BETA MODE
La Tunisie : des mots en l’air pour résoudre des maux graves - Majalla Magazine
  • Edition actuelle

Affaires étrangères, Politique

La Tunisie : des mots en l’air pour résoudre des maux graves

Youssef Chahed, Premier Ministre tunisien a une conference le 31 mars 2017 (Getty)
Youssef Chahed, Premier Ministre tunisien a une conference le 31 mars 2017 (Getty)
Youssef Chahed, Premier Ministre tunisien a une conference le 31 mars 2017 (Getty)
(Photo by Yassine Gaidi/Anadolu Agency/Getty Images)

Par Nasreddine Ben Hadid

Le départ du ministre de l’Education Néji Jalloul et la ministre des Finances Lamia Zribi, n’était plus un secret pour personne, tant des sources et des observateurs avançaient, que ce départ se fera à l’occasion d’un remaniement englobant plusieurs autres portefeuilles, et non limogés par simple communiqué, la soirée du dimanche 30 avril 2017.

D’un remaniement global qui sera réellement une refonte du Gouvernement, et même d’un nouveau Gouvernement, le peuple s’est contenté d’un limogeage, attribuant les portefeuilles en intérim à deux autres ministres.

Les raisons ne manquent pas pour ces deux limogeages, selon diverses sources, mais aussi le malaise concerne une situation entière, à savoir le pays, et sa situation socioéconomique en particulier, et par conséquence concerne le niveau politique.

Le tout Tunis, a suivi le bras de fer entre le ministre de l’éducation sortant les syndicats de son secteur. Une confrontation, qui est allée trop loin dans des accusations mutuelles, la violence verbale, mais surtout des mini mouvements de grèves. Le Gouvernement dans son vouloir de déposer les armes avec l’Union générale tunisienne du travail, n’avait de choix que sacrifier «son» ministre sur l’autel de la réconciliation.

Quant à Lamia Zribi, ses déclarations publiques concernant la dépréciation de la monnaie locale, ont entrainé un mouvement de panique aussi bien sur le marché boursier, qu’au niveau des opérateurs économiques.

Certes, Youssef Chahed, Chef du Gouvernement avait ses raisons pour limoger ses deux ministres, mais d’autres avanceraient d’autres raisons pour limoger tout son gouvernement, tant les mouvements sociaux font partie intégrantes du paysage sociopolitiques, sans oublier un sentiment de malaise généralisée.

La visite effectuée par Chahed et quelques ministres le 27 Avril 2017, au Gouvernorat de Tataouine fief d’une contestation sociale, qui met en cause toute la logique de l’exploitation dans la région, n’a rien résolu, et n’a apporté que des promesses que les activistes ne peuvent ni croire ni même prendre pour monnaie sonnante.

Plusieurs manifestants se sont regroupés devant la salle où il présidait «la journée régionale à l’incitation aux petits projets», criant des slogans hostiles. Chose qui l’a poussé à écourter sa visite et quitter de sitôt.

Certaines voix accusent ces protestations de ne pas être «populaires» du tout, mais de servir une confrontation qui vise la chute du Gouvernement Chahed, mais le terreau est fertile aussi bien au Sud qu’ailleurs pour de telles manifestation.

Un vent de «régionalisation» risque de souffler sur la Tunisie, et même commence à souffler doucement, tant toute région veut bien profiter de «ses» richesses.

Au-delà de la théorie du «complot», la Révolution du 14 Janvier 2010, n’a pas apporté les fruits scandés par les manifestations d’alors. Même pires, tous les indicateurs économiques indiquent une détérioration de la situation, au quelle les Gouvernements n’ont apporté que des promesses et même des actions ponctuelles qui n’ont connu aucun suivi.

La monnaie locale a connu une dévaluation d’au moins de 50% depuis le 14 Janvier 2017. Chose aggravée et même causée, par l’augmentation des crédits que la Tunisie contracte en devises. Des crédits qui ne visent plus comme avant l’investissement dans le développement, mais plutôt le redressement de la balance des payements, mais aussi garantir les salaires de la fonction publique.

Sans sortir de la crise politique, aucune issue à la crise sociopolitique, surtout que le climat de confiance se détériore, avec une lutte intestinale entre les partis mais surtout au sein des partis.

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *