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Attentat de Marseille : Le cerveau de l’opération interpellé ? - Majalla Magazine
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Attentat de Marseille : Le cerveau de l’opération interpellé ?

Par Chokri Ben Nessir

Bien que l’organisation terroriste le Groupe Etat islamique ait revendiqué les deux meurtres de Marseille commis par le tunisien Ahmed Hannachi,  les enquêteurs français n’avaient rien trouvé qui puisse relier l’assaillant à l’organisation jihadiste jusqu’à ce que l’arrestation du frère de l’assassin en Italie ne vienne confirmer cette thèse.

Anis Hannachi, le frère d’Ahmed Hanachi, le ressortissant tunisien qui a tué deux jeunes femmes à Marseille (sud de la France) il y a une semaine, a été arrêté en Italie, a indiqué la police italienne dans un communiqué. L’homme arrêté à Ferrare, dans le nord de l’Italie, à la suite d’un mandat d’arrêt international délivré par les autorités françaises, n’était pas fiché comme terroriste en Italie. Il n’empêche, il était accusé de complicité et de participation à une association terroriste. Il est mis à la disposition du parquet de Bologne en attendant son extradition vers la France, selon la même source.

Mais d’ores et déjà, il est avéré maintenant qu’Anis Hannachi serait le cerveau de l’attentat de Marseille. Il serait selon des sources concordantes derrière l’endoctrinement de son frère auteur de l’attentat de Marseille. En effet, Anis Hannachi n’était pas connu auprès des autorités italiennes comme sujet radicalisé. Dans les bases de données  de la police italienne, il y apparait pour avoir séjourné en Italie en 2014 et qu’il a fait l’objet d’une décision de refoulement  en Tunisie.

Selon la police française, Anis Hannachi aurait combattu en Syrie. Il faisait partie des combattants étrangers entre 2014 et 2016. Selon l’hypothèse avancée par les enquêteurs, il fut à l’origine de l’endoctrinement de son frère, Ahmed, et en a provoqué la radicalisation.  Selon les premières constatations, Anis a débarqué en Italie au Favignana en 2014 sur une barque avec d’autres tunisiens. Il a été refoulé et il est allé ensuite en Syrie pour s’entraîner, puis il est revenu en France. La première trace de son retour en Italie remonte au  4 octobre en Liguria, mais les Français le signalent déjà le 3 octobre sur le sol français et ils n’excluent pas qu’il fût arrivé le 27 septembre, date de l’attentat. Maintenant la police est sur le point de reconstruire son parcours pour établir s’il a ou non participé à l’attaque de Marseille avec son frère.

Pour répondre à la question si Anis projetait d’éventuels acte terroristes en Italie, Lamberto Giannini, directeur de la brigade antiterrorisme  explique que « la présence de Anis apparaît assez improvisé mais une chose est sûre il avait entretenu des contacts permanents avec des jihadistes établis en France. »

Une base logistique

Toutefois, le suspect a été trouvé sur le territoire italien grâce à une enquête du service central de lutte contre le terrorisme extérieur, précise le communiqué. Selon ‘‘Le Parisien’’, trois terroristes, auteurs d’attentats en Europe, ont séjourné à Aprilia, une commune proche de Rome, où vivait Ahmed Hannachi. C’est aussi dans la même commune que le Tunisien Anis Amri, auteur de l’attaque au camion-bélier qui avait fait 12 morts au marché de Berlin, en décembre 2016, a fait une escale en 2015. Cela pourrait être une coïncidence mais lorsqu’on apprend que l’Algérien Khaled Babouri, qui avait attaqué à la machette deux policières, en août 2016 à Charleroi, en Belgique, avait également séjourné à Aprilia, on se dit que ce n’est peut-être pas une coïncidence. « Aprilia compte 70.000 habitants et nous vivions au centre-ville. Je ne sais pas si Ahmed avaient des contacts avec Amri ou Babouri, que je connaissais pas. Mais je doute fort qu’il soit en contact avec eux »indique l’ex-femme d’Ahmed qui dresse de son époux un portrait tout à fait banal.

Portrait d’un terroriste

Ahmed Hannachi, le Tunisien de 29 ans qui a tué au mois de septembre deux jeunes femmes à la Gare Saint-Charles de Marseille, avant d’être abattu par la police, a vécu plusieurs années à Aprilia, au sud de Rome. « Il s’est marié à Aprilia avec une Italienne en 2008, il y a été inscrit comme résident entre mars 2010 et mai 2017 et a été arrêté à deux reprises pour une affaire de drogue et une autre de vol », avait déclaré un représentant de la mairie d’Aprilia. « Il a ensuite été radié des listes communales, faute d’avoir renouvelé son certificat de résidence, mais nous savons qu’il n’habitait plus sur la commune depuis 2015″, avait-il ajouté.

C’est à Zazouna qu’a grandi Ahmed Hanachi, qui a épousé en 2008 à Aprilia l’italienne Ramona Cargnelutti. Après une séparation en 2014, sa femme assure ne plus l’avoir revue. «Nous ne communiquons plus qu’à travers l’avocat en charge du dossier du divorce » assure-t-elle.

Noureddine, le père d’Ahmed et Anis ne mâche pas ses mots en parlant de l’ex de son fils abattu par les policiers français. « Cette femme je ne veux plus entendre parler d’elle, elle a ruiné la vie de mon fils » indique-t-il. Chose à laquelle Ramona réplique en disant qu’elle comprend la douleur d’un père qui a perdu un enfant. Toutefois, elle explique qu’Ahmed Hannachi a détruit sa vie de son propre chef. Elle dresse de lui un portrait d’un clochard qui ne veut que l’argent pour se saouler et pour se droguer.

Selon sa femme, pour Ahmed Hannachi qui a vécu huit ans à Aprilia, la religion ne lui signifiait rien. « Je l’ai jamais vu aller à la mosquée.  Il aimait bien s’habiller, allait en discothèque, buvait l’alcool et se droguait même » explique-t-elle. « Le fait qu’il soit un jihadiste me semble quelque chose d’incroyable » assure-t-elle.

Cependant, la presse italienne affirme que les policiers antiterroristes procèdent, depuis dimanche 1er octobre, à de nombreuses perquisitions pour savoir si Aprilia abrite une base logistique, le centre d’un réseau de radicalisation, ou un centre de fabrication de faux papiers.

 

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