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«Partenariat G20 Afrique, investir dans un avenir en commun», un frein aux migrations - Majalla Magazine
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Economie

«Partenariat G20 Afrique, investir dans un avenir en commun», un frein aux migrations

Berlin – Majalla

La présidence allemande du G20 a organisé ce lundi 12 juin et mardi 13 juin à Berlin une conférence intitulée «Partenariat G20 Afrique, investir dans un avenir en commun». La chancelière Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble doivent échanger ce lundi avec quelques dirigeants africains, triés sur le volet. Parmi la dizaine de pays invités par Angela Merkel, huit sont francophones. La chancelière allemande honore ainsi la promesse faite avant d’entamer la présidence du G20, qui s’achève à la fin de cette année: donner la priorité au développement de l’Afrique.
Certains ont été invités pour leurs performances économiques actuelles et leurs potentialités, d’autres se battent actuellement pour contenir la menace du terrorisme.
Tous partagent la tare de connaître une croissance économique qui n’arrive pas à réduire la pauvreté. Et en plus de ces chefs d’Etat africains, la chancelière allemande a convié la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, et le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.

Déjà en mars, lors d’un sommet du G20 Finances, les grands argentiers des principales économies du monde avaient convié leurs homologues de Côte d’Ivoire, du Maroc, du Rwanda et de Tunisie à se joindre à eux pour mettre sur pied ce partenariat baptisé « Compact with Africa ».
Cette fois-ci, à moins d’un mois du G20 de Hambourg (nord) et dans une démarche qui se veut ouverte « à tous les pays africains », le Ghana et l’Ethiopie se joignent à cette initiative et les dirigeants du Niger, d’Egypte ou encore du Mali, ainsi que le président de l’Union africaine, le Guinéen Alpha Condé, seront aussi reçus par la chancelière Angela Merkel qui ouvrira la conférence lundi après-midi.
Seul un pays du continent, l’Afrique du Sud, fait partie du G20. Et jusqu’à présent, le développement économique africain n’avait jamais vraiment été à l’agenda des principales économies mondiales.

La chancelière Angela Merkel, profitant de sa présidence du G20, a lancé, aux côtés de dirigeants africains, un appel à investir en Afrique pour notamment limiter l’émigration vers l’Europe.
« S’il y a trop de désespoir en Afrique, alors évidemment des jeunes vont se dire qu’ils vont aller chercher une nouvelle vie ailleurs », a déclaré Angela Merkel, appelant à la fois à « un partenariat économique avec l’Afrique » et à oeuvrer à la paix et la sécurité sur le continent.
La dirigeante allemande a donné ainsi le coup d’envoi à deux jours de conférence, où responsables africains et investisseurs sont censés oeuvrer de concert pour stimuler l’investissement privé dans le cadre d’une initiative du G20 baptisée « Compact with Africa ».

Pour la chancelière allemande, les flux migratoires vers le nord de la Méditerranée ne pourront se réduire que si l’Afrique se développe. Et elle veut une mobilisation des pays riches et de leurs secteurs privés pour aider à un accroissement des affaires et à la création d’emplois, sur un continent où l’instabilité chronique et la corruption freinent souvent l’arrivée des investisseurs étrangers.
Plus d’une centaine d’entreprises, notamment de banques et d’investisseurs potentiels attendent beaucoup de ce qui sortira de cette conférence de deux jours. Une conférence critiquée par certaines ONG internationales, qui craignent notamment l’accaparement des terres par les grands groupes pour développer le secteur agro-industriel, au détriment des populations africaines les plus pauvres.

Si le ministère allemand du Développement a annoncé lundi 300 millions d’euros d’aides supplémentaires aux pays notamment soucieux de lutter contre la corruption, la priorité à l’Afrique voulue par Mme Merkel ne se veut pas un plan d’aide.

« L’Afrique a besoin de l’Europe qui a à son tour a besoin de l’Afrique. Il est donc normal que les deux continents investissent dans un avenir commun, cela nécessitera des efforts de part et d’autres dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant », a réclamé Mahamadou Issoufou, le président du Niger.
Mais selon le président rwandais, Paul Kagame, « si l’aide traditionnelle est utile, elle ne va jamais être suffisante pour un développement durable » et pour cela « le secteur privé est absolument essentiel ».

Dans une Allemagne qui a accueilli plus d’un million de demandeurs d’asile ces dernières années, essentiellement de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan, et face à une Union européenne qui ne semble pas jusqu’ici en mesure de stopper l’afflux des migrants, pour beaucoup subsahariens rejoignant les côtes italiennes depuis l’instable Libye, Angela Merkel veut s’attaquer aux causes de la migration en offrant des perspectives aux populations dans leurs pays mêmes.

« Il est décisif que se construisent la paix, le bien-être, le développement et la croissance dans les pays d’origine des migrants », a également plaidé la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, dans le quotidien Handelsblatt.

La plupart des chefs d’Etat de ces pays ont figuré sur une photo aux côtés d’Angela Merkel, pour immortaliser ce qui sera une première : un mini-sommet africain initié par le G20. Il sera question d’agriculture, d’énergie et d’infrastructures de bases, comme les routes. Reste à savoir quelle part sera réservée au continent dans son ensemble, tant chaque chef d’Etat veut d’abord mettre en avant les performances et les potentialités économiques de son pays.

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