne.

Les Relations de la Géorgie, ancien petit empire, qui a auto-proclamé son indépendance, sont, tendues avec son voisin du Nord depuis des siècles. En 1801, l’Empire russe mit fin au traité de protection avec la Géorgie, en occupant le territoire géorgien. Dès lors, les gouvernements géorgiens et ses armées, ont engagé des combats perdus contre la Russie et les dirigeants soviétiques. Un de ces derniers est d’origine géorgienne, à savoir Joseph Staline. Connu en Géorgie sous le nom de Joseph Djougachvili.

Lorsque la Géorgie a retrouvé son indépendance de la Russie en 1991, suite à l’effondrement de l’Union soviétique, à l’instar de la plupart des anciens pays communistes, des guerres civiles ont éclaté à l’intérieur de ses frontières, en Abkhazie et en Ossétie du Sud. L’indépendance officielle de la Géorgie a entrainé une nouvelle dépendance envers la Russie, qui a aidé en jouant l’intermédiaire dans les négociations du cessez-le-feu en Abkhazie et en Ossétie du Sud, et a déployé une force de «maintien de la paix» dans les zones séparatistes, qui ont déjà annoncé leurs autonomies. Depuis lors, la présence des forces militaires russes dans les deux régions, a entrainé de violents affrontements sans fin entre les deux Géorgie, et les gouvernements de fait accompli. Ces affrontements qui ont eu lieu en 2008, ont conduit au déclenchement de la guerre en Ossétie du Sud. Chose qui a conduit les Russes à bombarder des zones en Géorgie non contestée. Alors que l’Occident était un médiateur important dans l’accord de cessez-le feu et la fin de la guerre au bout de cinq jours, les dommages à la Géorgie sont irréparables de plusieurs façons. On a pu remarquer que les troupes russes ont placé une barrière de barbelés entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, qui est décrite par la suite comme «occupation rampante» en raison de la flexibilité évidente de cette frontière, que les troupes russes déplacent en profondeur du territoire géorgien non contestée. Il y a une raison évidente pour cette colonisation rampante, tant ces «frontières» récentes, délaissent une partie du pipeline de «BP» sur le territoire de l’Ossétie du Sud sous contrôle de la Russie. Il est à noter que ce pipeline transporte du pétrole de l’Azerbaïdjan à la mer Noire via la Géorgie. Chose qui permet à la Russie de sabotage de ce pipeline au moment voulu.

Depuis la guerre de 2008, les experts ont conclu que l’incapacité d’adopter une réaction internationale appropriée à ce qui est arrivé en Géorgie, a encouragé Poutine à annexer le Crimée. Mais le problème de la Géorgie avec la Russie n’a pas pris fin en 2008. En Mars 2015, un an après l’annexion de la Russie de la région de Crimée, a été signé à Tskhinvali, un traité «d’alliance et de complémentarité» avec le gouvernement du fait accompli en Ossétie du Sud. Ce traité conduit automatiquement à l’annexion par la Russie de l’Ossétie du Sud. Ce traité vise à «donner une légitimité à l’Union de l’Ossétie du Sud avec la Russie.». Les dispositions du traité, vont au-delà des domaines de la coopération militaire, à la prise par la Russie du contrôle des frontières, des finances, de l’économie, de l’éducation, des soins sanitaires, et des systèmes de protection sociale en Ossétie du Sud. D’autre part, le traité a levé toutes les entraves et restrictions à la circulation des biens et des personnes entre les territoires russes et l’Ossétie du Sud. Certains des éléments du Traité, stipulent que l’Ossétie du Sud se désiste en faveur de la Russie des prérogatives en matière de défense, y compris la défense de la frontière d’Ossétie. (La Géorgie est située de l’autre côté de la frontière).

Il découle des paragraphes sélectionnés du traité et mentionnés ci-après, les controverses notoires, même si l’annexion de facto de l’Ossétie du Sud par la Russie, n’est pas mentionnée d’une manière claire:

  • La République d’Ossétie du Sud transfère à la Fédération de Russie ses compétences en maintien du maintien de l’ordre public, la sécurité publique et le contrôle du trafic de drogue, en plus de la gestion des instances des affaires intérieures, des départements d’enquêtes, et des services pénitenciers en Ossétie du Sud.
  • L’Ossétie du Sud accepte de transférer ses responsabilités en matière des douanes et de la réglementation douanière à la Fédération de Russie. Le département des douanes en Ossétie du Sud fait désormais partie de l’Autorité fédérale des douanes russe.
  • Tout citoyen de l’une des parties du traité, dispose du droit d’obtenir la nationalité de l’autre partie selon une procédure simplifiée. Ne sont pas applicables aux citoyens de l’Ossétie du Sud, les restrictions imposées par la Fédération de Russie à ceux qui ne disposent pas la citoyenneté russe.
  • La République d’Ossétie du Sud, avec le soutien de la Fédération de Russie, œuvre dans le but d’augmenter progressivement le salaire moyen des employés de l’État et des organes de l’administration locale à un niveau comparable au niveau des salaires des catégories de travailleurs dans le région fédérale du Caucase du Nord de la Fédération de Russie.
  • (Résumé des paragraphes multiples). Les citoyens russes résidant en permanence en République d’Ossétie du Sud disposent du droit d’obtention des pensions et des subventions et autres formes de solidarité sociale, à un niveau similaire à celui de la pension moyenne et d’autres formes de solidarité sociale en usage, dans le district fédéral du Caucase du Nord. Les lois et règlements en vigueur, en Russie, ainsi que les subventions russes des programmes de protection sociale s’appliquent aussi pour tous ceux qui ont obtenu la nationalité russe, et vivent en Ossétie du Sud.
  • La Banque nationale Fédération de Russie porte une aide à la banque centrale en République d’Ossétie du Sud, dans la mise en application de la politique monétaire et le renforcement du système financier en Ossétie du Sud.

Ainsi, il est clair que la dimension militaire de ce traité englobe tout. Selon ses termes, toute agression d’une partie tierce (y compris la Géorgie) contre l’Ossétie du Sud, sera considérée comme une agression contre la Russie. Chose qui permettra à cette dernière de lancer d’éventuelles guerres contre la Géorgie.

Le gouvernement géorgien, ainsi que des gouvernements occidentaux, ont condamné le traité et ont refusé de reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du Sud, ou son adhésion à la Russie conformément aux termes du traité. Par contre, la réalité obéit aux volontés de la Russie et l’Ossétie du Sud.

Le 14 Mars, la Russie et l’Ossétie du Sud, ont fait la une des informations, tant le président Poutine a approuvé l’accord de défense, qui prévoit l’annexion des forces militaires en Ossétie du Sud. Le ministère russe de la Défense est actuellement en pourparlers avec le gouvernement de l’Ossétie du Sud, dans le but de signer cet accord. Cet accord est une des étapes citées dans «le traité d’alliance et de complémentarité». Les dispositions de cet accord, va permettre à l’armée russe d’absorber l’armée en Ossétie du Sud. Selon ces termes, les militaires d’Ossétie du Sud qui détiennent la citoyenneté russe (qui, suite à une campagne pour obtenir des passeports russes, en Ossétie du Sud, représentent désormais la majorité de la population de l’Ossétie du Sud) peuvent rejoindre automatiquement l’armée russe. En conséquence, dans un laps de temps  très court, l’Ossétie du Sud ne va pas disposer d’aucune force militaire. Chose qui va pousser à céder à la Russie l’entière responsabilité de la défense, de la sécurité et de ses activités militaires.

Selon la déclaration Ketevan Tsikhelashvili, ministre de la réconciliation civile et de l’égalité (un ministère du gouvernement chargé du règlement des relations entre la Géorgie et ses régions séparatistes) : «Il y a plus de 80 prétendus accords entre les deux parties, qui ne jouissent d’aucune légitimité du point de vue du droit international, mais utilisés par le gouvernement russe dans le but d’exercer une influence exclusive sur toutes les zones (en Ossétie du Sud) et servent à prendre des mesures pour «la russification» du territoire de facto. La chose est totalement inacceptable, et nous appelons la communauté internationale à intensifier la pression sur la Russie pour cesser ce comportement».

Depuis la signature du traité d’alliance et de la complémentarité en 2015, le gouvernement du fait accompli en Ossétie du Sud, est allée encore plus loin, en exprimant le souhait de faire partie du territoire russe, en déclarant l’envie d’organiser un référendum pour rejoindre la Russie, et un autre référendum pour changer son nom de «l’Ossétie du Sud» vers «la République de Alania» « (pour ressembler aux territoires russe appelé «l’Ossétie du Nord», République Alania et l’union avec la République). Il est prévu que Tskhinvali organise les élections présidentielles au début Avril, et selon des rapports récents, organisera un référendum concernant le changement du nom le jour même.

L’application du traité d’alliance et de complémentarité va en parallèle avec les efforts de la Géorgie pour intégrer l’Union européenne. Dans quelques semaines, l’Union européenne commencera la mise en œuvre de la politique de libéralisation des visas avec la Géorgie. Chose qui va permettre aux citoyens géorgiens de voyager sans visa dans Etats membres de l’UE. Les responsables politiques espèrent de ce fait, convaincre plus de citoyens de l’Ossétie du Sud de demander des passeports géorgiens, mais la chose est peu probable à la lumière de l’annexion fictive par la Russie de l’Ossétie du Sud.

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *