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Brexit : Une transition «douce et ordonnée» sur deux ans ? - Majalla Magazine
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Brexit : Une transition «douce et ordonnée» sur deux ans ?

Par Nasreddine Ben Hadid

Le divorce entre le Royaume-Uni et l’Europe, suite au Brexit, peut faire le titre d’une fiction cinématographique ou télévisuelle, sous le titre «Divorce à l’anglaise», dont le scénario concerne les tentatives actuelles ou en cours, où la «mère de la mariée», à savoir, Theresa May veut une transition «douce et ordonnée» sur deux ans…

Il faut dire qu’un divorce avec violence entrainerait une déchirure forte, qui ferait très mal aux deux «partenaires», mais aussi, à l’inverse, aucun des deux, ne veut se laisser marcher sur les pieds, et laisser surtout l’autre top tirer la couverture.

Mars 2019, les deux «ex-mariés» seront séparés définitivement, ou en tout cas, pas d’espoir d’un nouvel amour dans un futur proche. La Première ministre britannique a confirmé cette période de transition date sous prétexte de «préparer les administrations et les différents acteurs économiques».

«Pendant cette période de mise en œuvre, les gens continueront de pouvoir venir, vivre et travailler au Royaume-Uni, mais il y aura un système d’enregistrement, des préparatifs essentiels pour le nouveau régime», a-t-elle ajouté, avec une précision que cette transition «en douceur et ordonnée» va contribuer à rassurer les opérateurs économiques.

Ce divorce ne va pas laisser une «ardoise financière» ni pour l’un ni pour l’autre. Certes, un divorce dans «la douceur» mais d’une manière «stricte» qui respecte l’un et l’autre des partenaires. En terme de chiffres, Theresa May a promis que son pays allait honorer ses engagements financiers après sa sortie de l’UE afin qu’aucun pays ne soit contraint de «payer plus ou recevoir moins» pour le reste du budget en cours, qui s’achève en 2020…

Les médias britanniques annoncent le chiffre de 20 milliards d’euros, mais sans précision de la part de la Première ministre britannique qui s’est abstenue de donner un chiffre.

Ce chiffre de 20 milliards d’euros, certes avancé par la presse britannique, sans aucune confirmation officielle, est de loin au-deçà de ce que l’Union Européenne exige. Une somme comprise entre 60 et 100 milliards d’euros, incluant des investissements d’infrastructures à plus long terme et le financement des fonctionnaires britanniques auprès de l’UE.

«À mesure que nous avancerons, nous voudrons continuer de travailler ensemble sur des voies qui encouragent le développement économique à long terme de notre continent». Ces paroles de Mme May, aussi bienfaisantes qu’ouvertes sur une «éventuelle» coopération, ne peuvent et ne seront prises ni pour monnaies sonnantes, ni même pour une «intention». Tant chacun des deux, veut un divorce sans grabuges, mais surtout pas à ses dépens…

«Cela inclut la poursuite de notre participation à des politiques et programmes spécifiques qui sont grandement à l’avantage conjoint du Royaume-Uni et de l’UE comme les programmes dans les sciences, l’éducation et la culture et ceux qui défendent notre sécurité mutuelle». Même avec ces paroles, de la part de la Première ministre britannique, ne peuvent dissiper l’amertume et induire les deux parties à penser réellement à un futur réellement conjoint ou mutuel.

Theresa May veut à travers la bonne parole entretenir un flou réellement «pas artistique». A la fois, elle sait que le Brexit est une réalité irréfutable, mais pense que le Royaume-Uni et l’UE avaient tout intérêt à trouver une solution créative pour leurs futures relations commerciales, pensant qu’il n’était pas nécessaire d’imposer des barrières douanières là où il n’en existe pas aujourd’hui. Elle a toutefois écarté la possibilité de devenir membre de l’Espace économique européen ainsi qu’un accord commercial de type Ceta conclu entre l’UE et le Canada.

Question que se posent les spécialistes : A quoi sert le Brexit, si le Royaume-Uni veut garder des «avantages» notoires au niveau des quatre libertés de circulation fondamentales de l’UE (biens, services, capitaux, personnes) qui s’appliquent, il faut le préciser au sein de l’EEE qui rassemble, outre les 28 États de l’UE, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein.

 

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