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Hafez Ismail … l’exemple et le modèle sous le régime de Sadate - Majalla Magazine
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Hafez Ismail … l’exemple et le modèle sous le régime de Sadate

 Par Aya ESAAMAN

Il arrive parfois dans les régimes politiques et les histoires de la guerre d’Octobre de trouver des leaders exceptionnels qui représentent des modèles et un véritable exemple. J’ai rencontré dans ma vie une personnalité d’exception, Hafez Ismail, conseiller à la sécurité nationale du président Sadate, une personnalité militaire assez singulière de par son assiduité et sa pensée stratégique.

Ce fut cette image de Hafez Ismail, que nous gardons tous à cette époque. La première rencontre avec lui  était sous les ordres du Président Sadate à son domicile à « Zamalek » le 5/10 et m’a informé que le Président a donné ses instructions pour que je quitter le Caire à destination de Paris le lendemain 6/10. L’aéroport a été fermé le 5 octobre suite à des rumeurs du déclenchement de la guerre. Hafez Ismail m’a rassuré que des procédures ont été mises en place pour que je quitte le pays via la Libye  et d’y prendre l’avion à destination de Paris, le 6 octobre. Un colonel de la police est venu chez moi pour me prendre. Au lieu de prendre la route d’Alexandrie puis de celle de la Libye, nous avons découvert que nous avons pris la route de l’aéroport du Caire. Quant j’ai fait part de ma grande surprise, l’officier qui m’accompagnait m’a informé que les instructions étaient de me conduire à l’aéroport. Et c’est là la grande suprise : l’aéroport a ouvert une heure après notre arrivée et nous avons pris l’avion «Air France» pour Paris.

Après mon arrivée de quelques jours à Paris, la télévision française m’a invité à participer à un programme avec une personnalité israélienne. L’émission était programmée pour le 7 octobre. J’avais l’habitude de participer à une autre émission mais cette fois il a été convenu que le programme soit commun. Et ainsi j’ai envoyé un  Télex au conseiller national de sécurité Hafiz Ismail pour informer le Président que j’assume ma responsabilité de participer avec un Israélien dans un programme télé commun.

A mon retour au Caire, le président m’a confié son soulagement parce que j’ai eu le courage d’y participer et d’avoir gain de cause.

Le président était habitué à suivre mes correspondances radiophoniques et il a demandé à ses hommes dans le village de « Mit Abou Kom » qu’il aimerait me rencontrer parce qu’il voudrait me demander mon avis sur le film que des  français voudraient faire sur son personnage, mais le film était extrêmement complexe. L’ami du président Sadate, Fathi Salman m’a vite appelé pour venir à la maison du président et m’a rapproché de lui.

J’ai dit au président comment le présentateur du film m’a interrogé à propos  de toute cette haine envers les Juifs israéliens. Je lui ai répondu que cela n’a rien à voir avec la haine, que les Israéliens sont nos ennemis juste parce qu’ils occupaient notre pays, ce qui est la cause de cette haine et qu’il n’y avait pas d’autres raisons d’hostilité.

Le lendemain, la Une des journaux français titrait comme suit «L’Egypte a marqué un point en faveur de la cause arabe»

Sadate ouvre la porte au retour de certains exilés et aussi devant certains membres de la famille royale.

Et nous pouvons ici nous référer à la célèbre phrase du président Sadate qu’il avait l’habitude de dire dans ses discours que «les États-Unis détiennent  99 pour cent des cartes au Moyen-Orient.». On sait que Henry Kissinger a fait des voyages «navette» entre l’Egypte et Israël.

Dans l’un de ces voyages, il était fatigué. Le président Sadate l’a conseillé de se rendre à son hôtel  préféré, le Sheraton pour se reposer et revenir le lendemain matin pour poursuivre les discussions. J’ai accompagné Kissinger à l’hôtel. Sur la route, Kissinger a confié  que le problème des négociations avec les négociateurs israéliens, est qu’ils ne se sentent pas en sécurité que lorsqu’il y a 100 pour cent de cartes dans leurs mains, tandis que 99 pour cent considèrent que c’est le début de l’échec. Le Conseiller de sécurité nationale Hafez Ismail m’a confié que lorsqu’il est envoyé par le président Sadate à Washington pour tester le pouls et savoir si les Américains sont prêts à aider l’Egypte à l’évacuation des Israéliens des territoires occupés, Kissinger a répondu en disant: «votre position sur le terrain ne permet pas l’intervention des États-Unis ». Lorsque  Hafez Ismail a transmis les paroles de Kissinger à Sadate, le président a répondu en disant: «Dans ce cas, il ne nous reste qu’une seule option,  qui est d’entrer dans la guerre si les choses bougent».

Parmi les anecdotes de Kissinger celle qu’il a dit à Ashraf Marwan, secrétaire d’information de Sadate lorsqu’on lui a demandé de faire une visite au cabaret de l’hôtel après avoir entendu qu’il y avait une célèbre danseuse nommée Najwa Fouad, qu’il aimerait voir danser. Je n’oublierai jamais comment Kissinger était à chaque fin de danse, crier en disant: «S’il vous plaît, encore une fois ».

Ce qui est amusant c’est que quand j’ai rencontré Najwa Foued le lendemain, elle m’a dit avec humour: «Pourquoi vous ne m’avez pas demandé de contribuer à résoudre la crise au Moyen-Orient» … et j’ai compris ce  jour là que l’art peut contribuer à résoudre les problèmes politiques… !!

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