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Le théâtre de la Ville de Tunis : le sphinx local - Majalla Magazine
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Le théâtre de la Ville de Tunis : le sphinx local

Par Nasreddine Ben Hadid

Sur l’artère principale de la ville de Tunis, se dresse le Théâtre municipal, en monument magistral, devenu un repère, et même point de rendez-vous, pour ceux et celles qui fréquentent le lieu.

Copie en plus petit, mais aussi bien travaillée que la Scala de Milan, fameux théâtre de cette ville mythique du Nord de l’Italie, le «teatro» comme les Tunisiens aiment l’appeler est un chef-d’œuvre construit par l’architecte français, Jean-Emile Resplandy.

Toute la mémoire du théâtre tunisien, doit tout à cet édifice. De son premier jour d’ouverture en1902 à sa prochaine réouverture, suite à une année et demie de rénovation, aucune pièce de théâtre, ne pouvait être imaginée ou même jouée, que sur les planches de ce lieu magique.

Les fameuses Journées Théâtrales de Carthage (JCC), rendez-vous incontournable et surtout mythique du théâtre arabe et africain, a connu presque toutes ses ouvertures et clôtures dans ce théâtre. Les étoiles de la chanson tunisienne et arabe, et même d’envergure internationale, se sont succédé devant les spectateurs de ce lieu.

Le public local et de passage dans la capitale tunisienne, peuvent à nouveau fréquenter cet espace qui rouvrira ses portes le 26 avril 2017 après des travaux qui ont duré une année et demie avec un coût total de presque un million de dollars.

Inaugurée le 20 Novembre 1902, la «bonbonnière» au vu de sa forme, méritait bien une opération de lifting. Car tout l’édifice est arrivé à un point de dégradation, en intérieur qu’en extérieur, de quoi porter atteinte aussi bien au prestige historique, que menacer l’édifice, ou du moins certaines de ces ailes. En particulier, ses signes distinctifs, à savoir, le haut-relief de la façade, sculpteur du français Jean-Baptiste Belloc, représentant Apollon Phébus sur son char, aux chevaux fougueux, encadré par les muses du Drame et de la Poésie.

La première version du théâtre, dont la capacité d’accueil ne dépassait pas 856 places, est démolie en 1909. Le théâtre est transformé et agrandi pour accueillir 1350 sièges sur quatre niveaux (orchestre, balcon, mezzanine et galerie). La nouvelle salle, dont seule la façade extérieure est laissée intacte, est inaugurée à nouveau le 4 janvier 1911. Une rénovation totale du théâtre est effectuée en 2001 en vue de son centenaire.

L’Association de sauvegarde de la Médina (ASM), célèbre organisme étatique, jouissant d’un grand prestige dans le domaine de la rénovation, supervise les actuels travaux, et veuille au respect aussi bien de la nature de l’édifice, qu’à l’accord de la rénovation avec l’esprit de l’œuvre.

 

La caverne d’Ali baba

En plus de la richesse de l’œuvre et la singularité de sa décoration, les caves recèlent un trésor dans le vrai sens du terme. Toute une collection de décors, certains même pour des pièces mythiques, qui ont constitué la gloire du théâtre tunisien, mais aussi des tableaux, des documents et des affiches remontant à une centaine d’années.

«L’opération de tri a pris beaucoup de temps, mobilisant une grande équipe. Le président de la municipalité de Tunis a effectué des visites hebdomadaires pour superviser les travaux», révèle Zouheir Raïs, directeur du théâtre, dans une déclaration à un journal local. Plusieurs experts, à maintes reprises, ont lancé des cris d’alerte, à savoir que l’humidité, surtout, a dégradé aussi bien les murs et la structure, que les trésors entreposés dedans.

«Nous avons consacré une des pièces de cette cave grandiose, aujourd’hui devenue exploitable, pour monter un musée réunissant décors, costumes et affiches anciens», ajoute, le directeur au même journal.

 

Le commun des Tunisiens, que les gens du théâtre, espèrent beaucoup de cette rénovation et cette réouverture, dans le but de redonner un nouveau souffle au quatrième art. Cet art, qui a connu ses heures de gloires, dans le passé, peut reprendre avec son temps de gloire, et transformer le lieu, et Tunis par conséquence, en attraction culturelle, et surtout touristique.

 

Toute une mémoire vit dans le lieu, les anciens ne peuvent oublier la mort en direct, du célèbre chanteur et Diva local, Ali Riahi, sur les planches de ce théâtre, un certain 27 mars 1970. Certes, cette image ne peut se décoller de toute une conscience, mais le propre du théâtre est de refaire naitre les héros, mais surtout entretenir les mythes.

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