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La France et son Code du travail : les limites de la fracture - Majalla Magazine
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La France et son Code du travail : les limites de la fracture

 

Par Nasreddine Ben Hadid

Dans un sondage que la France effectue tous les dix ans, et qui touche un grand nombre de personne, la réponse à la question: «Quelle catastrophe, vous redoutez le plus?», était dans les années soixante «la perte d’un parent ou du conjoint», et est tout simple de nos jours «perdre son travail».

Aussi, l’augmentation des SDF, comprendre «sans domicile fixe», à savoir ces «clochards» dont le nombre augmente constamment, est à cause pour une majorité écrasante, de la perte du travail.

De ce fait, avoir un travail, est à la fois une source de revenue, mais aussi joue le rôle d’indicateur social, pour ne pas dire épanouissement personnel.

Aussi, la France et surtout les Français, essentiellement les hommes politiques au pouvoir, se sont vantés depuis les années cinquante du siècle dernier, et même avant, d’avoir le meilleur des «Code du travail», celui qui garantissait des droits inimaginables dans d’autres pays, mais aussi des avantages qui ont rendu jaloux les travailleurs de plus d’un pays.

Baisser le temps du travail à 35 heures par semaine, et aménager ce temps en convenance avec l’employeur avait constitué de son temps, «la cerise sur le gâteau», ou même l’accomplissement du «rêve français», à savoir le «songe d’une classe «prolétaire» qui s’apparente mieux à la petite bourgeoisie qu’aux travailleurs décrits par Emile Zola sur les pages de ses romans…

La crise mondiale, la délocalisation, et la hausse du cout du travail en France, sont les raisons que le patronat a toujours avancé, pour dénigrer ces «acquis», mais surtout pour demander de (re)discuter ces avantages, et encore mieux refondre ou même reformuler un nouveau «Code du travail».

François Sarkozy a osé poser les questions, sans y apporter une réponse. François Hollande a tenu des propos d’une incohérence parfaite. Par contre, Manuel Valls son Premier ministre, l’a fait passer par force grâce au 49.3, qui permette au pouvoir exécutif de contourner son homologue législatif, tant le refus était grand aussi bien dans les rangs de l’opposition de Droite, que chez la Majorité de Gauche….

Est venu le temps pour l’actuel Premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud, de formuler les ordonnances réformant le code du travail. Une mission difficile pour la première grande réforme du quinquennat d’Emmanuel Macron…

C’est «une réforme de transformation profonde» qui «doit être assez ambitieuse et efficace pour continuer à faire baisser le chômage de masse et permettre de ne pas revenir sur ce sujet durant le quinquennat», tels sont les propos du président Emmanuel Macron dans un entretien accordé à une revue française…

La phrase magique de toute l’approche médiatique d’Emmanuel Macron que de son équipe est «la baisse du chômage». Une phrase qui ne peut laisser insensibles les chômeurs que leurs proches et parents, ainsi que tous ceux et celles, qui seront prochainement sur le marché du travail. En conclusion, presque tout le peuple français…

Ce souci de radier le chômage, ou du moins le faire baisser à un niveau équivalent à l’Allemagne, pays de référence, fait passer au second plan et même fait oublier les avantages sociaux, tant certains pensent, qu’il faut bien avoir un emploi pour penser aux avantages !

Sans le dire directement, ou même l’annoncer, les amendements apportés au Code du travail, arrangent pleinement le Patronat, qui les considère comme «conditions» pour relancer l’économie et la rendre à la fois souple et compétitive. Souplesse n’est qu’une formulation polie pour dire «licenciement». Compétitive, aussi, est synonyme de «baisse du coût», comprendre des salaires.

Ce nouveau «chantier» est déjà un champ de bataille, entre la majorité qui gouverne, et une certaine opposition, représenté par «La France qui marche», et certains syndicats, qui expriment à la fois, un refus des détails, à savoir les ordonnances d’application, dont la présentation revient à l’actuel Premier ministre Édouard Philippe, que la vision politique que porte Emmanuel Macron. Sans omettre  celle portée par François Hollande que son Premier ministre Manuel Valls.

En conclusion, il n’y a plus, comme dans le temps, une Gauche défendant «la classe ouvrière» face à une Droite au service des capitalistes. La Loi est passée pendant le quinquennat d’un président socialiste, et surtout avec un passage en force, de la part d’un Premier ministre socialiste. La mise en application par ordonnnaces, se fait actuellement, sous un Président issu de la Gauche, mais refusant les deux bords. En somme un combat avec une Gauche extrême, d’une part et la Gauche et la Droite confondues…

La majorité des Français sans aimer ce Code, ne peut que l’accepter, dans l’espoir de garder un emploi que d’en trouver un. Mais, en cas de non satisfaction des promesses, à savoir la baisse du taux de chômage essentiellement, la grogne reviendra au grand galop…

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