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Pouvoir et non despotisme : Royautés stables dans une zone de sables mouvants - Majalla Magazine
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Pouvoir et non despotisme : Royautés stables dans une zone de sables mouvants

Mohammed Ben Salman Ben Abdelaziz, nouveau prince héritier du Royaume d'Arabie Saoudite (Getty)

 

 

Mohammed Ben Salman Ben Abdelaziz, nouveau prince héritier du Royaume d'Arabie Saoudite (Getty)
Mohammed Ben Salman Ben Abdelaziz, nouveau prince héritier du Royaume d’Arabie Saoudite (Getty)

Jeddah : Youssef Eddini

Comment lire l’événement saoudien qui a fait la une des écrans de télévision, et sites d’information, ainsi que des plateformes des forums sociaux, sous un angle politique ?

En introduction, force est de présenter une distinction conceptuelle et méthodologique importantes, entre pouvoir et despotisme, concernant les traditions de gouvernance en Arabie Saoudite. Une partie de la crise cognitive, qui touche de nombreux chercheurs, en particuliers les récents sur le sujet saoudien, et qui parait alarmante pour les politologues, réside en cette lecture pasteurisée.

Pour revenir à la thèse de «Myriam Dalun» : Début de despotisme (recherche en pouvoir), il se fait urgent, de tracer une distinction en les concepts de pouvoir et despotisme. Le despotisme agit dans une aire géographique, et détient sa force de la nature du pouvoir en place. Tandis que le pouvoir constitue l’origine de la légitimité, inhérente au temps et à l’époque historique. De la sorte, le pouvoir est l’unique garant de la pérennité, car se base sur l’acte de «fonder» en commun. Une vie entre la société et le pouvoir, sur la base de l’intérêt, comme étant un concept dépassant et au-delà des changements transitoires, à cause de l’avantage temporel.

Dans le contexte saoudien, l’expérience fondatrice du Royaume, est toujours présente dans les concepts généraux de l’allégeance et de la concertation, et sa perception du pouvoir politique. Delà, point de cette rupture propre aux systèmes très liés au formalisme démocratique dans les pays arabes. Dans lesquels nous constatons des tentatives de faire d’hériter le pouvoir, qui viennent en réponse à la présence sociétale, émanant des cycles électoraux, se prêtant plus à des royautés camouflées et masquées. Chose dévoilée par les remous du Printemps Arabe, et la mise à nue de ces pays. Poussant à des questionnements, pas uniquement dans le contexte arabe mais mondial, au sujet de l’utilité de transplanter des démocraties. Pendant ce temps, nous constatons une pérennité des royautés fondées sur le contrat de prospérité, le développement, et la protection des droits irréfutable. Et ceci malgré tous les sables mouvants qui entourent la région…

 

L’habitacle politique

Dans le contexte saoudien en particulier, il se fait nécessaire de se distinguer de toute tentative imprégnée d’idéologie, qui accompagne souvent les événements ainsi que les changements politiques du Royaume Ces fabulations, viennent en réponse aux tempêtes politiques que vive la région, mais n’exprime pas nécessairement une approche approfondie de la situation interne en Arabie Saoudite.

A la lecture d’un Etat de la taille de l’Arabie Saoudite, un haut lieu religieux, politique, et économique, il est impératif de ne pas sauter sur les attributs de la décision politique, en essayant de l’isoler ses conditions d’élaboration, vers des tentatives visant à le relier à des perceptions imaginées concernant la politique étrangère de l’Arabie Saoudite. A l’instar du discours consommé au sujet de son conservatisme et sa discipline… Sans oublier toute une liste de corollaires politiques analogues, que présentent certains médias comme étant incontestables.

L’Arabie Saoudite se métamorphose d’une manière considérable, et ce depuis la montée des nouvelles élites politiques jeunes. Chose exprimée à travers des politiques anticipatives, qui renforcent le constant saoudien, et ce depuis le geste fondateur du Roi Abdul Aziz, par le transfert du contrat social basé sur la satisfaction des intérêts, vers un Etat moderne, disposant d’une économie forte, et une société cohérente, tournée vers l’avenir à travers la vision de ses élites politiques, qui pensent à sa sécurité et sa stabilité, sans attendre à subir les vents aléatoires ou les changements des contextes régionaux.

Vladimir Poutine et le nouveau prince héritier Mohammed Ben Salman Ben Abdelaziz se serrent la main à Moscou, Russie, le 30 mai 2017 (Getty)
Vladimir Poutine et le nouveau prince héritier Mohammed Ben Salman Ben Abdelaziz se serrent la main à Moscou, Russie, le 30 mai 2017 (Getty)

Instance de l’allégeance, soupape de sécurité.

La politique anticipative de l’Arabie Saoudienne, instaurée par le Roi Abdullah bin Abdul Aziz, que Dieu ait pitié de son âme, en 2006, en créant la Commission Allegiance, se voit renforcée actuellement, par la décision du Serviteur des Deux lieux saints, le Roi Salman bin Abdul Aziz, par la nomination du Prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. Ce geste vient en message exprimant des constantes morales et politiques, envers le peuple en premier, et envers «l’héritage» de la Dynastie aussi, qui consiste à consacrer l’intérêt du pays, pas uniquement sous la forme d’un décret royal, mais plutôt bâtir, sur la base de ce qui précède, sans rupture, et non pas sur la décision de construire dans le dénigrement et la rupture, à l’instar certains pays.

Aujourd’hui, il faut cesser de parler de l’État saoudien comme une continuité, du pouvoir d’un ensemble de gens enfermés dans un contexte temporel et existentialiste. Nous devons capter les contours de la période inaugurée par la nouvelle ère saoudienne, en faisant confiance aux petits-enfants, dans l’établissement d’un cadre de temps qui se prolongera des décennies. Ceci prouve bien, que le la stabilité saoudienne a bien un coût, et n’est guère gratuite, mais plutôt est un reflet pour comprendre la sensibilité de la période, et le moment de restructuration du royaume, comme étant l’exemple de l’Etat de la stabilité et du confort, et ceci malgré les nombreux défis, en premier les défis et les crises de sécurité de la région, à la fois endémiques et complexes.

 

La génération des petits-enfants.

Le choix de la génération des petits-enfants, vient renforcer la situation de stabilité politique en Arabie Saoudite, une stratégie à long terme, qui mettra terme à toutes les fabulations, que prônent certaines plûmes, qui se donnent à la voyance sans aucune liaison avec les données de la réalité. Elles se manifestent en combinaison d’impressions et de stéréotypes sur le gouvernement saoudien, en plus des affabulations des réseaux sociaux, ainsi que des rapports journalistiques, qui s’apprêtent plus à une rédaction d’horoscope.

Malgré la taille de la surprise et de l’étonnement que reflète l’analyse des politiciens occidentaux aujourd’hui, la «politique anticipative» vient en introduction d’une décision à la hauteur d’une réussite politique. L’instauration du système d’allégeance, en plus du renforcement des jeunes ministres, ainsi que des Emirs des régions, par la nomination de la génération des petits-fils. Tout ceci, vient en message anticipative claire, que l’héritage politique de la dynastie saoudienne, vient par la construction sur l’héritage ainsi que sa promotion.

 

La cohésion entre la direction et le peuple

Dans ce contexte, nous l’avons vu à la télévision, une pratique réelle de la légitimité émanant de la société saoudienne par le serment d’allégeance, des élites religieuses, politiques et économiques, que nous avons constatées, à travers la foule de ceux venus féliciter le jeune Prince héritier, à commencer par le mufti du royaume et les princes, les savants, et une constellation de technocrates, d’hommes d’affaires et toute l’intelligentsia. Ainsi que des citoyens venus contribuer à la transition en douce des postes de décision dans le pays. Chose qui va se répercuter rapidement sur le peuple, à l’instar des monarchies ancestrales, par la cohésion entre la direction et du peuple.

La direction saoudienne depuis la nomination des jeunes, a connu une grande métamorphose au niveau de la politique extérieure. Chose observée par tout le monde, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. La politique est apparue plus déterminée et courageuse, par le biais d’interventions douces et fermes, à la fois, dans les dossiers de la région, avec l’esprit du jeune entrepreneur, en particulier au niveau de la politique étrangère. A savoir présenter des solutions politiques aux crises majeures de la région. Ainsi que de la consolidation des alliances avec des Etats modérés. Sans oublier la guerre au Yémen, qui constitue un des dossiers le plus important dans la guerre contre le terrorisme et la lutte contre l’extrémisme. Et dont l’un de ses fruits est le Centre de la «Modération», qui a attiré l’attention du monde, vers une Arabie Saoudite, à la fois jeune et différente, axée sur la technologie, mais à la fois vise à consolider les concepts de tolérance à travers de visions universalistes.

 

Les jeunes élites.

De ces mêmes questions épineuses, on s’attend à ce que ces jeunes élites, proposent au niveau de la direction politique, à travers les atouts dont ils disposent, des solutions et des issues, au niveau de l’alliance avec les forces internationales. Et ceci suite à la normalisation des relations avec les Etats-Unis, ainsi qu’au renforcement de la stabilité en Egypte, et faire face à l’agression contre le Bahreïn. Riyad Jeune propose aujourd’hui le principe de la stabilité, la prospérité et le bien-être, comme nous l’avons vu avec la vision 2030 contre toutes les tendances séparatistes, interventionnistes et les attitudes immatures de certains pays.

 

Les pays de la modération

L’Axe de la modération conduit par une Arabie Saoudite jeune, devant de grands défis pour réorganiser la situation politique régionale par le biais d’alliance et des projets économiques conjoints, face à des tendances, dominées par l’interventionnisme, fomenter des discordes, et l’aggravation de la situation. Pour ceci, cette élite, va sous la direction du Prince héritier, inaugurer l’urgence de la prochaine phase, à travers le rehaussement de la stabilité ainsi que la sécurité du Golfe et des pays modérés, comme priorité d’une extrême urgence, à travers le renforcement des stratégies sécuritaires permanentes, sous l’égide du Ministre de l’Intérieur, qui dispose d’une solide culture juridique, et s’est initié chez son prédécesseur, sans oublier sa présence permanente à côté du symbole de la sécurité en Arabie Saoudite, feu prince Nayef Abdul Aziz, qui a fondé l’enseignant de la sécurité, reconnu, des ministres arabes de l’intérieur, et apprécié à la lumière des défis posés par le pire fléau dans le monde (le terrorisme), auquel se sont confrontés les Saoud

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