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Elections Législatives Algériennes : Le même Parlement (ou presque)… - Majalla Magazine
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Elections Législatives Algériennes : Le même Parlement (ou presque)…

Un homme algerien montrant sa carte electorale a Alger, le 4 mai 2017 (Getty)
Un homme algerien montrant sa carte electorale a Alger, le 4 mai 2017 (Getty)
Un homme algerien montrant sa carte electorale a Alger, le 4 mai 2017 (Getty)

Par Nasreddine Ben Nessir

Suite à l’annonce des résultats des Elections législatives du 4 Mai 2017, par le Ministre de l’Intérieur Algérien Noureddine Bédoui, les regards de toutes les listes concurrentes se sont dirigés vers le Conseil constitutionnel, qui doit trancher concernant le grand nombre des recours, présentés par un grand nombre de listes.

Mais personne ne croit à un grand changement des résultats suite à ses recours. Quelques sièges peuvent changer de couleurs, mais la tendance restera la même, que celle annoncée par le Ministre de l’Intérieur.

 

Même avant le jour du vote, et bien avant le lancement de la campagne électorale, il faut reconnaitre au pouvoir algérien la prouesse et même la «magie» d’avoir convaincu tous les partis importants et historiques à participer à ces Elections. Même le grincheux «Front des Forces Socialistes» (FFS) et le très colérique «Rassemblement pour la Culture et la Démocratie» (RCD), ont répondu présents. Sans oublier les partis islamistes qui ont haussé le ton bien avant ces élections.

Plus d’une cinquantaine de partis ont présenté des listes, sans oublier le grand nombre des listes indépendantes. La question cruciale et l’interrogation déterminante pour le pouvoir, ne concerne pas qui va gagner quel siège, mais plutôt le taux de participation. Cette participation pleine des partis et des indépendants, devrait s’accompagner d’une participation population semblable…

 

Le taux participation de 38,25% est le sujet central de tous les débats en Algérie, aussi bien à travers les médias qu’entre les acteurs de la scène politique. Ce taux presque le même que celui des Elections législatives de 2012, pose des questions certes, mais a fait rêver tous les candidats, de le voir monter en leur faveur.

 

Les résultats aussi, ont constitué une (mini) «surprise», Le parti phare, à savoir «le Front de Libération National» (FLN), perd 57 sièges et n’obtient que 164. Par contre son allié/rival «le Rassemblement National Démocratique» (RDN) a obtenu 97 avec une augmentation de 26 sièges.

Ces deux partis phares ou même «locomotives» de la scène politiques du pays, se placent non seulement en partis de soutien au Président Bouteflika, mais ont annoncé clair, haut et très fort, que toute éventualité d’un gouvernement de coalition ne peut se faire et ne se fera que sur la base du «Projet présidentiel», coupant de la sorte l’herbe sous les pieds des islamistes, qui voulaient un «mixage» de programmes pour en dégager un.

Les Islamistes, grands perdants de ces élections, aussi bien par le nombre des sièges, que suite au «niet» clair et flagrant exprimé par le Secrétaire Général du FLN, Djamel Ould Abbes, ne pouvaient participer au prochain gouvernement, mais aussi ne peuvent espérer jouer le rôle de l’opposition déterminante, se voient en une position intermédiaire, car avec les sièges des deux coalisions, qui ne totalisent que 48 sièges, ils ne peuvent jouer aucun rôle déterminant.

Sur un total de 462 siège, le «clan présidentiel» peut compter d’une manière infaillible sur ceux du FLN et RND, qui sont tout dévouement au Président Bouteflika, à savoir 261 sièges, de loin supérieurs à la majorité requise, mais peut compter aussi sur le «bon vouloir» d’une multitude de petits partis et même d’indépendants, qui veulent figurer sur la photo de «la famille présidentielle», à commencer par le Rassemblement de l’espoir de l’Algérie (TAJ), qui avec ses 19 sièges, a déjà pris sa place pour la photo…

 

Beaucoup de critiques se posent déjà des questions quant aux améliorations que peut apporter ce nouveau Parlement, surtout face aux défis économiques que vit l’Algérie suite à la chute du prix du pétrole ? Et surtout par rapport au rendement du Parlement de 2012 ?

La réponse est avancée par les Ministres et autres responsables, qui se basant sur les amendements de 2016 de la Constitution, expliquent que le prochain Chef du Gouvernement, sera choisi parmi les rangs du parti vainqueur, à savoir le FLN pour ces Elections.

Autres amendement important, vingt députés peuvent présenter un projet de loi, qui doit être débattu par le Parlement.

 

Au-delà de la répartition des sièges, et le partage mathématique entre coalition au pouvoir et opposition, le Parlement dégagé de ces Elections, est déjà confronté à des questions cruciales. En premier, poser l’économie du pays sur une piste de décollage lui permettant de ne plus être tributaire de la rente pétrolière, à travers l’encouragement des secteurs porteurs, aussi bien pour satisfaire le besoin local, et limiter l’importation, que pour engendrer une réelle inertie d’exportation.

 

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