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Ramadan à Tunis : Rupture du jeûne en pique-nique - Majalla Magazine
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Ramadan à Tunis : Rupture du jeûne en pique-nique

Par Nasreddine Ben Hadid

Les Tunisois (habitant de la ville de Tunis) et les banlieusards, ont été pris pendant le mois du Ramadan de cette année, par une envie commune. A savoir rompre le jeûne au bord de la mer, ou en pique-nique, dans les espaces verts des alentours.

Il faut dire que la météo s’apprête bien à ce plaisir. Le début de l’été, est bien chaud et même la chaleur a été forte par moments. Chose qui a poussé les hommes, mais surtout les ménagères à préparer les plats de coutume pour ce mois saint, et aller chercher refuges, dans des lieux plus frais, surtout au bord la mer.

Le mouvement a commencé modeste, depuis quelques années, essentiellement des jeunes et surtout des célibataires, qui se contentaient de quelques achats, et même de sandwichs, mangés à la va-vite, assis sur le sable, pour arriver actuellement à des familles complètes, qui ne se gênent pas d’apporter tables et chaises, ainsi que le couvert dans sa complémentarité, sans oublier les plats que les Tunisois ont l’habitude de prendre en rupture du jeûne.

Certains ont fait de ce plaisir, une habitude, ou même un rituel, à savoir une sortie hebdomadaire, programmée même avec plusieurs autres familles parentes ou amies.

«Nous vivons dans des appartements exigus, et ça nous fait tellement bien de manger face à la mer, avec une brise tellement douce», telle a été l’explication apportée par un père de famille, qui certes reconnait l’effort à fournir et tout le dérangement qui va avec, mais avoue assumer, et surtout aimer, tant ce repas est vécu comme un soulagement, qui se poursuit toute la nuit, et ne sera conclu qu’au «Shour», repas de fin de nuit, qui donne des forces pour la journée suivante.

Ce mouvement, visible au nombre des tables et des attroupements sur la plage de la Goulette, proche banlieue de Tunis, ne fait pas que des heureux. Les voisins de ces plages se plaignent déjà du vacarme, mais aussi du comportement de certains de ces vacanciers. Sans oublier, la quantité de déchets laissée sur place par certains ou plusieurs de ces «invités»…

Les marchands des environs et surtout, les commerces proches des plages, se frottent déjà les mains. Bouteilles d’eau, jus, mais surtout pains et fruits, s’écoulent jusqu’à épuisement des stocks, poussant certains à chercher à promouvoir ce genre de tourisme, et même demander de l’inclure dans l’image touristique des plages.

Contrairement à ceux et celles qui préfèrent leurs propres plats, certains se ruent sur les restaurants du coin. Qui contrairement aux années et mêmes aux décennies précédentes, ne prennent plus leurs congés pendant le mois du Ramadan, mais plutôt, se préparent avec sérieux et engagent même des temporaires, car de l’avis d’un serveur, il faut servir tout le monde en un temps records.

L’idée germe doucement, et prendra peut-être du temps. Le «tourisme ramadanesque» n’est pas encore une activité florissante. De l’avis d’un expert et connaisseur, le mois du Ramadan, constitue un creux pour les touristes algériens et libyens, qui préfèrent observer ce mois saint à domicile, mais peut devenir et se convertir en «haute saison» et même une période de plein rendement.

Chose encourageante, un Ramadan en été, porte plus sur les vacances et les sorties. A chacun ses plaisirs, et chacun selon sa bourse. Le nombre grandissant de Tunisois, qui rompent le jeûne sur les plages est significatif. De quoi alimenter le commerce, mais surtout, toute une activité parallèle. Des jeunes qui s’improvisent en gardiens de parkings, aux loueurs des chaises et de tables, sans oublier les marchands ambulants de bouteilles d’eau ou de jus, qui en circulant entre les tables et les attroupements, donnant de l’animation à toute cette ambiance.

 

Un phénomène qui s’élargit comme une goutte d’huile, et arrive à toucher même des zones, où les gens n’avaient pour habitude de «manger en plein public». Un changement important du comportement du tunisien, qui commence depuis des années à placer ses vacances en haut de ses préoccupations, surtout en été. Avant, sortir et s’amuser, mais surtout dépenser de l’argent pour des vacances, constituaient des «dépenses inutiles». De nos jours, certains économisent et même se privent pour pouvoir passer quelques jours dans un hôtel ou même se déplacer en voiture ou en transport public, vers des lieux de villégiature.

 

 

 

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