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Scandale à Gênes : de faux Modigliani dans une exposition ! - Majalla Magazine
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Scandale à Gênes : de faux Modigliani dans une exposition !

'Rousse au pendentif' de Amedeo Modigliani au musée André Jacquemart à Paris (Getty)
 'Rousse au pendentif' de Amedeo Modigliani au musée André Jacquemart à Paris (Getty)
‘Rousse au pendentif’ de Amedeo Modigliani au musée André Jacquemart à Paris (Getty)

 Par Nasreddine Ben Hadid

Autant la culture occidentale, européenne en premier, accorde à la production artistique, la peinture entre autres, une importance qui frôle la vénération, autant cette vénération a dépassé depuis des siècles la contemplation admirative, pour succomber à la sacrosainte «loi du marché», à savoir octroyer à ces «chefs-d’œuvre» une dimension «spéculative». On n’achète plus, ou pas uniquement, un tableau, pour sa valeur pittoresque, mais surtout et essentiellement en quête de «placements» qui peuvent rapporter gros. En conclusion : investir dans un tableau, rapporte plus (généralement) que des placements dans l’immobilier ou encore la bourse.

De ce fait, «le marché de l’art», connait une des plus grandes fièvres, et surtout a encouragé deux phénomènes : Le vol des tableaux, qui s’avère une activité, certes dangereuse, mais peut rapporter gros. Mais aussi, le marché des «faux tableaux», où un «faux» peut (parfois) induire en erreur le plus éveillé des experts.

De ce fait, l’histoire de l’art pictural, regorge à la fois de «scandales», de tel tableau volé de tel musée, ou telle «copie» vendue à tel musée. Le scandale est d’autant plus fort, ou plus fracassant que l’artiste concerné est fameux et célèbre.

Dire que la Joconde gardé jalousement au Musée du Louvre, est un faux, fait rire ou peut être serait le sujet d’une fiction rocambolesque, mais constitue une certitude pour certains, y compris des «experts» qui jurent par tous des «preuves», que la «Joconde véridique» dort quelques part, dans le coffre d’un richissime collectionneur, qui savoure le plaisir de regarder la «vraie Joconde», tout seul. Quel plaisir est plus grand !

L’Italie, ou la ville de Gênes, en particulier, vient d’être secouée par un scandale, à l’échelle d’un tremblement de terre. Un tableau, et un seul aurait déclenché le plus grand des esclandres. Que dire de Vingt-et-un tableaux…

Encore plus grave, et donc source de toute une polémique, plus d’un expert et référence, a alerté les autorités, concernant non pas un doute, mais une certitude que plusieurs tableaux étaient des faux. Du 16 mars, date de l’inauguration, ces autorités n’ont bougé que le 13 juillet dernier, soit trois jours avant la fin de l’exposition, pour placer sous séquestre les «faux tableaux».

Le fameux et combien historique Palazzo Ducale de Gênes, a enfermé jalousement 21 faux tableaux. De l’avis des spécialistes, la notoriété du palais, le prestige de l’exposition, mais surtout la couverture médiatique, ont été choisis dans le but de «blanchir» ces tableaux. A savoir les introduire sur le marché de l’art, comme étant des «vrais».

Une affaire de plusieurs centaines de millions de dollars. Amedeo Modigliani vend bien et même très bien. En conclusion, son nom est prestigieux chez les critiques, mais surtout (et pas de moindre importance) dans «la bourse de l’art»…

«Ce sont des faux notoires et flagrants. De tels faux que même un enfant de 10 ans saurait les reconnaître!», s’est étonné Marc Restellini, historien de l’art et fondateur de la Pinacothèque à Paris, dans une déclaration à un quotidien français. Et avoue ne pas comprendre «comment des conservateurs, y compris de musées français, ont pu prêter des tableaux à cette exposition».

 

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