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Armées françaises: des coupes dans le budget ? - Majalla Magazine
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Armées françaises: des coupes dans le budget ?

 

Par Majalla  

L’actuel chef d’état-major, le général François Lecointre, vient de mettre en garde contre les «réflexes de régulation budgétaire sauvages». Il ne fait que répéter et même redire les propos de son prédécesseur, le général Pierre de Villiers, qui a quitté son poste pour des propos similaire, mais avec un ton plus cru et surtout plus acerbe…

Ces deux déclarations qui viennent l’une à quelques semaines de l’autre, démontrent deux choses :

  • Il ne suffit pas de remplacer un chef d’état-major par un autre, pour faire taire celle qu’on surnomme la «grande muette»
  • Cette affaire de budget, restriction en plus clair, n’est pas une affaire d’hommes ou de chefs, plutôt une peur ou même une hantise qui traverse toute l’armée.

Aussi simple qu’elle l’est réellement, la tension qui a suivi la réflexion quant à une éventuelle restriction ou baisse du budget des armées, est la fois sociale, mais militaire et stratégique.

Sociale, car à l’image de toute profession ou corporation, les militaires aussi, ont peur du chômage ou des réductions de la qualité du travail, sans oublier les restructurations qui peuvent pousser certains militaires à changer de régions ou même de spécialités….

Militaire et surtout stratégique, car les tenants de l’arène militaire, tout en étant sous la direction d’un ministre civil, mais surtout sous les ordres du président de la République, se considèrent chargés d’une mission plus large que la simple protection du territoire français ou des intérêts du pays. Mais se voient, ou plutôt considère la grandeur de l’armée synonyme de la grandeur du pays, et son splendeur.

Sans oublier tout un complexe industriel militaire, qui est aussi, un des plus importants lobbys du pays. La question est chez les «civils» comprendre la direction politique du pays. Il serait plus que déplacé et même contreproductif de pousser l’actuel chef d’état-major à la démission. L’action serait la vague qui déborderait toutes les vases…

L’actuel chef d’état-major, adore la métaphore, tant les phrases directes, risquent de faire grincer les dents de son ministre et ceux du président de la République. «Une armée est un gros paquebot, on ne construit pas un appareil militaire en deux coups de cuillère à pot», a-t-il déclaré à l’université d’été de la Défense, qui réunissait la ministre des Armées Florence Parly, militaires et parlementaires à Toulon (le Sud de la France).

«Les réflexes de régulation budgétaire sauvages viennent trop souvent, malheureusement, détruire le travail de cohérence qui est effectué dans le cadre de l’élaboration de la loi de programmation militaire et des lois de finances initiales», a-t-il ajouté lors de la même occasion, sans métaphores et sans détours. Dans un langage clair et un message plus que net, que la ministre des Armées Florence Parly, présente sur le lieu, a certainement compris.

Dans un souci d’efficacité, et surtout dans le but de présenter des solutions, ce général a notamment insisté quant à la nécessité de maintenir un financement interministériel des opérations extérieures (environ 1,2 milliard d’euros par an) plutôt que de faire porter l’effort sur le seul ministère des Armées.

En termes budgétaires, les Armées doivent assumer en 2017 le surcoût des opérations extérieures (environ 850 millions d’euros), jusqu’ici réparti entre les autres ministères au nom de l’effort collectif de défense.

Concrètement, leur budget restera en apparence inchangé par rapport à celui voté par le Parlement en 2016. Mais cela fait 850 millions de crédits en moins pour leurs programmes d’équipements.

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