• Edition actuelle

Sport

Sport et chaleur, danger !

Paris – Majalla

Une question de bon sens ! Aller courir l’après-midi ces derniers jours était juste inconscient. Et pourtant, des joggeurs ont pu être aperçus sur le bord des routes. Une pratique d’autant plus dangereuse que le macadam, sombre, absorbe la chaleur et la restitue au coureur. Un problème se posant moins pour les cyclistes, qui n’ont pas de contact direct avec la route. Quelle que soit la discipline, l’heure est à la prudence, comme le rappelle le Docteur Patrick Poppe, médecin du sport à Amiens : «  Tous les sports de longue durée sont déconseillés. Endurance, footing, on risque le coup de chaleur et la déshydratation.  » Qui peut entraîner, en cas extrême, une insuffisance rénale. «  Pour les sprints en revanche, la chaleur est plutôt favorable à la performance et il y a moins de risque de blessure car les muscles sont déjà chauds, poursuit le Docteur Poppe. Il vaut mieux faire du sport le matin très tôt ou le soir, à la fraîche. D’autant qu’en pleine chaleur, on est souvent proche des pics de pollution. Et surtout, retenir pour les sportifs amateurs qu’on ne court pas en pleine chaleur en pensant perdre du poids car on transpire plus !  » Ne pas courir torse nu, s’hydrater… avec de l’eau, «  à laquelle on peut ajouter un peu de sel mais uniquement pour les efforts de longue durée. L’eau suffit amplement  ». Autant de conseils toujours utiles à rappeler.

Les risques des longs voyages

Qui dit été dit vacances et, pour certains, n’hésitent pas à choisir des destinations lointaines ayant pour conséquence un long voyage en train, voiture, avion ou bus. Or, pendant ces voyages longs, la position assise est prolongée pendant plusieurs heures et les jambes sont donc immobilisées sur une longue durée. Cette situation peut provoquer un risque de phlébite, appelée aussi thrombose veineuse profonde.

Cette affection est due à la présence d’un caillot de sang dans une veine, le plus souvent des membres inférieurs, lorsque la circulation sanguine se fait difficilement. Il y a alors un risque important d’embolie pulmonaire et le caillot peut également boucher la veine complètement, entraînant douleur et œdème de la jambe touchée. A noter qu’en avion, le risque est encore plus fort, car la pression basse en cabine favorise le gonflement des jambes.

Ainsi, « la probabilité de développer une phlébite lors d’un voyage en avion est multipliée par 2,81 chez une personne en bonne santé, quel que soit le temps de vol. Le risque augmente ensuite de 26% toutes les 2h de vol et il est également multiplié lors de vols successifs », informe la Fédération Française de Cardiologie.

Quelles bonnes habitudes adopter? En prévision d’un long voyage sans bouger les jambes, le port de chaussettes de contention et de vêtements amples est à privilégier. Il faut également boire très régulièrement car la déshydratation renforce ce risque, en provoquant une concentration accrue du sang qui s’épaissit. Enfin, il est recommandé de marcher au minium toutes les deux heures dans l’avion ou le train et ne pas hésiter à faire des pauses lors de voyages en voiture. Si les déplacements ne sont pas possibles, il faut penser à réaliser des mouvements de flexion extension des jambes et des chevilles.

Eviter le coup de chaleur

Pendant une période de fortes chaleurs, il faut être vigilant en cas de maux de tête, nausées, crampes musculaires, confusion mentale… qui peuvent être le signe d’un coup de chaleur, lié à l’exposition prolongée. Cette affection pouvant entraîner des conséquences graves, il faut appeler le 15 sans tarder et rafraîchir la personne souffrante en attendant les secours. Généralement le coup de chaleur touche les personnes âgées et/ou ayant perdu leur autonomie, prenant des médicaments susceptibles de perturber l’adaptation du corps à la chaleur ou ayant fait un gros effort physique par temps chaud.

Quelles bonnes habitudes à adopter? L’hydratation étant primordiale, il est important de se munir d’une bouteille d’eau en quantité suffisante. Dans le cas du coup de chaleur, la personne voit sa température corporelle augmenter et ne peut plus la maintenir à 37°C, le meilleur moyen consiste à se passer des linges frais et humides sur le corps et d’équiper les pièces de ventilateurs. Les sorties entre 12h et 16h soit à éviter, de même que les efforts physiques. Même en dehors de ces horaires, il est recommandé de porter des vêtements légers, amples et de couleur claire, un chapeau et des lunettes de soleil à haut indice de protection.

Pratiquer du sport… à certaines conditions

L’été est une bonne occasion de se remettre au sport ou de profiter du beau temps pour effectuer des séances à l’extérieur, sur la plage par exemple. Mais activité physique et chaleur ne font pas bon ménage. La FFC rappelle ainsi qu’il « est important de le faire de manière progressive, afin d’éviter un effort trop soutenu et brutal. » En effet, pratiquer une activité physique en plein soleil peut entraîner des accidents graves et même mortels, comme la déshydratation ou le coup de chaleur. Un sportif, même habitué et en bonne santé, peut connaître ce risque car en transpirant, il perd beaucoup d’eau et de sel et sa température corporelle augmente.

Apéro, barbecue, pique-nique… gare au sel

L’été est aussi une période favorable à la hausse de la consommation de produits très riches en sel: charcuterie, chips, cacahuètes, etc. Or, si le sel est important pour l’organisme (il permet de contrôler tout le système hydrique du corps), sa consommation en excès favorise l’hypertension artérielle, l’un des principaux facteurs de risque d’infarctus du myocarde et d’Accident Vasculaire Cérébral (AVC). Elle contribue également à renforcer le risque de rétention d’eau ou d’ostéoporose. L’apport journalier recommandé par l’OMS est inférieur à 6g par jour, alors que sa consommation atteint fréquemment plus de 10g chez l’adulte.

Quelles bonnes habitudes à adopter? Sachant qu’on trouve 1g de sel dans 3 tranches de saucisson, dans une poignée de chips ou de biscuits apéritifs, dans quatre tranches de pain ou encore une part de pizza, mieux vaut préparer soi-même ses apéros et ses repas à partir d’aliments frais. Au lieu de la pincée de sel pour relever le goût des plats, les herbes aromatiques, épices ou aromates peuvent être privilégiés (curcuma, cumin, paprika, poivre, noix de muscade). Le sel de table peut aussi être remplacé par du sel diététique. « Parlez en à votre pharmacien ou à votre médecin généraliste qui saura vous conseiller », fait savoir la FFC.

Bien faire attention à ses médicaments

Avec le changement de rythme qui caractérise souvent la période estivale (journées plus longues, vacances, voyages, décalages horaires), la prise d’un traitement médicamenteux peut être perturbée. Les personnes ayant une maladie cardiovasculaire ou une hypertension artérielle doivent poursuivre leurs traitements en cours et consulter impérativement un médecin si des symptômes anormaux surviennent.

Car « le succès du traitement repose en grande partie sur sa continuité, même en vacances. », précise la FFC. Par ailleurs, certains médicaments sont sensibles aux fortes chaleurs, surtout s’ils sont exposés au soleil. Comme le précise l’ANSM*, « l’exposition à des températures élevées, pour des périodes plus ou moins prolongées, peut aussi avoir une incidence sur la conservation des médicaments, particulièrement ceux nécessitant des précautions particulières de stockage et de conservation. »

D’autres médicaments (diurétiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens, anti-épileptiques…) peuvent aussi aggraver un syndrome d’épuisement-déshydratation ou un coup de chaleur par roubles de l’hydratation, altération de la fonction rénale ou perturbation de la thermorégulation. C’est pourquoi, avant de partir en voyage, un point avec son médecin est plus que recommandé.

Quelles bonnes habitudes à adopter? Il faut anticiper l’impact d’un décalage horaire éventuel sur les horaires de prise de médicaments, prévoir le bon nombre de boites, et les conserver à proximité, même pendant le trajet. Enfin, pour un long voyage, le dossier médicaments et les ordonnances doivent faire partie des documents à emporter. Pour limiter les effets de la chaleur, il est conseillé par mesure de prudence de les transporter dans un emballage isotherme non réfrigéré et de ne pas les laisser dans des coffres ou habitacles de voitures exposées en plein soleil.

Privilegier les zones boisées

Athlète à l’Amiens UC et étudiante en médecine, Mélanie Doutart, victorieuse de la Transbaie et de la Jules-Verne, a adapté son entraînement. «  J’attends qu’il fasse le plus frais possible, je vais courir vers 21h30 ou 22 heures. On peut aussi privilégier les endroits plus ombragés comme les chemins boisés. » Même en fin de journée ou en début de soirée, les températures restaient lourdes ces derniers jours. Le mot d’ordre : la raison. Inutile de vouloir battre des records ou d’aller puiser dans ses ressources, sous peine de risquer gros. «  Il faut vraiment se limiter, reprend Mélanie Doutart. Et penser à des choses qui semblent évidentes comme ne pas porter de couleurs sombres, pour éviter de garder la chaleur, penser à une casquette, une protection solaire si c’est déjà ou encore nécessaire le matin ou le soir. Musculairement, on récupère beaucoup moins bien, on a plus de fatigue. » De l’eau, des vêtements clairs… et une alimentation adaptée. Si les grosses chaleurs vous donnent plus des envies de barbecue que de salades et de fruits

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *