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L’islamophobie… Histoire des liens avec l’Occident - Majalla Magazine
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Société

L’islamophobie… Histoire des liens avec l’Occident

Des partisans islamistes face à une manifestation anti-Charria, 10 Juin, 2017 place Foley à New York (Getty)
Manifestation contre l'islamophobie et le fascisme dans la ville de Toronto, en Ontario au Canada, le 19 Mars 2017, où des manifestants se sont heurtés à des groupes antimusulmans et fascistes. Des centaines de policiers ont déployés pour maintenir la sécurité (Getty)
Manifestation contre l’islamophobie et le fascisme dans la ville de Toronto, en Ontario au Canada, le 19 Mars 2017, où des manifestants se sont heurtés à des groupes antimusulmans et fascistes. Des centaines de policiers ont déployés pour maintenir la sécurité (Getty)

Londres – Rachid El-Khayoun 

Avant de porter un avis au sujet de la relation entre l’Islam et l’Occident, classé comme «phobie», et concerne les  phobies et les psychoses, et le fait de détester fortement et d’avoir peur de ceux qui vous haïssent. Force est de trouver un intérêt aux débuts de la découverte de l’Occident par les musulmans, ou vice-versa, afin de constater ce vouloir de découverte. Succédera ensuite la compréhension, à savoir le dialogue.

L’Islam et l’Occident

Concernant l’Islam et l’Occident, je ne trouve pas mieux que le message prophétique à Héraclius, l’Empereur Byzantin, ni la Sourate, qui cite les Byzantins [Roum], qui ne sont que les Occidentaux d’alors. Cette terminologie est restée de rigueur, jusqu’à la chute de Constantinople, par Mohamed El-Fatteh l’Ottoman, en 1453, à savoir 857 de l’Hégire.

Au fil des siècles, les pays ont pris leurs nominations : France, Angleterre… Mais, on a continué à faire usage du terme pour désigner les habitants de ces pays, à savoir «Roum» ou «Roumi», qui englobe une multitude de désignations. Un célèbre proverbe irakien en fait usage même, mais aussi à travers des correspondances (Abbas Azzaoui, l’Irak entre deux colonisation. Correspondance de Saoud Ibn Abdelaziz à un gouverneur Ottoman).

Peut-être la nomination d’Occident (Ouest) est venue en opposition à Orient (Est). Tous ceux qui se sont investis dans la recherche et l’investigation concernant l’Orient, son patrimoine et son histoire, ne sont que des «orientalistes». Une opposition entre la magie de l’Orient, ses secrets, sa géographie, ses coutumes, et ses traditions, d’une part, et l’Occident terre de connaissances et de savoirs, entre découvertes et inventions. En opposition à l’Orient sujet de ces découvertes et ces investigations. Un Occident chrétien, face à un Orient musulman.

Héraclius, Empereur de Byzance.

Le message prophétique à l’Empereur de Byzance, a été porté selon certaines sources par «Dahya Ibn Khalifa Al-Kalby», (mort en 45 HA), dont le texte est : «Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux: (Cette lettre est) à partir de Mahomet fils de Abdullah à Héraclius le Grand des Romains. Que la paix soit sur lui, celui qui suit le droit chemin. En outre, je vous invite à établir la paix (ou soumettez votre volonté de Dieu); établir la paix (ou soumettre votre volonté de Dieu) et vous aurez la paix, et Dieu doubler votre récompense, et si vous refusez, vous porterez les péchés de persécuter les Ariens (minoritaires chrétiens secte qui se distinguait des autres chrétiens sur la nature du Christ). (Tabari, Histoire des prophètes et des rois). Le juge Ibn Ferraa, Mohamed Ibn Abi Yaali, (mort en 526 Hg) cite dans son livre «Prophètes et Rois», que Héraclius a annoncé : «S’il y était dans mon pays, je l’aurais suivi et soutenu».

Les musulmans ne sont pas attardés malgré la conrfrontaion avec les Byzantins [Roum], à nommer une Sourate entier à leur nom «Sourate Roum», qui comprend : «Les Romains ont été vaincus, dans le pays voisin, et après leur défaite ils seront les vainqueurs, dans quelques années. A Allah appartient le commandement, au début et à la fin, et ce jour-là les Croyants se réjouiront du secours d’Allah. Il secourt qui Il veut et Il est le Tout Puissant, le Tout Miséricordieux. C’est [là] la promesse d’Allah. Allah ne manque jamais à Sa promesse mais la plupart des gens ne savent pas» (Versets 2 – 6). Les Byzantins [Roum] sont les Occidentaux de nos jours. Cette Sourate est mecquoise. Les savants du Coran avancent que la victoire des Sassanides sur les Byzantins a suscité l’enthousiasme des Quraychites, parce que les Byzantins étaient des chrétiens. La Sourate est venue assurer d’une victoire prochaine des Byzantins.

Constantinople

Les frontières entre Byzance et la terre d’Islam, ont connu multitude de trêves et de guerres. Beaucoup de publications d’alors ont cherché à reconnaitre la situation de Byzance. Les deux parties ont continuellement échangé messagers et ambassadeurs. Chose que cite, dans «Image de la terre» Ibn Hawkel Ennassibi, qu’un certain Mohamed Ibn Abdelwaheb Ettal Mouzni, a été porteur de 186 messages. Sachant que le terme «message» à ces temps, colportait le sens de «poste», «renseignement» ou même «espionnage».

L’histoire de la campagne lancée par Elwathek Bidin Allah Abbasside (mort en 232 HA) vers l’Europe, révèle que le Calife a vu en rêve dans le barrage de Gog et Magog une faille. Et que la campagne qui comptait une cinquante hommes, est passé de Samarra, en Irak, au pays des Khazars. La campagne a rebroussé chemin après un aller et retour d’une année et demie. Ils ont raconté au Califes des extravagances incroyables. L’aspect imaginaire ne peut nier l’intérêt porté à la découverte de l’Occident.

En l’an 917 (305 HA), Bagdad a reçu pendant le règne du calife al-Muqtadir Billah (tué 320 HA) une délégation du roi des Byzantins, pour négocier un échange de prisonniers. Cette délégation a porté des présents au Calife. Bagdad s’est mise sur sa plus belle apparence. La délégation a reçu argent et présents, et eu des pourparlers avec le (premier) ministre et le Calife, à travers un traducteur du nom de Odai Ibn Abdelbaki  (Miskawayh, Expériences des nations). Au bout de quatre ans (309 AH), le Calife Muqtadir nomma Ahmed Ibn Fadhlan messager, avec d’autres, après du roi des Slaves et les rois du Khazar et de la Russie,  et furent chargés de livres et des cadeaux. Le voyage a accompli des avantages à l’Islam, ainsi que des accords avec les rois de ces pays. Le récit en est célébre à travers les écrits d’Ibn Fadhlan.

Le voyage du juge Aboubaker Baklani

Parmi les missions d’ambassade entre l’Orient et l’Occident, qui a réuni des fins politiques et d’intellectuels, celle du juge Abu Bakr Albaqlani (tué en 403 H), adressée au roi des Byzantins, et ceci sur ordre du Sultan Albuehi Adhod Eddawla (tué en 371 HA). On dit qu’il ait été demandé à Albaqlani ; à son arrivé en Byzance, d’ôter son turban ainsi que ses habits, et les échanger par d’autres.

Il a dit en ce moment : «je suis un des savants de l’Islam, et ce que vous me demandiez est une manière de m’abaisser. Allah Suprême nous a haussé avec l’Islam, et nous a honorés par notre Prophète Mohamed. Aussi, il est de coutume des souverains d’honorer les messagers des autres souverains. A savoir les hausser et non les réduire, surtout si ce messager est un homme de savoir (Le juge Iyadh). Après attente et concertation des fonctionnaires du protocole avec le roi, l’interprète fut informé au nom du roi «Nous acceptons vos excuses, et nous élevons votre position, qui va être plus haute que celles des autres ambassades. Tu seras considéré parmi les distingués. Nous a informé votre souverain (Adhod Eddawla) à travers son message, que vous êtes le porte-parole des musulmans, et celui qui défendra leurs points de vue» (Ibid). Parmi les résultats de cette ambassade l’instauration d’une trêve et l’échange de prisonniers. Ainsi que la tenue de débats intellectuels et religieux.

En l’an 463 AH, le Sultan seldjoukide Alp Arslan (décidé en l’an 465 AH) demanda à Hermanos, Roi de Byzance d’instaurer une très longue trêve. Mais ce dernier refusa avec provocation, en disant: «point de trêve qu’au Rai (bastion seldjoukide)». Suite à une guerre atroce, les seldjoukides sont arrivé à capturer ce roi, et même a risqué la mort sous l’épée d’un esclave, sans son esclave à lui, qui cria «ne le tues pas, il est le roi» (Ibn Al-Athir, Histoire Complète). Il fut relâché, suite au payement d’une rançon avec conditions. Une trêve de cinquante ans, fut instaurée alors.

Les ambassades de Byzance vers Bagdad se sont poursuivies, portant des présents au Califat et au Sultanat Seldjoukide. En l’an 499 AH, le Calife Qaim Biamrellah a pactisé avec le roi de Byzance pour «Cent mille dinars, quatre mile tenues de et, trois cents mulet » (Ibid), que le roi a porté. Nous constatons aussi les lamentations d’Ibn al-Athir concernant sa période, et la situation des gens, et ceci en l’an 610 de l’Hégire, aussi bien avec les Francs que les Tatars». (Ibid).

La Famille Al-jaouizi a accompli divers missions d’ambassades entre les Abbassides et les l’Europe, d’une part, et entre les Abbassides et Hulagu.

Suite à l'attaque contre un groupe de fidèles musulmans en dehors de la mosquée de Finsbury Park, qui a entrainé la mort d’une personne et dix autres grièvement blessé, deux femmes se tiennent à côté du bâtiment islamique le 19 Juin 2017 (Getty)
Suite à l’attaque contre un groupe de fidèles musulmans en dehors de la mosquée de Finsbury Park, qui a entrainé la mort d’une personne et dix autres grièvement blessé, deux femmes se tiennent à côté du bâtiment islamique le 19 Juin 2017 (Getty)

Les liens entres Occident et Orient.

En l’an 641 AH, le Calife Musta’sim, a envoyé Muhyiddin Yusuf Ibn Abdul Rahman Ibn Jawzi (tué 656 AH) en Anatolie, qui a rencontré le roi de Byzance. Parmi ses observations, est que «les femmes portaient un turban, et les hommes des «Sarrakoujes» [couvre-chef tatar]. Les turbans des femmes, différent selon l’âge. Car si une accouchait d’un garçon, elle portait un turban de six coudées. Six autres coudées pour chaque garçon. Le coudée d’Anatolie mesure une fois et demie celui de Bagdad. Aussi, les maisons d’Anatolie n’ont pas de toitures plates, mais en pyramides, pour cause de forte pluviométrie. Aussi, existe une source, avec une eau étincelante à l’image du feu. On raconte aussi qu’une personne est sortie du Hammam à Konya, en plein hivers. Sa barbe a gelé, et s’est cassée. Puis a glissé et sa barbe a perdu un morceau» (Auteur inconnu).

Existent beaucoup d’informations, concernant les liaisons entre Occident et Orient, en première période l’Islam, et la celle des Califats, jusqu’à la prise de Bagdad par les Mongoles.

Ce que nous voulons souligner par ce qui précède, est que la nécessité est toujours commune aux gens l’Ouest que de l’Orient. Malgré les guerres, les chances de la paix restent nombreuses, ainsi que les opportunités d’exploration. Si l’Occident européen a initié la période du colonialisme et de l’hégémonie, et que l’Egypte, l’Algérie ainsi que l’Irak, en ont payé le prix fort, il existe ceux qui se sont plainé de cette domination auprès de l’autre constituant du monde occidental. Ceci, malgré les fortes distances et l’absence de moyens de communication modernes. Dès que le Président Wilson ait déclaré les principes de la liberté des peuples, la nécessite s’est faite de faire appel à l’aide américaine. Ceci, bien avant l’avènement de la question palestinienne et l’instauration d’un État au détriment du peuple palestinien.

En date du  13 Février 1919, les deux références religieuses, Cheikh Mohammad Taqi Shirazi (décédé en l’an 1920.), ainsi que le Cheik de la Chariâa, Niaamet Allah Isfahani (décédé en l’an 920), respectivement de Karbala et du Najaf, ont adressé une lettre au Président américain, lui demandant de l’aide contre l’occupation britannique de l’Irak : A l’intention du Président des États-Unis d’Amérique. Tous les peuples se sont réjouis, de l’intention portée derrière la participation aux guerres européennes, à savoir, l’octroi des droits aux nations opprimées, et faire place à l’indépendance en vertu des conditions déjà annoncées de votre part. Puisque vous étiez l’initiateur de ce projet, à savoir instaurer le bonheur et la paix, vous devriez servir de protecteur et celui qui fait dégager les contraintes. A savoir qu’ils existent de forts obstacles qui interdissent aux Irakiens d’accomplir leurs souhaits. Ceci, malgré la bonne volonté affichée par l’Etat Britannique, à ce que les Irakiens expriment leurs points de vue. L’opinion dominante, est que nous sommes une nation musulmane, nous devons jouir d’une liberté constitutionnelle, ainsi que choisir un nouvel Etat arabe, indépendant et musulman, avec un souverain musulman, contrôlé par un Conseil national. Concernant le sujet du protectorat, l’acceptation ou le refus, revient à l’avis du Conseil national, et ce suite à la clôture de la Conférence de paix. L’espoir en nous, comme étant responsable de l’instauration de l’espoir chez le peuple irakien, mais aussi de dégager les inhibitions qui puissent se dresser devant ses aspirations. De quoi permettre à l’opinion publique d’être au courant de votre bon vouloir d’instaurer la totale liberté. Ainsi vous pouvez jouir d’une postérité notoire». (Wardi, Un aperçu social de l’Histoire de l’Irak moderne).

L’espoir était énorme en l’Amérique en ces temps, mais a fortement régressé suite à l’engagement total au côté d’Israël et du sionisme international. Les Etats-Unis ont participé à la Conférence du Caire (1919), parmi 4 délégations : L’Amérique, la Grande Bretagne, la France et l’Italie. Tant cette Conférence ou le référendum concernant la liberté des peuples sortant du joug ottoman, n’est pas du goût des trois autres pays, ils se sont abstenus d’y participer. Le Président américain a formé une commission d’enquête, présidé par M. Crane, qui a demandé aux Britannique de visiter l’Irak, car ce pays était sous protectorat britannique. Ces derniers ont refusé la demande. Mais a pu s’y rendre en 1928. Une grande réception a été organisée en son honneur, par un groupe de jeunes irakiens, appartenant aux Parti National Irakien, en date du 13 janvier 1929. Le poète Mohamed Bager Chabibi (mort en 1960) a socillicité M. Crane à travers un poème, dont un vers célèbre (Hilaly, le poète révolté, Mohamed Bager Chabibi) :

Le conseiller est celui qui boit la coupe

Ô ministre, pourquoi alors tergiverser

Ceci était l’introduction du poème, et en voici quelques vers:

Réellement le pays est en branle-bas,

Récite allégrement votre nom en chantant

Ce pays malgré sa tristesse

Chante la venue de son invité

Tous les pays se sont débarrassés de leurs chaines

Sauf l’Irak libre qui garde ses chaines.

Ô invité, ou sont les principes de Wilson

Dites-moi, ou est passé le président pionnier

Ils ont nié ses principes, auxquels ont cru

Tous les peuples, ils peuvent nier.

Aussi, le poète Maarouf Abdelaghani Roussafi (mort en 1945), a récité lors de la même réception, ce qu’il a appelé «Ô amoureux de l’Orient».

Je ne trouve celui qui porte un espoir du Président Wilson et M. Crane, que la parole d’Ibrahim Ibn Abbass Souli (mort en 243 HA) :

Je me plaignais à toi du destin

Maintenant je me plains du destin à cause de toi.

Des partisans islamistes face à une manifestation anti-Charria, 10 Juin, 2017 place Foley à New York (Getty)
Des partisans islamistes face à une manifestation anti-Charria, 10 Juin, 2017 place Foley à New York (Getty)

Le terme «phobie»

Je ne suis pas d’accord pour lier «phobie» à «Islam», car comme a été écrit, l’impact est fort. Je crois que cette liaison, n’est autre qu’une exagération de la position qu’éprouve l’Occident envers l’Islam. Au point de penser légitime de décrire la situation par «islamophobie». Tout en sachant que des millions de musulmans vivent et travaillent en Occident, avec des institutions religieuses adjacentes aux habitations des Occidentaux. Ces musulmans jouissent des législations sociales européennes, et n’ont pas été influencés par les attaques qu’a subies Londres. L’été a vu une affluence touristique extraordinaire,  originaire des autres pays européens. Je crois que la chose n’est autre qu’une exagération de la part des intellectuels occidentaux et nos intellectuels aussi, comme si nous sommes à l’ère des conquêtes ou des guerres médiévales. Les Américains qui ont voté pour Barack, ou Obama Ibn Hussein, qui est de père musulman, comme tout le monde le sait. Des musulmans siègent dans les parlements européens. Quel sens peut prendre la phobie par conséquence?! L’essentiel est que la situation n’est pas une phobie, comme certains veulent coller le terme à l’Islam.

Comme nous regardons et nous lisons, la majorité dans les sociétés occidentales fait la différence entre Islam et terrorisme. C’est ce que nous entendons des discours des responsables, et ce que nous lisons dans les livres des intellectuels. Leur peur ne dépassent pas la nôtre du fanatisme et les tueries au nom de la religion. L’histoire de diner le soir même, au paradis, constitue le fantasme de tout suicidaire. Entendre la chose remplie d’horreur. La situation en Irak est arrivée à la panique, à la vision d’un barbu portant des vêtements courts dans un marché. La prière s’accomplisse dans une atmosphère de terreur et panique, dans les zones de l’ouest du pays, qui vivent sous le contrôle de ce qu’on appelle l’Etat islamique de l’l’Irak. Aussi, rien que penser à un nom tel que celui d’Abou Moussab Zarqaoui, la pensée se bloque.

La chercheuse britannique Karen Armstrong, ex-religieuse, constitue un exemple de la compréhension de la relation naturelle avec les musulmans. Elle a identifié dans son livre «Mohamed» (1992), la raison de la stupeur de l’Occident suite à la réaction du monde musulman contre le livre «Les Versets sataniques», de l’écrivain britannique d’origine indienne Salman Rushdie musulmane (1988). Les images de la mise à feu, du livre et des marionnettes de l’écrivain, renvoie les sociétés occidentales à mise à feu des livres, ainsi que la violence religieuse, que pratiquait l’église, (Armstrong, Mohamed), au Moyen-âge. Quelle est la raison de la violence chez les musulmans pour cause d’un livre ? Ce livre n’aurait pas trouvé la gloire, sans la fatwa de mise à mort, prononcé Khomeiny (Février 1989). La preuve est que la pièce de théâtre de Voltaire (Mohamed et le fanatisme), écrite en 1741 n’est pas célèbre, comme est le cas du livre de Rushdie. Car n’existe point de fatwa la dénonçant. Voltaire était contre l’église (Bucaille, le Coran, la Torah, la Bible et la science).

La peur de l’islamisation

Nous trouvons l’auteur Armstrong rappeler ce qui est arrivé en Europe, notamment en France, lorsque le roi Louis IX, qui est également un saint officiel de l’Eglise catholique roumaine, a émis une fatwa en 1242, interdisant le livre du Talmud juif, et incitant à brûler les copies du livre. Ce roi proclama que point de discussion pacifique et rationnelle avec les Juifs, ajoutant que le seul comportement possible est l’assassinat du juif «en le poignardant pleinement à l’abdomen, en poussant la lame à son extrême» (Armstrong, Muhammad).

En opposition à la fatwa de Khomeiny (mort en 1989), qui a été vraisemblablement en relation avec son exercice du pouvoir, et la fatwa du souverain français de tuer l’autre. Mais aussi, lorsque l’église s’est mise contre le livre «Origine des espèces» de Darwin (mort en 1882). En opposition à cela, est le comportement des savants du Najaf à la fin de période ottomane, qui a très différent. Et a été la preuve de la tolérance des savants musulmans. Cette tolérance qu’ils ont eue de l’Islam même. Sachant que les savants du Najaf, en réponse à la demande ottomane d’introduire le livre «Origine des espèces» en Irak, et en connaissance de la nature du livre et le refus européen de son continue, les savants après délibération, ont accordé à ce livre le droit d’entrée, sous condition de pouvoir lui porter une réponse. Chose accomplie par le Cheikh Jawad Al-Balaghi (mort en1932) (Mohammad Reza Shams al-Din, l’autorité religieuse). Comment cette position peut-elle atténuer ce qu’on véhicule de lien entre l’Islam et la violence ?

Une autre raison, consiste en la peur de l’islamisation. Car, il est connu qu’aussi bien le christianisme que l’Islam, pratiquent le prosélytisme. La mémoire des musulmans, est lourde d’histoires de prosélytisme chrétien. Il est admis chez les musulmans, qu’on ne peut changer sa religion. De ce fait, il se fait difficile qu’un musulman se convertisse au christianisme, mais il y a eu quelques cas accompagnés, qui ont fait l’objet d’un vacarme. Chose qui a obligé le musulman de se rétracter. A l’inverse, il est aisé de changer de religion en Europe. Parmi les savants, il y a ceux qui n’autorisent pas la mise à mort, du musulman qui change de religion  (Cheikh Taha Jabir al-Alwani, Point de contrainte dans la religion, le problème de l’apostasie et apostats de l’origine de l’Islam à nos jours), à moins qu’il brandisse son épée, ce qui est aussi pratiqué par l’Occident envers celui qui brandisse son arme.

L’Occident laïc, adepte de la liberté de religion, ne vise pas à répandre le christianisme. Uniquement à travers l’évangélisation réalisée par des moines et, et de manière presque inaperçue. A l’inverse, les institutions islamiques et les religieux pratiquent ce rôle librement dans le pays d’Europe. A ce point, la peur est pour la laïcité et non le christianisme. La laïcité, je la prends dans le sens de civisme, et non comme l’explique l’Islam politique, à savoir athéisme. Ces craintes réelles, peuvent entraver l’action dans les pays européens mêmes. Les immigrants musulmans restent sur leurs contacts avec leurs pays et traditions, en opposition avec la liberté sociale occidentale et son garanti dans les constitutions et les lois de ces pays.

Même ceci, je ne trouve pas portant le sens de «phobie». Uniquement des préoccupations sérieuses, discutées par les journalistes et des politiciens sur les plateaux des chaines satellitaires. Je pense que le premier pays à avoir exprimé explicitement la chose est l’Australie, quand ses responsables ont annoncé que leur Etat est laïc, et il y a des musulmans dont les pratiques sont incompatibles avec les lois de cet Etat. De ce fait, ils ont été mis entre le choix de respecter la législation ou de quitter le pays. Essentiellement ceux qui ne veulent vivre que sous la Charria islamique (Shark El-Awsat, numéro: 9767 Jeudi 21 Rajab 1426).

Ce qui peut être fait pour mettre fin à ces préoccupations mutuelles de la «phobie», en premier est le dialogue entre les religions. Au début des années soixante du siècle dernier, l’église, représentant religieux occidental, a su l’importance du dialogue avec les musulmans, et a publié un document (1962 – 1965) intitulé «Directives pour d’établir un dialogue entre chrétiens et musulmans». Le document a été annoncé par le cardinal Koenig de la mosquée Al-Azhar en 1969 (Bucaille, le Coran, la Torah, la Bible et la science). Pour parvenir à ce dialogue le Cardinal Benoit Doly, responsable du Secrétariat du Vatican pour les non-chrétiens, a visité l’Arabie saoudite et a rencontré le roi Fayçal Ibn Abdul Aziz, en 1974 (ibid.).

Après cela, l’Arabie saoudite a appelé au dialogue, et la visite était le roi Abdallah Ibn Abdul Aziz au Vatican et la rencontre avec le Pape en personne, a donné le message aux Européens et à l’Occident, qu’il n’y a pas «phobie» de l’islam, le roi représente les deux Lieux Saints, et le Pape représente catholicisme dans sa totalité. Sans oublie les prières du Pape dans une mosquée turque aux côtés de savants musulmans turcs, ainsi que son positionnement en direction de la «Qibla» [en direction de la Mecque], qui représente une manière de condamner les croisades, à l’image de la visite du Roi qui constitue une condamnation du terrorisme et du fanatisme qui font peur à Europe.

Nous pouvons nous adresser aux textes religieux qui mettent l’accent sur la paix et l’amour. Ces versets ont été remplacés par d’autres pour les militants extrémistes. Celui qui examine les écrits de Hibat Allah Bagdadi (mort en 410 AH) et d’autres livres de ce genre, trouvera qu’ils ont vidé l’Islam de la non-violence et de la non-contrainte, sans tenir compte de l’évolution des temps et les aspects changeants et de rapprochement entre les peuples, et le besoin mutuel entre ces peuples.

Nos craintes de l’Occident ne sont pas d’ordre religieux, mais politique et économique essentiellement. La mainmise continue de l’Occident, ainsi que le saccage et le pillage des richesses, a entrainé dans nos mémoires une haine. Puis vint la question de la Palestine, et l’islam est devenu en opposition face à l’Occident politique et non le christianisme (religion). Ceci est un autre sujet.

 

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