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Sénatoriales Françaises : La droite en contre-pouvoir - Majalla Magazine
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Sénatoriales Françaises : La droite en contre-pouvoir

Par Chokri Ben Nessir

Tous les trois ans, les grands électeurs sont appelés à renouveler la moitié du Sénat Français. Les résultats définitifs et la nouvelle composition du Sénat, après le renouvellement de la moitié de la Chambre haute soutiennent la défaite cinglante du parti de Macron « La République en Marche » face aux  Républicains et leurs alliés, qui eux, se renforcent. Le Sénat échappe ainsi à la vague En marche qui a déferlé sur les élections présidentielles et législatives alors que l’enjeu de ce scrutin était simple : Emmanuel Macron espérait une majorité confortable pour mener à bien ses réformes constitutionnelles. Le Sénat sera-t-il le lieu du contre-pouvoir au président Emmanuel Macron?

En effet, la République en marche ne compte plus que 24 sénateurs, contre 29 auparavant alors que les Républicains et leurs alliés, seront présents avec pas moins de 171 élus, contre 142 avant le scrutin de dimanche dernier. A gauche, les socialistes limitent la casse avec 69 élus contre 86 sièges auparavant. Les communistes parviennent à garder leur groupe parlementaire avec le minimum requis à savoir dix sièges. Quant à au Front national, qui avait fait entrer deux élus au palais du Luxembourg en 2014, il ne gagne pas cette fois de nouveau siège.

A la lumière de ces résultats, il est clair que les Grands Électeurs ont sanctionné l’exécutif. C’est le premier revers électoral pour La République en marche. La République En Marche, le mouvement initié par Emmanuel Macron paie les décisions du gouvernement sur les finances des collectivités locales, mais préfère justifier cette déroute par le mode de scrutin adopté.

Il n’empêche, l’absence de vague macroniste s’explique d’abord par l’absence de relais locaux pour le jeune mouvement LREM, mais aussi par le début de grogne de certains élus locaux face aux récentes décisions de l’exécutif relatives à la diminution des crédits alloués aux collectivités locales, la réduction du nombre de contrats aidés, ou encore la suppression de la taxe d’habitation.

Pour Emmanuel Macron, dont les proches espéraient initialement une cinquantaine de sièges, le groupe LREM peut espérer quelques ralliements grâce aux négociations post-électorales. Les contours de cette alliance pourraient encore évoluer et permettre ainsi au groupe LREM de former des « majorités de projet » chères à Emmanuel Macron. Le groupe LREM va devoir batailler dans ce cas pour construire une majorité de circonstance au Sénat.

La droite peut bloquer

Il n’empêche la droite a toujours les moyens de bloquer certains textes à la Haute Assemblée. Sur le plan législatif, alors que s’annoncent les gros textes budgétaires, le résultat des sénatoriales n’empêchera pas l’exécutif d’appliquer son programme, l’Assemblée nationale ayant de toute façon le dernier mot. Mais cette déroute pourrait compliquer la tâche d’Emmanuel Macron pour sa réforme constitutionnelle. Le président de la République a annoncé vouloir limiter le cumul des mandats dans le temps, réduire d’un tiers le nombre de députés et sénateurs, supprimer de la Cour de justice de la République ou encore réformer le Conseil supérieur de la magistrature. Sur tous ces sujets (à l’exception de la réduction du nombre de députés), une réforme constitutionnelle doit en effet être adoptée « en termes identiques » par le Sénat et l’Assemblée, selon l’article 89 de la Constitution. Et c’est le seul domaine où le Sénat peut traiter d’égal à égal avec l’Assemblée nationale. Mais tout devrait s’éclaircir lors de l’élection du président du Sénat, prévue le 2 octobre. A cette occasion, les groupes vont se former et les tractations devraient aller bon train pour choisir le nouveau président. Gérard Larcher (LR) a déjà annoncé être candidat à sa propre succession, et fait office de grandissime favori au vu des résultats de dimanche et qui donnera les grandes lignes de l’attitude des sénateurs.

Certaines des réformes proposées par Emmanuel Macron pourraient en revanche voir le jour via des lois organiques. La Constitution donne seulement un plafond du nombre maximum de parlementaires, il suffirait que le Sénat l’adopte à la majorité simple.  Pour les textes classiques, La République en marche n’a pas de souci à se faire : l’Assemblée nationale a le dernier mot en cas de désaccord avec les élus du palais du Luxembourg. Le processus pourrait cependant s’avérer plus facile pour Emmanuel Macron si la droite se montrait prête à collaborer.

 

 

 

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