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Imed Hammami: les indices de développement et de l’emploi sont en progression continue en Tunisie - Majalla Magazine
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Imed Hammami: les indices de développement et de l’emploi sont en progression continue en Tunisie

Imed Hammami

 

Imed Hammami
Imed Hammami

Tunis – Boubaker Ben Amor

Imed Hammami, Ministre Tunisien de la Formation Professionnelle et de l’Emploi, annonce que le chômage dans son pays, a régressé de 20% en 2011 à 15% actuellement, et on s’attend à ce que cette tendance continue, avec un recul d’un point chaque année, pour représenter 12% en 2019. A ajouté aussi, que le pays connait une progression graduelle du développement dans les régions intérieures déshéritées, à travers le soin porté à l’infrastructure, l’encouragement des investisseurs aussi bien tunisiens qu’étranger. Aussi, encourager les jeunes à lancer leurs propres projets, et ne plus compter sur l’emploi public, suite l’arrêt du recrutement.

Imad Hammami, Ministre de la Formation Professionnelle et de l’Emploi, annonce, dans une interview exclusive à «Majallah», que ce qu’a été accompli pendant les six dernières années, dans les secteurs du développement et de l’emploi, est très important, et est de loin meilleur de ce qu’a été accompli avant la Révolution, et espère une amélioration des indices du développement de l’emploi, en Tunisie, pour les prochaines années.

Dont voici le texte intégral de l’interview :

Après plus six ans de la Révolution, les demandes d’emploi et de développement restent en suspension à ce jour, soulevant des contestations dans les régions. Est-ce que la crise est si complexe ? Pourquoi les gouvernements successifs ont-ils failli à répondre à ces requêtes ?

Les requêtes d’emploi et de développement restent d’actualité et le seront pour un temps, car nous avons hérité de l’ancien régime 800 mille chômeurs. Aussi, il y avait une exclusion systématique des régions intérieures pendant des décennies. Ces difficultés et ce décalage entre les régions au niveau du développement, ainsi que le nombre élevé de chômeurs, ont rendu notre mission difficile, à offrir de l’emploi à 800 mille chômeurs en un temps si court. Surtout que les universités mettent sur le marché du travail chaque année un nombre grandissant. Malgré cette augmentation, le taux du chômage, est passé de 20% en 2011, à 15% actuellement. Ceci dénote les exploits accomplis, dans l’intégration des jeunes dans le marché du travail. Nous cherchons à faire baisser ce taux dans quelques années à 5%, si nous pouvions mettre le pays sur les rails des grandes réformes, qui accordent une grande importance à l’emploi. Nous visons à faire baisser ce taux d’un point chaque année, pour le porter à 12% en 2019.

Concernant le développement dans les régions intérieures, le Gouvernement d’Union Nationale, se penche réellement sur le dossier, et nous constatons une avancée graduelle. Un ensemble de décision ont été prises au profit des gouvernorats à l’instar de Jendouba, Gafsa, Tataouine, Médenine et Kébili, ainsi que d’autres régions qui seront concernées par ces décisions dans le domaine du développement. Par souci de d’organiser le travail gouvernemental, il a été décidé de charger un ministre de superviser l’avancée du développement pour chaque gouvernement. Accompagné d’une équipe, composée de représentants de tous les ministères, pour lui être de soutien, et participer à résoudre tous les problèmes. Il y a une équipe pour diriger et suivre, afin que les décisions soient réalistes et applicables, avec le budget adéquat et un temps d’exécution précis, et fassent le sujet d’une application rigoureuse. Tout ceci pour que les promesses ne restent pas vaines. De la sorte, le Gouvernement peut reprendre la confiance du citoyen. Sachant que ce qu’a été accompli dans le domaine du développement pendant les six dernières années, ne l’a pas été pendant la décennie qui a précédé la Révolution. Chose que prouvent les chiffres. Les régions intérieures ont bénéficié après la Révolution d’un apport nettement supérieur à celui reçu de l’indépendance en 1956 jusqu’à 2011.

Les chiffres enregistrés au cours des dernières années, ont contribué à la croissance et l’amélioration de divers indices (balance commerciale, chômage, revenus du tourisme, production agricole, exportation, retour de la production du phosphate et énergie) depuis le début de l’année en cours à ce jour. Il est demandé de poursuivre cet élan pour que réussisse la Tunisie, comme a réussi le processus démocratique à mettre le pays sur les rails des grandes réformes, selon la vision qui a rassemblé les parties du l’Unité Nationale, qui se composent de sept partis politiques et trois grandes organisations nationales. Nous espérons une amélioration des indicateurs ainsi que des opportunités d’emploi dans les prochaines années.

A combien s’élève le nombre des chômeurs ? Et quelles solutions proposez-vous pour le réduire?

Le nombre de chômeurs au début de l’année 2011 se situait au environ de 800 mille jeunes. Mais ce chiffre est descendu maintenant à 600 mille, dont 220 mille diplômés universitaires. Cette année, nous avons créé le programme «contrat de la dignité», et concerne les titulaires de diplômes d’études supérieures, et dont ont bénéficié 25 mille jeunes en première phase. Nous devons ajouter 25 mille autres bénéficiaires de chômeurs de longues dates. Nous œuvrons actuellement dans le but d’assurer un travail décent à travers des programmes spéciaux à l’instar de «contrat de la dignité», ou «ma chance», ainsi que l’encouragement de toute initiative individuelle, la sensibilisation à l’importance du lancement des projets, l’amélioration de la formation professionnelle, et le développement des compétences. A cet effet, a été créé un Secréterait d’Etat chargé de la sensibilisation à l’importance du lancement son propre projet. Ainsi qu’accompagner les jeunes tout au long des étapes de mise en œuvre et leur fournir le financement nécessaire.

Que-ce-que l’Etat a préparé comme incitations et facilités pour encourager les jeunes à lancer des projets?

Nous avons déjà porté un apport à cet objectif en supprimant l’autofinancement, ainsi que la mise en place d’institutions de financement, aussi bien des banques, des associations, que des fonds d’investissement. Existent aussi des investissements venant de l’étranger, que nous sommes en train d’orienter vers les microentreprises récentes. Toute cette action dispose du soutien financier et de l’encouragement du gouvernement.

De quelles chances disposent les régions intérieures des programmes de l’emploi ? L’infrastructure dispose-t-elle d’une attention particulière, qui doit encourager les investisseurs à se diriger vers ces régions et y investir, et participer par conséquence à la création de l’emploi ?

Les régions intérieures en Tunisie, jouissent du même intérêt et encouragements, dont disposent les régions côtières. Même plus, nous opérons une discrimination positive au profit des régions défavorisées où existent des projets spéciaux propres aux régions internes. Concernant l’infrastructure, le plan quinquennal de développement, que le Parlement a approuvé au début de l’année, a programmé plusieurs projets de grande envergure, qui visent tous à améliorer les infrastructures dans ces régions, ainsi que briser l’isolement et d’y instaurer un climat d’investissement, sans délaisser les pôles économiques et les villes côtières. Le Gouvernement offre actuellement plusieurs incitations et encouragements pour les investisseurs qui souhaitent lancer des projets à l’intérieur du pays, loin des côtes. Ces incitations concernent le coût de la main-d’œuvre, ainsi que la contribution aux impôts, la couverture sociale, et concerne aussi bien les investisseurs tunisiens qu’étrangers. Nous souhaitons la bienvenue à tous ceux qui veulent investir en Tunisie. Notre pays disposent de plusieurs caractéristiques qui en fait, un grand pôle d’investissement, garantissant tout dont peut avoir besoin un investisseur.

On évoque depuis un certain temps, la création d’une «banque pour les régions». Quel rôle pour cette institution. Ou en est l’opération de lancement ?

Suite à l’abandon du projet par le précédent gouvernement (Gouvernement de Habib Essid), l’actuel Gouvernement d’Union Nationale décide de le relancer. Une banque dont vont bénéficier les régions déshéritées essentiellement, et sera active en 2018. Elle sera proche des régions et apportera des réponses rapides. Et constituera le moteur de développement sur la base des spécificités de chaque région. Chose qui va réduire les inégalités.

Des éclaircissements si possible, concernant les programmes « ma chance» et «contrat pour la dignité» et comment évaluiez-vous leurs efficacités et leurs rôles dans la réduction du chômage?

L’idée du programme «ma chance» est le résultat des études d’évaluation, qui ont confirmé l’existence de centaines de milliers d’offres d’emploi qui sont difficiles à pourvoir pour manque des spécifications requises chez les jeunes. La philosophie de ce programme réside dans le fait que chaque jeune dispose d’une opportunité de formation dans la spécialisation requise, afin de pouvoir diriger le projet et le faire réussir. Ce programme concernait au début deux gouvernorats mais s’est étalé à tout le pays actuellement. Il dure entre 12 et 18 mois. Le jeune recevra pendant cette période une prime de 150 dinars (50 dollars).

Le programme «contrat pour la dignité», a débuté cette année avec une vision nouvelle et innovante. Il met comme son nom l’indique, le point sur l’importance de l’emploi, comme était un élément fondateur de la dignité de l’individu. Ce programme est venu aussi fournir une solution pour les jeunes qui ne peuvent rejoindre la fonction publique. Il concerne les titulaires de diplômes, qui ont vécu un long chômage, dont le nombre selon les évaluations est de 70 mille, avec des périodes de chômage dépassant les 10 ans pour plusieurs. Nous avons décidé d’inclure dans «le contrat pour la dignité» ceux qui vivent un chômage entre deux et dix ans au moins. Avec 1200 contrats pour chaque gouvernorat, de quoi offrir des opportunités pour les régions intérieures, qui disposent d’un nombre inférieur d’habitants par rapport aux régions côtières. Nous avons alloué 3% pour les titulaires d’un handicap. Nous avons décidé une parité entre les deux sexes pour l’octroi des contrats. Aussi ce contrat obéit au Code de Travail, et aux législations régissant les relations de travail. Il assure un salaire, dont l’Etat assume les deux-tiers et revient à l’employeur d’assumer le reste. L’Etat assume les charges sociales et fiscales. De la sorte, toutes les parties seraient bénéficiaires (le jeune chômeur, l’employeur et l’Etat).

Les universitaires tunisiens déversent depuis années des milliers de jeunes diplômés, avec des spécialités à qui le marché ne peut offrir des débouchés, en contrepartie de pénuries dans d’autres secteurs  (la construction, l’agriculture, etc.). La question nécessite une connexion entre la formation et les besoins du marché du travail au profit de l’intérêt de l’entreprise et du demandeur de l’emploi. Avez-vous pensé à une solution à ce problème?

Nous sommes actuellement au stade du développement de la vision théorique de la réforme de la formation professionnelle. Nous procéderons à la mise en œuvre de cette réforme au début de la prochaine année scolaire. Un plan qui tient compte des besoins du marché du travail et de la qualité de la formation. Chaque institution de formation est libre de déterminer les besoins de formation en coordination avec les parties concernées. Avec l’instauration du principe de la formation à vie, et de se concentrer sur le côté pratique dans la phase de formation à travers l’intensification des stages.

Travaillez-vous sur l’idée de «l’exportation» de la main d’œuvre tunisienne et s’il y a une demande concernant les compétences tunisiennes?

La Tunisie regorge de capacités hautement qualifiées dans toutes les disciplines, aussi bien en diversité qu’en qualité. A cet effet, nous satisfaisons en continuité les besoins de nos frères des pays du Golfe Arabe en main d’œuvre. Ainsi que pour des pays européens, avec qui nous avons signé des accords, qui concernent même le travail saisonnier. Il y a des demandes émanant de l’Amérique du Nord et de l’Australie. Nous exportons aussi, nos compétences en matière de formation professionnelle pour des pays africains et un nombre de pays arabes.

Il est connu en Tunisie, que la corruption gangrène toutes les institutions. Votre ministère est-il concerné par cette guerre déclenchée contre la corruption et les corrompus ? Disposez-vous de dossiers de corruption ?

Oui, nous disposons de dossiers de corruptions. Nous avons traité les petits et moyens dossiers par le biais de décisions administratives. Tandis que nous avons transmis les gros dossiers à la Présidence du Gouvernement, qui concernent des malversations financières et administratives. Avec des soupçons de corruption pour un certain nombre de dossiers.

Comment voyez-vous le futur de l’emploi en Tunisie ?

La priorité en Tunisie concerne la réussite dans la guerre contre le terrorisme, et la guerre contre la corruption, ainsi que le soutien à l’investissement. Je pense que nous ne manquons pas d’idées, de programmes et de projets, par le biais desquels nous pouvons fournir des emplois à tous les Tunisiens.

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