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Pourquoi les Frères Musulmans ont immigré à Doha ? - Majalla Magazine
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Pourquoi les Frères Musulmans ont immigré à Doha ?

Le prince du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani le second jour du 136 ème sommet du Gulf Cooperation Council (GCC) au Riyad le 10 decembre 2015 (Getty)
Le prince du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani le second jour du 136 ème sommet du Gulf Cooperation Council (GCC) au Riyad le 10 decembre 2015 (Getty)
Le prince du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani le second jour du 136 ème sommet du Gulf Cooperation Council (GCC) au Riyad le 10 decembre 2015 (Getty)

Dubai – Omar Bechir Tourabi 

Les Frères musulmans constituent ces dernières années l’organisation la plus controversée. Ils sont désignés comme étant géniteurs légitimes de tous les mouvements terroristes, dont le nombre augmente au Moyen-Orient et dans le monde, sur la base des idées de Sayyid Qotb concernant la «hakimia» [gouvernance uniquement à Allah] et l’expiation. Aussi, l’exploitation du jihad afghan dans le but de présenter ces concepts et les développer et leur octroyer de la capacité. Ne manquait pas à cette organisation qu’un Etat qui puisse servir de refuge et aussi assurer le financement. Beaucoup expliquent le mariage entre cette organisation et le Qatar, comme étant un mariage d’intérêt, qui n’a engendré que des problèmes pour les pays voisins. Comment a initié cette histoire ?

Le spot promotionnel, de l’ultime épisode la quatrième saison du feuilleton des Frères et du Qatar, porte ces questions : Les chefs du Hamas vont-ils quitter Doha ? Doha va-t-elle se débarrasser des instigateurs et les éloigner vers la Turquie ? Va-t-elle bannir toutes leurs activités sur ses terres au moins ? Où elle va continuer à les héberger sous prétexte qu’elle est «la protectrice des opprimés». Ainsi que l’alliance traditionnelle et l’investissement à long terme. Peut-elle supporter la rupture avec son unique issue terrestre, et hypothéquer son profondeur et sa dorsale historique, à savoir ses frères du Golfe ? Encore, que peut apporter cette alternative partisane étroite, qui est en train de transformer l’Etat en une succursale de l’Organisation internationale des Frères Musulmans. Ou plutôt, la question est encore plus grave encore, et se rapporte à des projets à longs termes, d’investissement «politique» dans le Monde Islamique et les Frères. A considérer tout désengagement pouvant changer toutes les visions ? Ces questions sont sans réponses, mais nous disposons des réponses de la troisième saison du feuilleton. Comment sont les choses ?

La fin de la troisième saison en 2014, a vu la fin de la crise du «rappel des ambassadeurs», suite à des engagements posés sur la table de hauts responsables à Riad, par lesquels la chaine «El-Jazeera» met fin à aux incitations et attaques directes contre le Président Sissi, et s’engage à ne plus de le taxer de putschiste, ou glorifier son prédécesseur Mohamed Morsi. Le jour de l’accord, des avions, ont quitté Doha avec plein de Frères, et quelques djihadistes, en direction de la Turquie. Est apparu Wajdi Ganim, évoquant le souvenir du palais de Doha, et les embouteillages d’Istanbul ou d’Izmir. Doha a vu en son départ et tant d’autres, une solution médiane, entre leur livraison au Caire ou continuer à les héberger à Doha. Uniquement après quelques mois, a repris la tension, à commencer par le retour de la chaine «El-Jazeera» à l’incitation, mais aussi de porter atteinte à des symboles de pays du Golfe. En exploitant aussi l’opération «Tempête décisive», fut le retour des Frères à l’action à Doha, renvoyant l’accord de Riad aux oubliettes de l’histoire, de la part des Frères et de Doha.

Après avoir refusé l’accord concernant «le distancement des Frères», Doha n’a pas œuvré en silence seulement, mais a déclaré et à voix haute, qu’elle croit que la décision des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et l’Egypte, de taxer les Frères de groupe terroriste, est incorrecte et inadmissible. Doha a repris de promouvoir l’idée que les Frères représentent un courant politique, qu’on ne peut taxer de terrorisme. Sur cette base, elle a repris la coopération avec le Hamas, allant jusqu’à accueillir le congrès du mouvement, qui va vu l’annonce d’une prétendue nouvelle stratégie, qui en vérité ne sort pas de l’œuvre des Frères. Le Qatar tout en interdisant de nommer les choses, a accordé une liberté absolue aux Frères. Sur cette base le Hamas a annoncé qu’elle délaisse la référence des Frères Musulmans. Le prétendu document, par contre, n’annonce pas la chose d’une manière explicite. Certains sur les plateaux de la chaine «El-Jazeera» ont prétendu que le fait de ne pas citer cette référence, représente déjà un recul en soi.

La tentative de putsch en Turquie contre Erdogan, a constitué l’occasion à tous les islamistes du Golfe, de manifester leurs sympathies. Ceux résidants à Doha, ont été les pionniers, essentiellement à travers le déplacement en Turquie, et la participation à des manifestations de soutien. L’Union Mondiale des Oulémas Musulmans n’a cessé de publié des communiqués à la chaine. Son Président le Docteur Youssef Kardhaoui, lors d’une grande manifestation à Istanbul, a même osé qualifier de Sultan le Président turc Recep Tayyip Erdoğan. Tout ceci a amplifié l’enthousiasme de Doha pour la cause des Frères….

D’une manière qui parait plutôt amusante, un écrivain turc sur un des médias de Doha, s’est porté volontaire pour la défendre et ceci pendant la première semaine de la crise du Golfe. Cet écrivain, pour expliquer la présence d’une telle frange d’organisations islamistes extrémistes, a prétendu qu’elles opéraient un travail de rapprochement, à l’instar du rôle analogue de la Grande Bretagne. Cette explication n’a pas trouvé d’écho, et n’a plus à personne. Mais atteste que ce dossier est inaccessible pour celui qui ne peut comprendre deux choses : En premier la longue présence des Frères à Doha. En second, le grand espoir que porte Doha concernant les Frères. Les deux nécessitent une analyse. Commençons par l’histoire lointaine, à savoir le premier épisode dans le feuilleton des Frères et du Qatar.

Premiers débuts: Saison d’immigration vers Doha

La présence des Frères Musulmans au Qatar remonte aux années cinquante et soixante du siècle écoulé, suite a l’immigration d’un grand nombre d’adeptes aux pays du Golfe, originaire de l’Egypte, la Libye, et la Syrie. Les réfugiés palestiniens ont constitué une part non négligeable de la base des Frères au Qatar. Certains sont même de hauts cadres de l’OLP. Ces immigrés n’ont pas attendu pour se déferler sur le secteur de l’enseignement, et occuper de hauts postes dans l’Etat. En plus ces immigrés appartenant aux Frères, les Qataris obéissaient à un scénario connu : A savoir l’envoi d’étudiants suivre leurs études au Caire, où ils se brassent à tous les courants nationalistes, islamistes et de gauche. Au retour, ils regagnent leurs pays, avec la photo de Nasser et une poignée de slogans, ou une allégeance en faveur de Hassen Banna, avec une poignée de slogans de couleu différent. Aussi, des enseignants et des travailleurs ont pris part en ces temps, au premier essor des pays du Golfe. De l’Egypte essentiellement, et de la Syrie. Les Frères d’Egypte ont immigré suite à la faille de la tentative d’assassinat d’El-Menchia, la mise à nue de la structure secrète, mais aussi des jugements qui ont couté la vie à Sayyid Qotb. Vient ensuite la troisième migration des Frères syriens, suite aux sanglants événements qu’a connus la ville de Hama.

Lors des deux migrations des Frères égyptiens, et en 1961, et suite à des circonstances douteuses, à commencer par une arrestation, suivie d’une libération soudaine, de quoi poser toutes les questions, a immigré le jeune égyptien alors, Youssef Kardhaoui, au Qatar, pour superviser l’institut religieux de l’enseignement secondaire, et le développer. Ensuite fonder la Faculté de théologie du Qatar. Chose qui lui a rapporté beaucoup de confiance. En même temps, le Qatar est devenu la plaque tournante pour ses nombreux voyages dans les pays du Golfe. Kardhaoui n’agissait pas seul, mais accompagné d’Abdelez Abdessatar. L’homme qui deviendra le pivot de toutes les associations caritatives. Il y avait aussi le Docteur Ahmed Assal et Abdul Badi Saqr. Ils ont tous œuvré dans le domaine religieux et de la prédiction. Le Qatar en cette période était dirigé par le Cheikh Ali Ibn Abdullah Al-Thani, qui leur a accordé toute sa confiance. Dans un article du quotidien émirati «El-Khalij», Abelgaffar Hassine écrit : «Le sentier n’était nullement balisé pour une expansion des Frères ou toute autres organisation au Golfe Arabe, qui n’étaient pas en harmonie avec le courant nationaliste. Par conséquence, il n’y avait pas dans ces régions de rassemblements des Frères structurés, avec un vrai pouvoir, avant les années soixante-dix du siècle écoulé… Une lueur d’espoir a jailli au Qatar, vers lequel a fui des Frères d’Egypte de plein gré ou forcés à l’exil, où ils ont été adoptés par l’ex-dirigent du pays, le Cheikh Ali Ibn Abdullah Al-Thani, qui a vu en les Frères, des salafistes musulmans persécutés chez eux, et chercheraient protection auprès de lui. Et devait par conséquence les soutenir. Le Cheikh Ali (qu’Allah lui accorde sa miséricorde), était un émir pieux, et cherchait toujours à se faire entourer d’Oulémas, et n’était pas très versé dans la politique hormis son modeste environnement. Se sont adressés vers lui deux personnages jouissant d’une importance certaine dans la structure des Frères, à savoir Cheikh Youssef Kardhaoui et Cheikh Abdul Badi Saqr. Ce dernier a joué un rôle très bénéfique pour les Frères, et a été conseiller du dirigeant du Qatar, et Directeur de la Bibliothèque Nationale Qatarie, qui a été fondée en cette période».

Ali bin Fetais al-Marri pendant une conférence de presse a l'occasion du lancement du Compensation Claims Committee a Doha le 9 juillet 2017 (Getty)
Ali bin Fetais al-Marri pendant une conférence de presse a l’occasion du lancement du Compensation Claims Committee a Doha le 9 juillet 2017 (Getty)

Organisation des Frères au Qatar: de l’organisation au courant

Au temps de l’expansion des Frères au Qatar, des nationalités connues, il n’y avait pas devant l’organisation des Frères un champ d’action, à cause de la nature même de la pratique religieuse au Qatar, dominé par un Islam salafiste traditionnel, ou encore concurrencer ceux de la prédiction. Le chercheur Omar Achour a essayé de décelé un type d’organisation plus réaliste. Dans le champ d’action de l’Organisation internationale des Frères, et dans sa manœuvre à fonder une «organisation islamiste», les Frères du Qatar se sont rendu compte de leur taille insignifiante, et la nécessité de se convertir en une pièce dans la grande machine, sous la dénomination de «transformation en un courant dans la société». Cette dissolution et son annonce, représente un passage assez stupéfiant dans la transformation de l’organisation. Cette action, revient à un des penseurs de Doha et activiste dans le champ de la pensée, à savoir le Docteur Jasem Soltane, qui a étudié la médecine au Caire dans les années soixante-dix.

Jasem Soltne à la différence de la formation classique des cades des Frères, a été formé, dans une ambiance de un mélange de culture islamique, et la découverte des sciences humaines. Car en plus de ses lectures de classiques des Frères, comme Sayyed Qotb, Saïd Hawwa, Fathi Yakan et autres, il «s’est intéressé beaucoup pendant ses études de médecines, aux sciences humaines et à la littérature. Peut-être ces lectures comptaient pour lui, plus que la médecine», comme il disait. Sa découverte des différents courants de pensées dans le monde arabe, a forgé sa détermination à étudier le patrimoine humain, aussi bien de l’Est comme de l’Ouest : «nous étions plus conscient de la nécessité de lire Hegel et les penseurs de la Renaissance et des Lumières, et leurs patrimoine se rapportant à la renaissance et les transformations sociales, avec un intérêt pour la Chine et l’Asie et l’étude de ces expérience», comme le précise Soltane.

Une tranche importante des islamistes, prétend qu’elle n’a été nullement influencée par la formation structurelle des Frères, ou par sa pensée profonde. Mais uniquement de la compassion. Ceux-là, sont ceux que le Guide Omar Telemsani, a trouvés, dominant la rue et en concurrence avec les Frères. Après la mainmise de l’organisation de Sayyed Qotb sur les fondamentalistes, les idées du «Djihad et Hijra» se sont fortement propagées, voilà d’autres formations qui mettent la main sur les sympathisants qui se présentent comme «prédicateurs», Telemsani les a assimilé en grand nombre, comme l’a écrit l’ex-Frère Abdessatar Melliji. Parmi eux se trouve Jasem Soltane même, avec Abdelmounem Abou Foutou, et Issam Iryan. Ce scénario est critiqué par les pessimistes, en insistant sur le fait que l’Islam est un sur le plan organisationnel, car l’expérience a prouvé qu’Iryan peut être plus engagé sur le plan organisationnel que le guide Mohamed Badii même, même si ce dernier a été arrêté en compagnie de Sayyed Qotb.

Dans tous les cas, le Dr Abdullah Al-Nafisi a tenté de promouvoir cette version, avec des insinuations très significatives, pour évoquer les révisions faites en sein de tous les courants islamistes. Prouver la pluralité, constitue l’issue principal, au quelle ont recours les plus intelligents des Frères pour justifier les erreurs ou pour ne pas assumer les erreurs commis par l’Organisation internationale. Lorsque les Frères soutiennent Khomeiny, l’action s’explique comme étant un acte partiel. Les Frères des pays du Golfe, doivent trouver d’autres distinctions afin de se différencier de ceux qui ont fait allégeance à Khomeiny. Lorsque l’Organisation international des Frères soutienne l’invasion du Koweït par l’Irak, on peut détailler une idée ou deux, sur la base de la multiplicité des dialectiques, et des versions contradictoires. Dans ce sens vient la version qui dit que la discussion interne s’est poursuivie au sein de la branche qatarie des Frères, et s’est conclue en 1999 par une décision décisive prise par la Chouraa de l’organisation, à savoir l’autodissolution, et l’intégration dans les associations existantes de la société civile. Ainsi que la constitution d’un courant islamiste plutôt que de se mettre en structure pyramidale. Cette décision a entrainé une grande polémique, prise (selon la version commune) par la décision de la libre autodissolution, en conclusion de longues révisions et une profonde autocritique. Certainss avancent une version autre. Le collègue Tarak Moubarek, dans un article sue les pages du quotidien «Sharq El-Awsat» rapporte que «Abdelaziz Al Mahmoud a dit que certains dirigeants ont eu peur, des événements dans la région, et des poursuites que visent les Frères, et par conséquence ont conclu que la meilleure décision est d’éviter la confrontation. La version d’Al Mahmoud et d’autres émanant des Frères, attestent toutes, que la décision de dissolution était contraire à l’avis de certains dirigeants. Certains sont même allés rencontrer une des plus importantes figures spirituelles de l’Organisation, Youssef Kardhaoui, qui n’a pas apprécié la geste de Jassem Soltane et sa compagnie. Les récalcitrants ont repris la construction d’une nouvelle structure, tandis que ceux qui ont décidé la dissolution ont continué à œuvrer en courant sans liaison organisationnelle». La vision des récalcitrants se base sur l’observation de la doctrine des Frères, fondée sur l’idée de l’Organisation. Idée exprimée par Mohamed Habib (ex vice-guide des Frères), lorsqu’il a commenté la décision d’autodissolution des Frères du Qatar : «l’Organisation décide la direction de la boussole ainsi que les fondements, pour ne pas perdre l’inertie et l’orientation… Cet appel – le passage d’une organisation à un courant – a déjà prouvé sa faillite». Par contre, les partisans de l’autodissolution se défendent, et annoncent que dans leur situation, ils n’ont pas trouvé de raisons pour s’organiser, et que la société n’a nullement besoin de ce genre de structuration, tant toute société dispose de ses propres repaires. Et que le courant est une émanation naturelle, incluant des personnes, des initiatives et des actions, venant de toutes les composantes de la société, autour d’une idée directrice et non selon une structure précise… La décision de l’organisation totale est un mythe, car s’apparente à l’Etat, et pas n’importe quel Etat, plutôt un Etat totalitaire qui a chuté à cause de son totalitarisme, comme l’annonce Jassem Soltane parrain des révisionnistes.

Le 3ème épisode du feuilleton: l’accord secret… Le partenariat

D’autres font état que la relation des Frères avec le Qatar s’est beaucoup réduite pendant la période du Cheikh Khalifa Ben Hamad Al Thani (1972 – 1995), car il cherchait à orienter son pouvoir vers une dimension plus arabe, mais des Britanniques et une élite qatarie ont brisé cet élan. Les années quatre-vingt-dix ont connu des troubles internes, aussi les relations avec les pays du Moyen-Orient, lors du traçage des frontières avec l’Arabie Saoudite en 1992 et l’investissement du Qatar dans la chaine «El-Jazeera» dominée par la vision des Frères Musulmans, et l’Accord commercial avec Israël en 1996. Ainsi que le retrait du Qatar du Sommet du CCG en 1994, suite à la présentation de l’Arabie Saoudite de la candidature de Jamil El-Houjeilan pour le poste de Sécrétaire-Générale du CCG.

La certitude est que la relation du Cheikh Hamad avec les Frères, a mis le Qatar en opposition directe avec plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, essentiellement l’Egypte, l’Arabie Saoudite et l’EAU. Ces pays ne voient pas seulement que Doha à travers des réformes rapides mette toute la région en danger, mais qu’elle s’est mise en alliée des forces qui veulent du mal à la sécurité commune du CCG.

Waddhah Khanfer, l’islamiste venant de la Jordanie à travers le Soudan, représente une histoire parmi tant d’autres, explicatives comment les Frères sont devenus un investissement qatari. Aussi, qu’un partenariat a été signé. Khanfar s’est converti d’un islamiste local, ou simple directeur du bureau du Secrétaire Général du Congrès Général Islamiste, en correspondant de la chaine «El-Jazzera», puis concepteur du projet du réseau «El-Jazeera» avec ses grandes plateformes de médias numériques, à travers duquel «El-Jazeera» domine une part importante de la promotion qatarie.

L’année qui a suivi le lancement de la chaine «El-Jazeera», a vu naitre un conflit doux entre le Qatar et l’Egypte. Couronné par la visite du Chef des Renseignements Egyptien, Omar Souleiman à Doha, pour demander de clore cette chaine «de propagande». Au même temps, le Qatar a établi des relations avec le Gouvernement soudanais, que dirige le «Front islamistes», qui prévoyait s’exporter lui aussi «sa révolution». Le Qatar s’est allié aussi à tout régime dirigé par les Frères Musulmans, d’Erdogan à Ismail Hania, en passant par Morsi, mais aussi des petits partis, tant ils sont proches de l’Islam politique, y compris chiites. Comme il a bâti de fortes relations avec la Turquie, réconfortées par la victoire de Morsi, et l’apport fourni par ces deux pays aux Frères Musulmans. 

Les Frères constituent une épine dans la dorsale de la modération arabe… Plutôt deux épines

Certains pays arabes considère le Qatar comme source d’instabilité dans la région, comme l’explique des responsables au Caire, qui font porter au Qatar et aux Frères Musulmans, la responsabilité de l’explosion de l’église copte, le 11 Décembre 2016. Qui a entrainé la mort de 25 personnes ainsi que 35 blessés. En Février 2016, l’armée égyptienne en réponse au massacre commis par Daech sur 21 coptes égyptiens en Libye, a accompli des raids aériens sur les emplacements de cette entité terroriste en Afrique du Nord. Même avec le soutien de la Ligue des pays arabe à l’initiative du Caire, les responsables qataris, ont exprimé des réserves, pour cause du comportement unilatéral du Caire, et la menace portée à des libyens innocents. Au temps où Doha porte un soutien au gouvernement laïc de Tobrouk, reconnu au niveau international. Un diplomate égyptien de haut niveau a critiqué le Qatar et l’a accusé de soutenir le «terrorisme». Chose qui a poussé Doha à rappeler son ambassadeur.

Compte des faits

L’investissement du Qatar dans les Frères Musulmans, n’a pas été fructueux, avec l’élection de Mohamed Morsi comme étant le premier président élu démocratiquement, représente une grande victoire pour Doha. Mais sa chute a porté un coup très grave à l’agenda de la politique extérieure qatarie. Qatar accueille des islamistes sujets à des polémiques, dans le but de servir ses intérêts. Les dividendes de cette politique, viennent en contradiction avec le comportement belliqueux, et sans raison, envers les pays du CCG.

Les Qataris pensent que le contrôle des Frères Musulmans, leur donnera automatiquement, une occasion dans le futur pour imposer leur empreinte sur l’ensemble du Monde Musulman. Ils savent que les Sultans Ottomans ont initié leur pouvoir à travers le contrôle d’un espace terrestre, moins grand que le Qatar. Mais, ils ont pu s’élargir, sur la base d’un «projet» spirituel, suivi d’un projet militaire expansionniste. Les Islamistes pensent à l’impossibilité de remplacer le financement qatari en cette période. Pour ces raisons le partenariat va continuer. Dans ce but, plusieurs penseurs présentent la promotion morale et les projets de transformation, dans le but d’égaliser les comptes et rendre la perte surmontable. Tout ceci peut changer, après que Riad ait tracé ses lignes directrices. Et de ce fait, la question ne peut aller que dans un sens, sans autres possibilités.

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