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Chahin Dadkhah : l’intervention des Gardiens de la Révolution aux Elections est flagrante - Majalla Magazine
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Politique

Chahin Dadkhah : l’intervention des Gardiens de la Révolution aux Elections est flagrante

Chahine Dadkhah

 

Chahine Dadkhah
Chahine Dadkhah

Londres : Mansourah Farahani

Les Elections Présidentielles iraniennes débuteront pour la onzième édition, le 19 mai et font face, à l’image des précédentes, à plusieurs défis, mais aussi plusieurs embuches. Le président iranien Hassen Rouhani, clôture un mandat de quatre qui ne manquent pas de points faibles, que les autres cinq adversaires ne se gênent pas d’évoquer.

L’Iran a œuvré sous la présidence de Rouhani, au cours des dernières années dans le but d’améliorer ses relations avec l’Occident, et a réussi dans une certaine mesure. Suite à des négociations ardues, l’Iran a pu conclure à un accord nucléaire avec les grandes puissances. Sur le plan interne, Rouhani a échoué au cours de sa Présidence à améliorer la situation interne et n’a pas honoré la plupart des promesses prononcées lors de la précédente campagne électorale, y compris la levée de l’assignation en résidence surveillée, des dirigeants du Mouvement Vert à savoir, Mir Hossein Moussavi, Zahra Rehnoud et Mehdi Karroubi.

«La Majalla» a rencontré Chahin Dadkhah ex-conseiller de Hassen Rouhani, qui réside actuellement en dehors de l’Iran, et il estime que «la situation et le climat politique dans le pays ont un impact direct sur le déroulement du processus électoral».

On ne peut séparer cette édition des élections iraniennes, des évolutions aussi bien internes, que régionales et internationales.

Pourquoi nous n’observons pas les figures réformistes célèbres parmi les candidats aux Elections Présidentielles ? Sommes-nous devant un processus d’exclusion des réformistes de la scène politique iranienne?

La plupart des réformateurs ne parviennent pas à surmonter le processus d’évaluation, opéré par le Conseil de protection de la constitution, qui n’a pas admis leurs candidatures pour la compétition électorale. L’ancien président iranien Monsieur Mohammad Khatami, une des plus importantes figures réformistes, toutefois il est soumis à de nombreuses restrictions en Iran. Comme nous le savons tous, il est victime d’un embargo médiatique, à savoir interdiction aux médias locaux de publier sa photo ou ses déclarations. Les réformateurs sont confrontés à de nombreuses restrictions. Chose qui les pousse à soutenir les candidats, qui ont du commun avec les réformistes et qui peuvent satisfaire leurs demandes.

Les réformistes vont soutenir Monsieur Rouhani pour cette fois, à l’instar des Elections précédentes.

Qui est à votre avis, le principal concurrent de Rouhani ? Raissi est-il le réel adversaire de Rouhani pour ces Elections ?

Je pense qu’il n’existe pas d’adversaire sérieux face à Rouhani. Bien qu’un certain nombre d’institutions et de cercles politiques influents, soutiennent Raissi, mais je pense que la chose relève d’une dimension purement tactique, car les politiques que va appliquer Rouhani pour son second mandat (en cas de victoire) vont être totalement différentes de celles du premier mandat. A savoir qu’il va essayer de tenir ses promesses, et limiter l’activité des groupes extrémistes. Par conséquence, les fondamentalistes, à travers leur fort soutien à Raissi, visent à conclure un accord avec Rouhani, ou plutôt arriver à un arrangement.

On est en train de manipuler les Elections iraniennes, sachant qu’un ensemble d’individus, disposent d’une influence sur les résultats et le cours du processus électoral. Ceci ne peut nier le rôle et la participation des électeurs aux élections.

Pensez-vous que les institutions proches de Khamenei, œuvrent dans le but de porter Ebrahim Raissi à la Présidence ?

Je crois que le candidat qui présiderait au destin du pays devrait être en mesure de diriger le pouvoir exécutif, chose que comprennent la plupart des institutions du pouvoir. Le pari que font certains concernant Raissi pour les Elections, entre dans le cadre d’un arrangement politique, plus qu’un pari concernant la direction du pouvoir exécutif, ou la mainmise sur pouvoir.

Que pensez-vous de la candidature de Ghalibaf, à savoir qu’il s’est présenté aux récentes élections, et n’a pas réussi?

Qalibaf est entré en compétition parce qu’il est l’une des figures les plus influentes. Il s’est offert une position, du fait des pots de vin et des versements à plusieurs institutions à Téhéran. Ainsi, on peut expliquer la participation de Qalibaf, mais je ne pense pas qu’il puisse constituer un adversaire de taille en face à Rouhani.

Comment évaluez-vous le rôle des Gardiens de la Révolution et leur Chef Kacem Souleimani dans ces Elections en Iran ?

Les Gardiens la Révolution ont toujours joué un rôle de premier plan dans les élections. On note aussi la présence des Gardiens de la Révolution dans le gouvernement. Réellement, Kacem Soleimani a toujours imposé un certain nombre de ministres aux gouvernements quel que soit le Président de la République. Comme je l’ai déjà avancé dit, les Gardiens de la Révolution ont opéré un coup d’Etat en Iran et se sont transformés en un parti politique fort, une force économique considérable, et une autorité militaire et sécuritaire fortes. On ne peut nier la forte présence des Gardiens de la Révolution dans tous les secteurs culturels, sociaux, politiques et économiques. Ceci est la réalité. Cette opération peut être considérée comme une forme de coups d’Etat. Les gardiens de la révolution vont jouer un rôle de premier plan dans ces Elections Présidentielles. La gestion du pays nécessite un soutien financier. Sans quoi les Gardiens de Révolution ne peuvent avancer dans les guerres d’usure qu’ils engagent à l’intérieur comme au niveau régional. Pour cela, les Gardiens de la Révolution vont investir politiquement sur le candidat qui saurait diriger la politique économique.

Les Gardiens de la Révolution, sont-ils opposés à l’accord nucléaire et la levée de l’embargo contre l’Iran ?

Les Gardiens de la Révolution ne s’opposent pas à la levée de l’embargo, car ils comprennent l’importance de l’argent quant à la gestion du pays. Pour ceci ils ont soutenu l’accord nucléaire.

Par contre, les forces et les courants fondamentalistes en Iran se sont opposés à la levée des sanctions. Car ces groupes monnayaient ces sanctions, et essayaient par ce moyen, d’étendre leurs influences et pouvoirs sur le pays à travers la pérennisation des sanctions. Pour cette cause, ces groupes se sont opposés à l’accord nucléaire et s’y opposent encore. L’accord nucléaire a ruiné leurs commerces.

La non-victoire de Rouhani va-t-elle abolir l’accord nucléaire ?

Je ne pense pas cette éventualité est possible, car l’accord nucléaire ne peut pas être facilement aboli en termes de droits et des normes internationales d’une part, et d’autre part, l’abolition de l’accord nucléaire n’est pas dans l’intérêt de l’Iran, qui est résultat d’un processus de consensus entre plusieurs pays. Il ne peut pas être annulé suite à un changement de gouvernements.

Quelle évaluation, portez-vous sur les débats électoraux à ce jour?

Les candidats fondamentalistes n’apportent rien de nouveau. Ils répètent toujours des promesses qui ne peuvent trouver d’application en réalité, et ne collent pas à la réalité économique et politique de l’Iran. De plus, ils présentent des statistiques sans assise réelle. Par exemple, ils affirment pouvoir créer tel nombre de postes d’emploi, sans pour autant présenter un programme qui puisse concrétiser ces dires. Ils ne font que parler dans l’air. Bien sûr, les gens se rappellent qu’Ahmadinejad a failli à ses promesses. Une large frange de la population est réellement au courant de ces choses.

Six candidats sont dans la course pour les Présidentielles, à savoir : Hassen Rouhani, Bagher Ghalibaf, Ebrahim Raissi, Isaac Jahangiri, Mustafa Mirslimi, et Mustafa Hechemi Taba.

 

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