BETA MODE
Festivals d’été en Tunisie : Chaud le jour, show le soir - Majalla Magazine
  • Edition actuelle

Culture

Festivals d’été en Tunisie : Chaud le jour, show le soir

Spectacle de musique traditionnelle soufie de Tunisie 'Ziara' à la place de la Kasbah en Tunisie, le 21 juin 2017 (Getty)

 

Spectacle de musique traditionnelle soufie de Tunisie 'Ziara' à la place de la Kasbah en Tunisie, le 21 juin 2017 (Getty)
Spectacle de musique traditionnelle soufie de Tunisie ‘Ziara’ à la place de la Kasbah en Tunisie, le 21 juin 2017 (Getty)

Par Chokri Ben Nessir

Soleil à foison, éclaboussures de couleurs, effluves parfumés de la Méditerranée, une mer azur, des plages sablonneuses, des parcs pour se divertir à longueur de journées de mille et une manières différentes car s’il fait toujours chaud le jour en Tunisie, grâce aux festivals, il fait show le soir.

En effet, les amateurs des sorties vespérales et culturelles n’ont que l’embarras du choix pendant cet été en Tunisie, entre une multitude de festivals et de carnavals. Qu’importe la canicule du jour, une brise de fraîcheur nocturne ponctuée de notes, de tempos et de rythmes fait vibrer les festivaliers au grès des milliers de décibels qui font monter la sauce jusqu’à une heure tardive de la soirée.

C’est ainsi que les deux mois d’été, sont par coutume réservées aux veillées et aux sorties vespérales.  Et c’est d’ailleurs pourquoi, comme à l’accoutumée, à l’approche de l’été, presque toutes les villes de la Tunisie se parent de leurs plus beaux atours pour accueillir des festivals. Tunis, Hammamet, Monastir, Sousse, Bizerte… Autant d’escales programmées pour accueillir, à bras ouverts, théâtre, chant et musique. Le ton a déjà été donné pour certains festivals comme celui de Carthage et de Hammamet qui soufflent cette année leur 53è bougie.

Ces manifestations ont le mérite de revaloriser le patrimoine, de donner une meilleure place à la culture et partant d’animer, tout au long de l’été, des villes et des espaces.

Car d’un point de vue purement économique, on ne peut aujourd’hui nier les effets positifs de l’existence d’une activité culturelle  à fort attrait touristique sur un territoire. Qu’il s’agisse de la mise en valeur d’un site patrimonial ou d’une manifestation tel un festival, nombre d’études ont montré, sans pouvoir forcément les mesurer avec précision, les effets d’entraînement de telles activités qui favorisent aussi de façon induite la multiplication de recettes dans l’hôtellerie et la restauration, l’installation d’unités économiques de soutien aux activités (brasseries, vente de souvenirs, etc…), et entraînent une hausse de l’emploi local. Hormis ces retombées économiques les plus lisibles des activités culturelles sur les territoires, le culturel a un autre effet intimement corrélé au développement d’un territoire et à l’amélioration du cadre de vie : essor de la diffusion et de la pratique artistiques-, rôle éducatif, facteur de cohésion sociale et de citoyenneté, élément d’un aménagement plus harmonieux du territoire, valorisation de son identité et de son image. Le culturel devient, donc une nécessité pour le développement local. Il est parfois même une anticipation de celui-ci.

Car, la culture est d’abord un service rendu aux usagers contribuables, au même titre que les autres services publics. En effet, conçue comme un facteur d’animation d’un bassin de vie, d’embellissement, de structuration des espaces urbains ou régionaux, de requalification des quartiers ou de sites dégradés, les festivals peuvent aussi permettre d’améliorer la qualité et le cadre de vie.

La culture peut, à ce titre, représenter un puissant critère d’implantation des entreprises et donc de développement économique.  Ainsi, les acteurs locaux qui ont bien compris qu’en favorisant de nouvelles synergies entre le social, l’économique et la culture, savent qu’il est possible de parvenir à un développement plus équilibré.

Spectacle de musique traditionnelle soufie de Tunisie 'Ziara' à la place de la Kasbah en Tunisie, le 21 juin 2017 (Getty)
Spectacle de musique traditionnelle soufie de Tunisie ‘Ziara’ à la place de la Kasbah en Tunisie, le 21 juin 2017 (Getty)

Mais au regard des enjeux d’un développement de l’éducation artistique et culturelle, plusieurs pistes sont ouvertes pour former les publics de demain, initier un rapport intime et chaleureux à la culture et contribuer à la construction de la personne.  Elles impliquent toutes que le travail de l’artiste  soit reconnu comme une composante professionnelle de son métier d’artiste, avec toutes les conséquences qui en découlent. En effet, le développement de l’éducation artistique et culturelle est une priorité politique nationale à laquelle on attache la plus grande importance, parce qu’elle participe à la formation de la personne et du citoyen. Et comme c’est bien la formation des enfants et des jeunes envisagés en tant que tels, et non pas seulement en tant que futurs adultes et futurs spectateurs ou amateurs d’œuvres, qui est en jeu qu’il faudrait favoriser la circulation des spectacles. A travers les festivals, c’est bien toute la sphère de la création artistique qui se trouve offerte à la curiosité et à l’intérêt de ce jeune public.

À Sfax, EL Jem, Tataouine, Ben Guerdane ou encore Remada, dans toutes les villes du pays, l’été sera doux, caressé par la brise de l’amitié et par des festivals qui gagnent, d’année en année, en maturité et en savoir-faire. Tous ces festivals, désormais synonyme d’un d’une culture rayonnante, ne demandent plus qu’à s’épanouir et à grandir pour que la fête revête la dimension qui lui sied le mieux pour le plus grand bonheur des festivaliers qui vont partager avec les vedettes et les artistes de tous bords, des fragments de vie, de bonheur simple et des trésors de sensations, de frissons et d’émotions.

 

 

 

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *