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“Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire”, spectacle de Radhouane El Meddeb - Majalla Magazine
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“Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire”, spectacle de Radhouane El Meddeb

"Ce Que Nous Sommes" de Radhouane El Meddeb (Festival d'Avignon)
Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire (Festival d'Avignon)
Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire (Festival d’Avignon)

Avignon – Majalla

La 71e édition du Festival d’Avignon se déroulera sous la direction d’Olivier Py directeur du festival depuis 2013. La programmation, très engagée, s’articule autour de l’Afrique et de la lutte pour les droits des femmes. Cette année, le Festival se déroulera du jeudi 6 juillet au mercredi 26 juillet 2017. Comme chaque année, c’est plus de trente lieux dont certains classés sur la liste du Patrimoine de l’Unesco qui seront investi par des comédiens et des comédiennes venus du monde entier.

Parmi les spectacles à ne pas manquer, “Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire”, œuvre chorégraphique produite par Radhouane El Meddeb pour le festival d’Avignon, qui sera au Cloître des Carmes  pour 5 représentations les 20, 21, 22, 24 et 25 juillet 2017.

Radhouane El Meddeb © Olivier Roller.
Radhouane El Meddeb © Olivier Roller.

Radhouane El Meddeb collabore avec Sondos Belhassem, Houcem Bouakroucha, Hichem Chebli, Youssef Chouibi, Feteh Khiari, Majd Mastoura, Malek Sebai, Malek Zouaidi, Mohamed Ali Chebil (chant) et Jihed Khmiri; Un groupe d’artistes tunisiens venant de différents horizons artistiques (danse, théâtre et musique…) qui évoluent dans un pays qui a fait sa révolution et qui continue à se battre pour aller jusqu’au bout du changement…

La Tunisie est en mutation, des formes nouvelles se sont imposées aux artistes, des envies multiples et une grande euphorie surgissent. Radhouane se confrontera à cette nouvelle réalité, à un nouveau pays, à des artistes libres, aujourd’hui engagés politiquement et impliqués dans cette construction. Cette pièce, une première, tissera un lien entre l’histoire personnelle de Radhouane et celle des artistes vivant aujourd’hui en Tunisie.

En 1996, Radhouane El Meddeb a quitté son pays, la Tunisie, pour venir s’installer en France et s’épanouir en tant qu’artiste, enfin face à lui-même mais loin des siens qui subissaient encore l’oppression sourde du régime de l’époque. En Tunisie, aujourd’hui, le tyran est dehors, chassé par les cris d’une jeunesse qui ne voulait plus se soumettre. C’est pourquoi il a décidé de revenir, et d’embrasser, complètement, ce pays qui l’a vu naître afin de mieux renouer avec lui.

Radhouane se confie “J’ai quitté mon pays, La Tunisie, en 1996, pour m’installer en France, et vivre de ma passion, le théâtre, échapper ainsi à toutes formes d’autorités, me libérer. […]Je décide aujourd’hui de « rentrer », avec mon nouveau langage, avec mon nouvel être, dans ce pays qui change, que je connais si mal. Comme une réconciliation, ce voyage est douceur, mais il est aussi un moyen de se dépasser et de pousser les limites, encore une fois, comme on passe des frontières, comme on joue avec les identités. C’est aussi une consolation, ce geste troublant de se prendre dans les bras, de se laisser remuer par les autres qui consolent.” (La Compagnie de Soi)

Ce n’est pas tous les jours qu’un artiste tunisien et pas des moindres est produit par le festival d’Avignon et ce n’est pas facile d’accéder au prestigieux cercle des créateurs qui se produisent sur les scènes des plus importantes plateformes de théâtre au monde. Sauf que Radhouane El Meddeb n’est pas un artiste ordinaire, son regard sur le monde, ses variations artistiques, sa sensibilité doublée de rigueur et de professionnalisme lui ont valu plus d’un succès et surtout de la reconnaissance à l’échelle internationale.

En avril 2015, son spectacle Heroes, prélude, une première forme de 20 minutes, a été présenté au Panthéon, qui accueille pour la première fois de la danse contemporaine. Radhouane avait travaillé avec des Breakers, vogueurs, hip-hopeurs ; son regard a été attiré par la pulsion de vie de leurs mouvements vifs, de leurs désirs aiguisés. Il a tenté de comprendre ce qui se joue sur cette scène de bitume étrangère à son univers poétique, dans ce cercle improvisé où ils se jettent, fragiles, parfois perdus, à la recherche de l’autre. S’appuyant sur les détails de cette vitalité qui a déplacé sa vision de la danse, il a créé un spectacle, au titre si poétique,  avec neuf de ces héros acharnés de danse urbaine «Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire»

Des hommes, des femmes tournés vers la mer. Ils regardent, s’adressent à cet espace à la fois réel et fictionnel, à cette culture du littoral qui du Liban ou de la Tunisie placent les êtres face à une immensité que l’on fête, accable ou rêve… La mer que l’on contemple, ce sont aussi ces rangées de spectateurs à qui l’on s’adresse mais que l’on ne voit plus. “Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire” est l’histoire d’un homme, d’un Tunisien mais aussi français qui raconte une identité multiple.

“Je vais me mettre face à la mer, là où les larmes deviennent des éclats de rire, je vais entrer dans les profondeurs du pays, là où je ne me suis jamais aventuré. Je veux partir à la rencontre, me fondre, connaître et rencontrer les êtres qui ont fait l’histoire, ceux qui vibrent au rythme de la Tunisie d’aujourd’hui, dont je me sens à la fois si loin et si proche.”, confie Radhouane. (La Compagnie de Soi)

Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire est une tentative de retour par l’art, un cri pour affirmer que la douleur du partir n’atteint jamais l’amour des origines.

 

Formé à l’institut supérieur d’art dramatique de Tunis, Radhouane El Meddeb collabore avec Fadhel Jaîbi, Taoufik Jebali et Mohamed Driss, puis développe son univers de chorégraphe en France pour signer sa première création en 2005, Pour en finir avec MOI, un solo en forme d’introspection intime. Après de nombreuses collaborations théâtrales, en faisant le choix de passer du théâtre à la danse, il crée plusieurs solos tels Quelqu’un va danser… et Je danse et je vous en donne à bouffer. Suivront un solo en collaboration avec le chorégraphe Thomas Lebrun et, en 2014, une deuxième pièce de groupe, Au temps où les arabes dansaient…. En 2015 et 2016 il crée successivement Heroes, prélude et Heroes, ainsi qu’une pièce hommage à son père.

“Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire”, œuvre chorégraphique produite par Radhouane El Meddeb pour le festival d’Avignon et produite par La Compagnie de Soi, sera au Cloître des Carmes  pour 5 représentations les 20, 21, 22, 24 et 25 juillet 2017.

"Ce Que Nous Sommes" de Radhouane El Meddeb (Festival d'Avignon)
« Ce Que Nous Sommes » de Radhouane El Meddeb (Festival d’Avignon)
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