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Tunisie : une ébullition qui se veut révolution… - Majalla Magazine
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Tunisie : une ébullition qui se veut révolution…

Des tunisiens manifestent, a l'avenue Habib Bourguiba de Tunis, en soutien aux manifestations de Tataouine, le 22 mai 2017. (Getty)

 

Des tunisiens manifestent, a l'avenue Habib Bourguiba de Tunis, en soutien aux manifestations de Tataouine, le 22 mai 2017. (Getty)
Des tunisiens manifestent, a l’avenue Habib Bourguiba de Tunis, en soutien aux manifestations de Tataouine, le 22 mai 2017. (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

Tout est parti de l’acte de Mohamed Bouazizi un certain 17 Décembre 2010 à Sidi Bouzid (centre de la Tunisie). Les Tunisiens, essentiellement des jeunes, qui occupent Kamore, ce point de désert, au Sud-Est du pays, veulent qu’Anouar Sekrafi et Abdallah Abdallah Awwal, morts tous les deux, le 22 Mai 2017, soient une étincelle, avec un effet similaire et pourquoi pas beaucoup plus fort.

Le Sit-in, qu’observent un millier de personne au point dit Kamore, depuis plus d’un mois, à la porte de la zone pétrolière, vient d’avoir ses deux premières victimes. Chose qui a enflammé le pays, et a poussé des manifestations à se donner à des actes de vandalisme.

Cette bouffée de violence est réellement la résultante de toute une accumulation qui ne fait qu’empirer depuis la chute de Ben Ali. Essentiellement, dans les régions jadis pauvres, qui sombrent dans une pauvreté, qui contrastent et contredisent les aspirations de tout un peuple.

Un cafouillage encore plus grave que la crise même, avec disfonctionnement entre les différentes structures intervenantes dans cet épineux dossier.

Le décalage est grand et la faille est profonde, entre des manifestants, qui veulent avoir des réponses claires et surtout des solutions à leurs soucis. L’Etat ne peut et ne possède de réponses à toutes les questions, et encore plus graves, ne peut porter un discours convaincant. Chose qui pousse de plus en plus de déshérités à désespérer et entrer dans une logique de demandes violentes et de contestations musclées.

Toute cette ambiance de violence et surtout de mort, se joue sur fond d’une ambiance politique morose, avec le limogeage de trois ministres, qui n’ont pas été remplacés. Et surtout avec une confrontation ouverte pour destituer l’actuel gouvernement, avec maints prétendants qui vise le Palais de la Casbah, siège du Gouvernement.

Résoudre la crise tunisienne, revient à résoudre un système d’équations, à un degré insoupçonnable, avec un nombre incalculable d’inconnues, et des paramètres que personne ne peut citer.

La concordance, entre Béji Caid Sebsi, Président du pays, et fondateur de Nida Tounes, d’une part et le Rached Gannouchi Président d’Ennahdha, pilier du pays, et garante de la stabilité, n’arrive plus à colmater toutes les brèches, et semble prendre des rides, tant les deux «associés» n’arrivent plus, chacun de son coté, à dominer ses troupes, qui commencent dans les deux camps, à exprimer des signes de rébellion.

Toute la Tunisie s’interroge. Avec deux morts et une situation enflammée au Sud-Est, le Gouvernement Chahed, peut-il continuer, et quelle serait son espérance de vie ? Tant les guerres intestinales et les querelles au sein du Mouvement Nida Tounes, formation dont est issu Youssef Chahed, actuel Chef du Gouvernement, ne sont plus un secret pour personne, et même s’échangent sur les plateaux de télévisions.

Avec une saison touristique qui commence dans une ambiance morose, l’économie tunisienne ne semble pas donner les signes d’un décollage prochain. Chose qui complique encore la situation…

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