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Festival de Carthage : du flou pas très artistique - Majalla Magazine
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Festival de Carthage : du flou pas très artistique

Amal Maher au Festival International de Carthage (Getty)
Amal Maher au Festival International de Carthage  (Getty)
Amal Maher au Festival International de Carthage (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

Malgré un passé glorieux, qui en a fait un passage obligé pour toutes les stars de la chanson arabe surtout, le Festival de Carthage peine réellement à devenir cette attraction internationale, qui pourrait attirer des touristes, qui certes fréquentent le pays, mais mettent les pieds rarement dans ce célèbre et très beau théâtre romain, sis sur les hauteurs de la banlieue nord de la ville de Tunis.

A chaque année, son lot de questionnement, de critiques et surtout de protestations. Qui programmer et quel serait le prix du billet ? Certes, le festival à ses débuts, jouait réellement dans le «populisme», du temps où la mode était à la «culture populaire». De nos jours, le coût des artistes de renom est exorbitant et les pouvoirs publics, ne veulent plus subventionner, sans limites, cet éternel gouffre financier…

A l’inverse, tous les directeurs qui sont passés à la tête ce manifestation, ont voulu trouver le juste équilibre, tels des trapézistes, entre un billet à prix raisonnable, une pléiade d’artistes de haut niveau, sans oublier la limitation du déficit à un strict minimum.

A son 53ème édition, cette manifestation peine à trouver sa maturité, mais aussi une identité et surtout une distinction des autres manifestations aussi bien au niveau local que régional, et même international.

Il fut un temps, où l’ouverture était assurée par une pièce de théâtre, produite spécialement pour la circonstance. Mais aussi une ouverture sur les cultures inconnues, allant de l’extrême-Asie à l’Amérique latine. Actuellement, le Festival joue moins sur les Stars, aussi bien arabes qu’internationaux. Chose nécessitant des billes à prix pas abordables pour le commun des Tunisiens.

L’actuelle édition va se jouer dans la sobriété, avec 87% des spectacles (musicales), le reste sera destiné au théâtre et au one man show, selon l’actuel directeur du festival Mokhtar Rassaa, lors d’une conférence de presse, de présentation. Aussi, 50% de la programmation est tunisienne, 24% arabe, tandis que 26% internationale.

D’une année à une autre, le festival ou plutôt la programmation se fait dans une modestie grandissante. Une coupe importante dans la subvention, de l’ordre de 20%, passant de l’équivalant d’un million de dollars à 800 mille dollars. Sans oublier la dépréciation de la monnaie locale face au dollar.

Il faut rappeler que l’actuel directeur du festival, a pris le train en marche, après la fracassante de l’ex directrice la poétesse Amal Moussa, qui a expliqué sa décision par ce qu’elle appelle «l’ingérence du ministère des Affaires Culturelles dans ses choix à travers ses conseillers, mettant ainsi en cause l’indépendance du festival.»

Dans le cafouillage politique que vit le pays, le rapport de forces, entre les différents décideurs à tous niveau, est réellement flou. Le ministère veut exercer un «droit de regard» sur l’usage de la subvention, tandis que la direction penche plus vers une liberté sans limites.

 

 

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