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Khemaies Jhinaoui: La Tunisie progresse à pas sûrs et l'économie est en voie de reprise - Majalla Magazine
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Interviews

Khemaies Jhinaoui: La Tunisie progresse à pas sûrs et l’économie est en voie de reprise

La Tunisie a connu des moments difficiles depuis la fin des événements du «Printemps Arabe» et une succession de gouvernements. Chose qui s’est traduite par une faiblesse de rendements au niveau sécuritaire, et une régression économique, avec des répercussions au niveau social.

La situation s’est aggravée suite aux deux attaques terroristes contre le Musée du Bardo à Tunis et l’Hôtel Imperial à Sousse en 2015, qui ont entrainé des dizaines de victimes étrangères. Chose qui a poussé certains pays européens à prendre des mesures, et avertir leurs citoyens de ne pas se rendre en Tunisie.

Mais depuis le début de 2016, une amélioration s’est amorcée à différents niveaux, avec des répercussions positives sur tous les secteurs : La Grande-Bretagne et d’autres pays ont levé l’interdiction à leurs citoyens de se rendre en Tunisie.

Le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui a accordé à «Majalla», une longue interview, où il a été question de la situation politique, sécuritaire et économique en Tunisie.

Tunis : Nadia Turki

Comment évaluez-vous les relations extérieures de la Tunisie actuellement? Ont-elles connu une amélioration par rapport à 2015, surtout avec ce que le pays a connu d’opérations terroristes ?

La politique étrangère de la Tunisie a retrouvé, depuis l’élection du président Béji Caid Sebsi à la tête du pays, ses repères, et a pu rétablir sa crédibilité, en adoptant une approche plus proactive. La Tunisie a pu reprendre de la sorte, sa présence active dans son environnement immédiat, ainsi que sur la scène internationale. A pu aussi reprendre son statut de force de propositions, et membre actif parmi la communauté internationale, qui œuvre pour la sécurité, la stabilité et le développement, ainsi que pour la concrétisation des valeurs de coopération et de solidarité entre les peuples.

À cet égard, vient la participation du Président de la République aux sommets internationaux, à l’instar du sommet des pays les plus industrialisés à Taormina, en Italie (26-27 mai 2017) et le 20ème sommet de Berlin sur l’Afrique (12-13 juin 2017). En plus de la tenue du premier sommet Tuniso-européen, le 1er décembre 2016 à Bruxelles. Sans omette l’intensité des visites de responsables étrangers de différents niveaux à notre pays. Chose qui indique bien, l’intérêt croissant pour la Tunisie et ses positions.

Malgré les événements terribles qu’a traversés le pays en 2015, je peux annoncer avec certitude que la diplomatie tunisienne a largement réussi à éliminer les perceptions négatives de la Tunisie. Cela s’explique par le nombre croissant de touristes visitant le pays au cours des deux dernières années et les intentions d’investissement croissantes, en particulier suite au succès de la Conférence internationale sur le soutien économique et de l’investissement en Tunisie, tenue les 29 et 30 novembre 2016.

Je tiens à souligner que la réalisation de ces résultats positifs, s’explique principalement par les acquis réalisés dans le domaine de la démocratisation, la concrétisation de l’Etat de droit, ainsi que les succès importants réalisés dans le domaine de la sécurité.

Notre objectif aujourd’hui, se concentre plus que jamais sur l’aspect économique, à travers l’octroi à cette diplomatie économique une priorité dans toute action du ministère et de nos missions à l’étranger dans le but soutenir le processus de développement dans le pays. Ainsi qu’augmenter les investissements et améliorer le développement du commerce extérieur.

La levée de l’interdiction faite aux Britanniques de ne pas voyager en Tunisie, annoncée sur le site officielle du Ministère des Affaires étrangères britannique, pourrait-elle, selon votre avis, constituer un incitateur suffisant au retour des investisseurs et des touristes en Tunisie ?

Le secteur du tourisme est un secteur très sensible en raison de sa dépendance directe de la situation sécuritaire, politique et sociale. La Tunisie, comme d’autres pays dans le monde, a été victime d’attaques terroristes, en particulier sur deux sites touristiques à savoir, le Bardo et Sousse. Chose qui a eu un impact direct sur le secteur du tourisme. Cependant, les mesures prises par le gouvernement tunisien et les importants succès enregistrés par nos forces nationales dans le domaine de la sécurité et les efforts déployés par la diplomatie tunisienne et le ministère du Tourisme, nous ont permis de surmonter les effets de ces attaques et de rétablir la confiance des opérateurs touristiques du monde, et de les convaincre de la capacité de la Tunisie à assurer la sécurité de invités. Ainsi que des conditions favorables à un retour de l’activité touristique à un niveau ultérieur. Chose qui s’est concrétisée tout au long de la saison réussie cette année. Sans oublier l’ouverture de nouvelles chaînes hôtelières de haut niveau dans notre pays en 2017.

Nous espérons que l’action britannique aurait un impact positif sur l’afflux de touristes britanniques. Nous constations des indices encourageants concernant une reprise des activités des tours opérateus les plus importants du Royaume-Uni vers la Tunisie, avec un retour du niveau enregistré avant 2015.

J’espère que ma visite en Grande-Bretagne en octobre 2017 constituera une occasion supplémentaire pour améliorer davantage la consultation avec ce pays ami, avec qui la Tunisie entretient des relations historiques d’amitié. Ainsi que pour développer un partenariat économique et renforcer la coopération entre les deux pays dans divers domaines.

Pouvez-vous, en tant que ministre des Affaires étrangères, lors de vos négociations avec des pays étrangers, pour les inciter à investir, évoquer une Tunisie exempte de la menace terroriste?

Aucun pays dans le monde n’est à l’abri de la menace du terrorisme. Ce phénomène, selon les rapports internationaux, reste un danger omniprésent pour tous les pays du monde et il est trop tôt pour évoquer sa disparition malgré les grandes victoires obtenues par les États et les alliances internationales sur les organisations terroristes. Les préparatifs ainsi que la bonne performance des forces de sécurité et militaires tunisiennes, lui ont permis de lancer des frappes préventives fructueuses contre les terroristes, de déjouer leurs plans et de découvrir des cellules dormantes. La Tunisie a pu enregistrer de la sorte de grands succès sécuritaires au cours des dernières années. Chose qui a permis d’améliorer considérablement le niveau des compétences nationales. En outre, l’absence de l’incubateur populaire du terrorisme dans notre pays et la prise de conscience des Tunisiens de la gravité de ce phénomène sur la sécurité et la stabilité du pays, ont permis de circonscrire ce phénomène. La Tunisie reste vigilante afin d’éviter tout risque dans ce domaine. Elle est également au même niveau sécuritaire que les principales capitales européennes.

Je crois que le message le plus important qu’on peut adresser aux investisseurs étrangers à cet égard, est de les rassurer quant la situation sécuritaire en Tunisie en soulignant le sérieux des préparatifs nationaux dans divers domaines pour contenir le fléau de l’extrémisme et lutter contre le terrorisme.

Concernant «les combattants» tunisiens en Syrie et en Irak, êtes-vous arrivés à conclure des accords quant à leurs sort, et concernant leurs retours en Tunisie ? Quel serait leur sort ?

Le retour des terroristes des foyers de tension constitue une menace directe pour la sécurité nationale de tous les pays. La réponse apportée est propre à chaque pays, et selon le cas. Ceci dans le but de les empêcher de mener des actes de terrorisme, d’aider à en accomplir, de contribuer à la polarisation ou de commettre des actes criminels. Pour la Tunisie, la Stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme opère dans le cadre de sa mission, à conter le phénomène des combattants étrangers en renforçant le cadre juridique pour criminaliser à la fois, leurs polarisations et le fait de faciliter leurs déplacements vers les foyers de tensions. Et ceci, à travers la mise en place de mécanismes pour les traiter avec la plus grande rigueur dans le but protéger la société contre leurs dangers.

La grave situation sécuritaire au Moyen-Orient en général, a-t-elle affecté la situation économique et politique en Tunisie, et ce en dépit de l’éloignement géographique?

La situation arabe, malheureusement, est sous l’emprise de lourdes tensions et de crises aiguës, et vit un stade très dangereux. Ceci en dépit de certains efforts, en particulier pendant la présidence tunisienne du Conseil ministériel de la Ligue en 2016-2017, et malgré les intentions louables du Secrétaire général de la Ligue de relancer la solidarité arabe et d’activer l’action arabe conjointe, les crises qui ont fait suite aux révolutions arabes se sont intensifiées, en particulier en Libye, en Syrie et au Yémen. Le conflit actuel dans la région du Golfe a eu pour effet la création d’une nouvelle faille dans le tissu arabe, et nous pensons que nos frères dans le Conseil de Coopération du Golfe en étaient loins. Nous espérons que ce différend sera surmonté dans les plus brefs délais afin que le Conseil retrouve son statut de pilier-clé dans le système arabe en général.

La Tunisie a insisté depuis les élections de 2014, à entretenir des relations distinguées avec tous les pays arabes, basées sur la coopération et le respect mutuel. Elle s’est efforcée de développer des partenariats multiples et diversifiés basés sur l’intérêt mutuel. Cela s’est manifesté lors des visites officielles du Président de la République à un certain nombre de pays arabes et la relance d’un certain nombre de comités mixtes. En plus des visites effectuées par le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères et un certain nombre d’autres ministres à de nombreuses capitales arabes.

Il ne fait aucun doute que les conditions difficiles et les crises graves, que vit la région affectent le volume des échanges et des investissements entre la Tunisie et les différents pays arabes. Cette situation nécessite le réexamen de la structure d’action conjointe arabe, établie il y a plus de 70 ans. Ainsi que repenser à de nouveaux mécanismes qui contribueraient à atténuer les crises. Sans oublier la création d’un cadre ou structure sécuritaire arabe, qui servirait à résoudre les différends et réduire leurs effets politiques, sécuritaires et économiques.

La crise en Libye a affecté la situation interne et les relations extérieures tunisiennes. La Tunisie a joué un rôle important dans la réalisation de nombreux accords internes en Libye et à l’étranger. Joue-t-elle actuellement un rôle dans la conciliation d’un accord entre les différentes parties en Libye? Quel est ce rôle?

La crise en Libye a directement affecté la situation en Tunisie. Notre pays a supporté le poids de la crise dans ce pays frère depuis 2011 et a reçu le plus grand lot de réfugiés libyens.

La Tunisie a subi l’effet de l’expansion du terrorisme et la faiblesse de l’Etat-central en Libye, à un prix très fort. Par exemple, nos échanges commerciaux avec ce pays qui dépassaient 2,5 milliards de dollars pour l’année 2011, ont considérablement chuté, pour arriver au néant par moments. Mais nous soulignons et nous tenons toujours à l’interrelation profonde et historique entre Les deux peuples, mais aussi aux relations stratégiques et vitales entre les deux pays.

La Tunisie a ouvert les bras à  tous les Libyens qui ont recouru à elle, sans discrimination. Sachant qu’un grand nombre d’entre eux se sont installés dans notre pays. Ce devoir nous l’avons accompli avec fierté et humilité. Le Président de la République a discuté avec les différents acteurs de la scène libyenne. La Tunisie a également accueilli la Mission d’appui des Nations Unies en Libye depuis, et ce depuis 2014, et continue d’appuyer à accomplir ce rôle dans les meilleures conditions. Il en va de même pour la plupart des missions diplomatiques accréditées en Libye avec établissement en Tunisie.

La création du Conseil présidentiel du gouvernement de la réconciliation nationale, a eu lieu en Tunisie et s’est déplacée de Tunis vers Tripoli, en coordination avec les autorités tunisiennes et sous protection sécuritaires des forces tunisiennes. Ceci est notre devoir envers nos frères en Libye, car de la stabilité et la sécurité de la Libye, dépend la stabilité et la sécurité de la Tunisie. Sachant que le plus grand nombre de rencontres entre les partis libyens se sont passées en Tunisie.

Afin de remédier la crise de 2016, ainsi qu’aux difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de l’accord politique de 2015, le Président de la République Béji Caid Sebsi a lancé une initiative pour résoudre la crise libyenne, qui a induit une mobilité locale et internationale, a éloigné le spectre des conflits armés entre les parties libyennes et a rendu la voie politique sur sa bonne voie.

L’initiative a abouti à «l’annonce de Tunis du 20 février 2017» d’un règlement politique intégral en Libye, signé par les ministres des Affaires étrangères de la Tunisie, de l’Egypte et de l’Algérie pour se convertir en une initiative tripartite visant à créer la plus grande cohérence des messages politiques adressés aux Libyens et aux acteurs régionaux et internationaux.

La Tunisie, dont les frères libyens sont conscients, de son intégrité et de son souci de conclure une solution de la crise, appuie constamment l’adoption d’une approche objective fondée sur le principe fondamental selon lequel la solution doit être libyenne, et émerger d’un dialogue global sous les auspices des Nations Unies, sur la base d’un accord politique, qui doit être rectifié sur la base des accords entre Libyens. Ces principes généraux sont celles de l’initiative tripartite entre la Tunisie, l’Algérie et l’Égypte.

Le message que la Tunisie adresse actuellement, à la communauté internationale et les forces actives, stipule la nécessité d’associer les efforts pour trouver une solution à la crise que vit ce pays frère, sous les auspices des Nations Unies, et soutenir le nouvel envoyé du Secrétaire général des Nations Unies, M. Ghassan Salamé.

Nous avons confirmé ce message et ce choix, lors de tous les événements, en dernier notre participation en tant que représentant du Président de la République à la quatrième réunion du Comité de haut niveau de l’Union africaine concernant la crise en Libye, tenue à Brazzaville le 9 septembre. Les participants à la réunion ont convenu de lancer un nouveau cycle de dialogue à Tunis, avant la fin de septembre 2017, auquel participent les deux comités de dialogue de la Chambre des représentants, et le Conseil suprême de l’Etat libyen sous les auspices des Nations Unies, tel que stipulé dans l’accord politique, dans le but d’apporter des modifications consensuelles à l’accord politique en décembre 2015, et accélérer l’application des accords constitutionnels et électoraux restants. Nous mettrons toute notre capacité et notre expérience dans le domaine de la transition démocratique à la disposition de nos frères libyens et des Nations Unies.

Bien que de nombreuses organisations internationales, gouvernementales, et non gouvernementales considèrent que l’expérience tunisienne a réussi, surtout après l’adoption de la Constitution et la stabilité sécuritaire observée dans le pays par rapport aux pays des «révolutions», d’autres pensent que la situation en Tunisie était beaucoup mieux avant 2011 et que le pays souffre actuellement sur les plans économique et social, même si la situation sécuritaire n’était pas comme avant. Comment évaluez-vous la situation actuellement par rapport au passé, d’autant plus que personne ne peut nier que la Tunisie était un pays stable et ouvert?

Nous vivons depuis six ans, une phase historique, marquée par la transition démocratique qui a abouti à la promulgation de la nouvelle Constitution de la République, distinguée par son aspect civil et progressiste. Ainsi que la tenue des premières élections présidentielles et législatives libres et pluralistes dans l’histoire de la Tunisie. Il ne fait aucun doute que ce processus nécessite encore beaucoup de travail et de persévérance pour le consolider et le développer afin que les piliers de la gouvernance démocratique reposent sur des bases solides et répondent aux  attentes légitimes du peuple tunisien.

Nul ne peut ignorer que la Tunisie vive des changements radicaux en profondeur. Et il se fait naturel que cette situation puisse induire un peu de confusion dans la situation générale dans le pays. Sans omettre l’accumulation de difficultés économiques et de développement. Nous avons dû faire face au fléau du terrorisme et diriger les efforts nationaux pour restaurer la sécurité, la stabilité et la paix sociale, dans une situation internationale et régionale turbulente, extrêmement précaire et complexe.

Actuellement, nous vivons dans un climat politique consensuel, et abordons la situation économique et sociale avec toutes ses difficultés, sous une approche réformiste. Aussi, une consolidation des capacités des forces de sécurité et militaires, qui ont enregistré des victoires très importantes sur le terrorisme, et conduit à la levée de l’interdiction de visite, imposée par plusieurs pays européens après l’été 2015. Chose qui a conduit à une reprise du secteur touristique et une augmentation du volume des investissements. Et par conséquence un début de reprise de l’économie nationale.

Alors, la logique de l’histoire ne peut jamais faire marche-arrière, tant la Tunisie progresse, quoique à un rythme qui semble à première vue lent mais stable. Nous sommes convaincus que l’économie nationale, est sur le chemin du rétablissement. Et que la Tunisie dispose de toutes les conditions objectives pour devenir, dans un délai raisonnable, un pôle économique prometteur au cœur du bassin méditerranéen.

La présence du mouvement Ennahdha, branche islamiste en Tunisie, à travers  une majorité au Parlement tunisien, n’a-t-elle pas entraîné des pressions et des difficultés pour conclure des accords au niveau international, avec ceux qui ne voient pas d’un bon œil la montée de partis islamistes en Tunisie?

La présence d’Ennahdha n’est pas limitée au Parlement. A l’instar de tous les autres partis politiques nationaux et les principales organisations de la société civile dans le pays, elle fait partie de la scène politique et des partenaires du Gouvernement d’Unité Nationale. Le rôle de ce parti ou tout autre parti, se définie principalement selon la volonté libre de l’électeur tunisien. Les relations de la Tunisie avec tous les acteurs internationaux sont très bonnes et se développent d’une manière aussi bien croissante que rapide. Il ne se passe pas une semaine sans signature d’accords de coopération dans divers domaines. C’est un signe que tous les pays respectent les choix du peuple tunisien et le droit d’expérimenter le consensus, qui est une caractéristique de l’expérience démocratique en Tunisie et un facteur de soutien à la stabilité.

Enormément de polémiques politiques en Tunisie, concernant les relations extérieures qu’entretiennent certaines composantes du Gouvernement et des partis politiques, et en font usage comme moyens de pressions. Nous évoquons l’apport extérieur qu’apportent diverses parties étrangères à des parties en Tunisie qui servent les agendas des premiers. Comment cela affecte-t-il l’action politique? Elle constitue un frein à cette action politique, ou considérez-vous cette pratique saine pour un Etat «Démocratique émergent», si on peut dire ?

Evidemment, on peut décrire la Tunisie, comme étant un «État démocratique émergent» et c’est bien le cas. Les activités des partis politiques, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du Gouvernement d’Union Nationale, tant qu’ils s’engagent dans les choix du pays et les orientations publiques, et sa souveraineté nationale et les principes de la diplomatie tunisienne, ces actions peuvent constituer un complément à l’action gouvernementale. J’affirme que l’indépendance de la décision nationale et les intérêts les plus élevés de l’État est une ligne rouge qui, je pense, tous les partis nationaux en Tunisie s’engagent à ne pas dépasser.

Au regard de tout ce qui se passe dans le monde, et la montée des mouvements de Droite, ainsi que l’expansion des actes terroristes, voyez-vous des solutions proches à la crise économique en Tunisie, d’autant plus que tous les espoirs dépendent des parties exterieures pour relancer l’investissement et le tourisme, qui reste le pilier de l’économie?

Je tiens à souligner que la Tunisie a accompli, tout au long des six ans, des pas certains et très avancés sur le chemin de sa transition, largement tributaire de son potentiel humain et matériel. Mais il est naturel que nous vivions dans un monde où les intérêts sont entrelacés. Dans le but d’assurer les conditions d’une croissance économique, de l’émancipation sociale et du développement intégral et durable, notre pays doit développer ses partenariats, et élargir ses relations et sa coopération avec divers pays et espaces.

En effet, la diplomatie tunisienne s’efforce de renforcer la coopération avec nos partenaires traditionnels aux niveaux arabe, africain et européen et d’encourager ces pays à pousser encore plus leurs investissements dans des projets de développement qui aident à lutter contre le chômage en plein essor, en particulier parmi les diplômés universitaires, et à parvenir à un équilibre entre les régions.

Nous sommes conscients que nous évoluions dans un contexte régional et international précaire et instable. En plus des crises économiques subies par de nombreux pays, en particulier les pays européens, l’amplification des menaces d’attaques terroristes, l’aggravation de la crise des réfugiés et les migrations clandestines, suite aux troubles que connaissent de nombreux pays de la Méditerranée orientale et méridionale. Chose qui a entrainé des différents et des divisions. Mais aussi, une montée fulgurante des forces de Droite au sein de l’Union Européenne.

Cependant, la diplomatie tunisienne doit faire face à cette réalité avec toutes ses difficultés, ses contraintes et ses contradictions afin de préserver les intérêts suprêmes de la Tunisie, de développer ses relations, de définir ses réalisations et consolider son statut et son rôle parmi les nations.

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