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Macron, en version japonaise : Bonne ou fausse copie ? - Majalla Magazine
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Macron, en version japonaise : Bonne ou fausse copie ?

Yuriko Koike (Getty)
Yuriko Koike (Getty)
Yuriko Koike (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

Les chroniqueurs, journalistes et autres analystes doivent retenir le nom de «Yuriko Koike», car cette femme encore inconnue, ou plutôt peu connue du public japonais, il y a un an ou deux, commence déjà à tracer son chemin, dans un pays connu pour son traditionalisme en politique, et même pour une certaine «misogynie», tant les femmes sont encore loin de gagner une place respectable sur l’échiquier politique du pays.

Le «conte» politique d’Emmanuel Macron, peu ou mal connu, une année avant la date des Elections Françaises, et arrive à se devenir président avec un score honorable, fait rêver plus d’un ou d’une, dans plus d’un pays, au point d’évoquer dans certains cas, la «macronmania».

Yuriko Koike, aurait pu se contenter de la fonction de gouverneure de Tokyo, mais son ambition la pousser à aller plus loin, même si elle doit secouer les traditions, dans un pays, où le respect des traditions relève d’une dimension sacrée.

Elle vient de commettre un «sacrilège» en créant son propre parti, et même adopte un manière de communiquer plus souple et surtout plus moderne. Ses proches lui reconnaissent un charmant certain, mais avouent facilement qu’elle dispose d’un sens de l’autorité très stricte.

Elle sait bien compter et surtout profiter de l’effet d’annonce en prenant les commandes du Parti de l’Espoir quelques heures avant l’annonce officielle d’élections législatives anticipées par le Premier ministre Shinzo Abe.

Elle aime se comparer à Emmanuel Macron, qui comme elle, a créé son propre formation politique. Malgré ses 65 ans, elle pense pouvoir gagner et surtout renverser un système politique, né suite à la Deuxième Guerre Mondiale.

«Le président Macron et moi-même cherchons de nouvelles perspectives et avons tous les deux reçu le soutien de nombreuses personnes», a-t-elle annoncé, celle venait d’emporter la majorité à l’assemblée de la capitale avec la coalition menée par sa nouvelle formation Tomin First (les citoyens de la capitale d’abord).

Les chroniqueurs japonais reconnaissent bien que sa victoire au poste de gouverneure est déjà une première pour une femme déjà, mais Mme Koike veut bien aller plus loin, même trop loin, pour devenir la première femme Premier ministre de l’archipel. Chose que personne ne pouvait imaginer. Quant à l’accepter et l’assimiler, le Japon doit bien accomplir des pas, et rompre avec toute une mentalité patriarcale et même misogyne…

Entre Geisha et Samouraï !

Son style vestimentaire coupe avec la rigueur des costumes sombres et classiques, portés par les hommes politiques au Japon, elle aime porter d’élégants tailleurs émeraude par exemple.

Les Japonais avides de proverbes et de métaphores, la comparent bien à cet homme, cité par maintes contes et histoires anciennes, qui tout en marchant vers la lumière au fond d’un tunnel, verra bien un jour le soleil. Image réellement exploitée par cette femme, qui l’a mise dans son vidéo de présentation du Parti de l’Espoir.

Dans un pays, où le mythe de femme Geisha, douce, soumise et surtout disponible pour satisfaire les moindre caprices de homme, perdure et persiste, Yuriko Koike opte pour celui du Samouraï, car sa démarche et sa manière de marcher en tapant fort, rappelle plus la manière martiale de ces combattants plus que ces femmes douces et soumises.

Casser les dogmes et détruire les images, dans une société japonaise, certes modernes, va couter cher, ou emporter vers le poste du Premier ministre, la question est plus qu’un pari. Plutôt, un fort révélateur de la société japonaise ?

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