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France : Un Conseil présidentiel pour l’Afrique  - Majalla Magazine
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France : Un Conseil présidentiel pour l’Afrique 

Emmanuel Macron avec le "Conseil Présidentiel pour l'Afrique" a Paris le 29 août 2017 (Getty)
Emmanuel Macron avec le "Conseil Présidentiel pour l'Afrique" a Paris le 29 août 2017 (Getty)
Emmanuel Macron avec le « Conseil Présidentiel pour l’Afrique » a Paris le 29 août 2017 (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

La France vit de l’avis de ses politologues et autres experts une crise assez grave, qui se répercute déjà sur sa classe politique et surtout sur toute la société. Anxiété, colère, mais surtout mécontentement, qui gagnent, tel un cancer, tout le peuple. Avec la certitude, que la France devrait être à un niveau économique meilleur mais surtout que demain n’est pas meilleur. Ceci malgré ces tirades de promesses, que les politiciens au pouvoir ne cessent de lancer.

«Exporter» plus et encore plus. Tel un leitmotiv qui ne cesse de s’amplifier, ce mot est le «sésame» qui nécessite l’ouverture des marchés devant la production française, sans négliger une abondance de matières premières, à des prix pouvant réduire le cout, afin de dégager encore plus de bénéfices.

Le «Conseil présidentiel pour l’Afrique» (CPA) que le Président français Emmanuel Macron, vient de décider, vient non pas pour placer l’Afrique en ligne de mire, car le continent noir l’a été toujours pour la politique française, mais surtout admettre une «politique plus agressive» tant la part de la France est en nette régression, aussi bien devant des concurrents classiques, à savoir les Etats-Unis et les pays de l’Europe, mais aussi «les nouveaux venus» tels la Chine, la Russie, ou même le Brésil et l’Inde.

Fidèle à sa promesse électorale, Emmanuel Macron a officialisé le Conseil présidentiel pour l’Afrique, lors de son discours aux ambassadeurs mardi 29 aout. Qui n’est autre qu’un «groupe de travail, destiné à mieux identifier les défis auxquels est confronté le continent».

Personne ne peut croire ce langage «messianique», surtout enrobé dans un emballage «philanthropique», dont la France use, depuis la nuit du colonialisme…

«C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde». Personne ne peut contredire Macron ou réfuter sa phrase, mais faut-il ajouter surtout que ce «monde», comprend tous les pays en concurrence, qui viennent jouer une partie de leurs avenirs sur ce continent. Macron, dans son discours devant les ambassadeurs a lancé l’idée, et a réitéré sa volonté de «placer le continent africain au cœur de la diplomatie française».

«L’Afrique n’est pas seulement le continent des migrations et des crises, c’est un continent d’avenir. C’est pourquoi nous ne pouvons le laisser seul face à ses défis, démographiques, climatiques, politiques». Il faut rappeler que l’Afrique francophone constitue la part du lion du «trésor colonial» français, aussi bien sur le plan culturel, à maintenir un espace francophone, que sauvegarder un espace économique que la France peine à garder ou même commence partiellement à le perdre….

Le Conseil est composé de onze tous «bénévoles», selon l’Élysée, et se compose notamment du footballeur franco-béninois Jean-Marc Adjovi-Boco, la chercheuse kényane Yvonne Mburu, l’avocat français Yves-Justice Djimi ou encore Jules-Armand Aniambossou, ancien ambassadeur du Bénin en France et ex-camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA. En conclusion, un groupe de «relation publique», de propagande et même de promotion, plus que d’experts en maintes spécialités.

Selon une source proche du chef de l’État, dans une déclaration à un hebdomadaire local «l’objectif est de créer quelque chose qui survivra au président Macron et qui aura donc une existence institutionnelle»,

Une chose est certaine, ce Conseil dégage un malaise français de «capitaliser» l’Afrique, et la convertir à la fois en «chasse gardée» mais aussi en «mère nourricière» pour une économie en malaise et une société aux abois.

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