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L’Immaculée conception d’El Greco pour la première fois en France

L'Immaculée conception d'El Greco au musée Paul Valéry de Sète (Getty)

 

L'Immaculée conception d'El Greco au musée Paul Valéry de Sète (Getty)
L’Immaculée conception d’El Greco au musée Paul Valéry de Sète (Getty)

Sète – Majalla

Evénement à Sète, du 24 juin au 1er octobre, le musée Paul Valéry expose une oeuvre majeure du peintre Le Greco. C’est la première fois que « l’Immaculée conception » est visible en France, elle n’a quitté l’Espagne que 2 fois en 400 ans. La toile est arrivée le mercredi dernier… A découvrir !

« L’Immaculée conception » a été peinte entre 1608 et 1613, dans les dernières années de la vie de Greco. Elle mesure 3m47X1m74. Il s’agit d’une œuvre majeure du peintre espagnol Le Greco considérée comme son testament artistique. À Sète, elle est exposée dans une salle ouverte sur la Méditerranée et dominant le cimetière marin, lieu de sépulture de la bourgeoisie locale où repose notamment le poète Paul Valéry. Devant la toile du Greco se trouvent dix profonds canapés blancs dans lesquels les visiteurs peuvent la contempler à loisir. Des salles attenantes offrent plusieurs éclairages sur l’œuvre et l’artiste.

Ce chef-d’œuvre, commandé pour le maître-autel de la chapelle Oballe de l’église San Vicente de Tolède, représente dans une vertigineuse composition ascensionnelle, la Vierge Marie, entourée d’anges musiciens, de chérubins et de Saint-Jean l’Évangéliste.

Vêtue d’une tunique rouge et d’un manteau bleu, elle forme un trait d’union entre un espace céleste dominé par la colombe du Saint-Esprit et le monde terrestre représenté par une vue de Tolède.

Cette toile est d’une grande modernité et marque la volonté d’insuffler un élan et une dynamique à la peinture.  « Qu’il s’agisse des mouvements ascensionnels, du jeu des contrastes, du traitement de la lumière, des coups de pinceaux  vertigineux dans cette oeuvre et d’une modernité extraordinaire », analyse encore la conservatrice.

Le musée Paul Valéry propose aussi une reconstitution en trompe-l’œil du retable de la chapelle Oballe de Tolède pour lequel cette œuvre a été réalisée.

La toile est considérée par les experts comme un «testament esthétique» de Doménikos Theotokopoulos, dit El Greco, né en Crète en 1541, alors que l’île était sous domination vénitienne.

Le Greco avait techniquement 300 ans d’avance et inspira de nombreux peintre de la fin du XIXe et début du XXe siècle.

La toile est la propriété du musée de Tolède en Espagne et n’a franchi que 2 fois les frontières espagnoles pour aller à New York et en Allemagne. C’est la première fois qu’elle est exposée en France.

Aborder l’oeuvre autrement 

Une fois n’est pas coutume, ce tableau est la seule et unique pièce présente dans la salle où il est présenté. Le musée Paul-Valéry lui consacre toute une exposition spéciale, avec une installation faite pour pouvoir contempler l’oeuvre dans les moindres détails.

Un moyen de se concentrer sur la «contemplation» d’une seule toile, selon la directrice du musée.

L’Immaculée conception du Greco, habituellement exposée au Musée de Santa Cruz de Tolède, en Espagne, inaugure ainsi un «nouveau concept d’exposition», centré sur la «contemplation» d’une seule toile, explique Maïthé Vallès-Bled, la directrice du musée situé à mi-hauteur du Mont Saint-Clair, plongeant dans la Méditerranée.

Conçue autour de l’oeuvre, la muséographie permet au visiteur de s’installer pleinement dans le tableau et de comprendre tous les détails de création. « Il s’agit de permettre au public de regarder autrement une oeuvre d’art, de prendre le temps et d’être accompagné dans cette prise de temps par un ensemble d’éléments », souligne Maïthé Valles-Bled, conservateur du Musée Paul Valéry. Des films et des textes, abordent la toile sous différents aspects, technique, historique ou encore esthétique.

Le public peut profiter d’une visibilité optimale, soit confortablement assis dans des fauteuils et canapés permettant de prolonger à souhait la contemplation, soit en se déplaçant face à l’œuvre pour mieux en percevoir la dynamique.

«Il est fondamental que les musées proposent aux visiteurs de prendre le temps de regarder une œuvre», souligne la conservatrice, visiblement lasse de voir des visiteurs passer à toute vitesse devant des toiles en les prenant mécaniquement en photo sans les regarder. «L’œuvre est irremplaçable, unique, fourmillante de symboles, de discours, de matière…», remarque-t-elle.

Maïthé Vallès-Bled a souligné qu’elle «tenait à commencer ce nouveau concept d’exposition avec Greco», un peintre qui a voulu «transmettre le mouvement» et a notamment influencé des «artistes de la modernité» tels que Picasso et ses Demoiselles d’Avignon.

 

Sa présentation au musée Paul Valéry de Sète, au Rue François Desnoyer 34200 Sète, du 24 juin au 1er octobre, est un événement artistique exceptionnel à ne surtout pas rater !

 

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