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Mondial 2018 : Les sélections arabes seront-elles à la hauteur ? - Majalla Magazine
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Mondial 2018 : Les sélections arabes seront-elles à la hauteur ?

Essam El-Hadary (Getty)
Essam El-Hadary (Getty)
Essam El-Hadary (Getty)

Par Chokri Ben Nessir

Un football offensif, des buts splendides et un public en émoi, telles sont les composantes de chaque Coupe du Monde de la FIFA. En 2018 c’est la Russie qui  sera le berceau du football mondial et accueillera  les supporters de tous horizons lors d’une grande fête qui restera longtemps gravée dans les mémoires des amateurs de football du monde entier. Du match d’ouverture jusqu’à l’épique finale, le football fera lever les foules par millions, que ce soit au stade, à la télévision ou sur les plateformes numériques.

En Russie, le décor est déjà planté pour que les meilleurs joueurs de la planète puissent briller, pour qu’ils fassent des matches plus haletants les uns que les autres. La liste intégrale des pays arabes participant au mondial 2018 ne sera connue que le 10 novembre. Pour l’instant, dans la zone Afrique seule l’Égypte (groupe E) est qualifiée. Les Pharaons retrouveront la Coupe du Monde pour la première fois depuis 1990. La Tunisie, le Maroc qui joueront les matchs barrages sont bien partis pour aller en Russie. Dans le groupe A, la Tunisie n’a besoin que d’un nul alors que la Côte d’Ivoire et Maroc se livreront une véritable finale dans le groupe C. Absente des deux dernières éditions du Mondial, la Tunisie devrait disputer la Coupe du monde 2018. En effet, les Aigles de Carthage sont en tête de leur groupe avec trois points d’avance sur la RD Congo alors qu’il ne reste qu’un match. Lors de la dernière journée, les Tunisiens recevront la faible Libye et un nul leur suffira. Autant dire que la Russie est toute proche !
Pour le Maroc, le choc de la dernière journée des matches de qualification, en Côte d’Ivoire, fera office de finale pour une place au Mondial 2018.

L’Arabie Saoudite, tombeuse du Japon est déjà qualifié (1-0) pour la Coupe du Monde 2018 au détriment de l’Australie, moins bien classée malgré sa victoire contre la Thaïlande (2-1) et qui devra donc disputer un barrage pour tenter de jouer le Mondial en Russie.

Dans la zone Asie, l’Arabie Saoudite, qui termine à la deuxième place de ce groupe B, est la huitième nation qualifiée pour le Mondial après le pays-hôte russe, le Brésil, le Mexique, la Belgique, le Japon, l’Iran et la Corée du Sud.

Parmi les pays arabes qui sont éliminés on notera la Syrie, le Qatar, les Emirats arabes unis, l’Irak, la Libye et l’Algérie.

Pour les Syriens qui n’ont jamais participé à une Coupe du monde, ils garderont une immense amertume du match à Sydney où  la belle histoire s’est achevée en mettant fin au rêve du Mondial 2018 de ce pays ravagé par la guerre. Les Aigles de Qassioun resteront tout de même dans l’histoire. Le naufrage de Zambie (3-1) a fait de l’Algérie le premier pays arabe et africain à dire adieu à la Russie.

Vingt participations

En vingt participations aux phases finales de Coupe du Monde de la FIFA, les sélections arabes ne se sont qualifiées pour le deuxième tour qu’à trois reprises. La sélection égyptienne a été la première en phase finale de Coupe du Monde de la FIFA, en 1934 en Italie. C’est Tarik Adil Fawzi qui a débloqué le compteur arabe face à la Hongrie avec un superbe doublé, qui n’a été réédité que trois fois par la suite.

Il faudra attendre 52 ans pour voir un pays arabe aller pour la première fois au-delà de la phase de poules, au Mexique en 1986. C’était le Maroc. Le deuxième à avoir franchi ce cap est l’Arabie Saoudite aux États-Unis en 1994 et le troisième est l’Algérie qui est passée au huitième des finales au Brésil 2014. En tout, il n’y a eu dans l’histoire de la Coupe du Monde de la FIFA que huit équipes arabes qualifiées pour la phase finale, sur les vingt-trois pays que compte le monde arabe.

En termes de buts inscrits, le bilan des sélections arabes en douze éditions de la Coupe du Monde de la FIFA est bien maigre. Pourtant, elles ont été présentes à toutes les éditions depuis 1978. Le monde arabe a eu un seul représentant en 1934, 1970 et 1978, deux en 1982, 1990, 1994, 2002, 2006, et trois en 1986 et 1998. Mais en tout, son bilan offensif se limite à 43 réalisations, le record ayant été établi lors de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998 par le Maroc, l’Arabie Saoudite et la Tunisie avec huit buts en neuf rencontres lors du premier tour. Quant à la participation la moins prolifique des équipes arabes, elle remonte à la Coupe du Monde de la FIFA Corée/Japon 2002. La Tunisie n’avait alors trouvé les chemins du but qu’une fois, par Raouf Bouzaiene, tandis que l’Arabie Saoudite devenait l’unique sélection arabe à quitter une Coupe du Monde de la FIFA avec un compteur vierge.

Des participations timides

Ces participations timides n’ont pas permis aux buteurs arabes de figurer parmi les légendes de cette compétition. Il n’en reste pas moins certaines performances de joueurs qui ont fait briller quelques étoiles dans le firmament arabe.

La figure la plus notable est sans doute le mythique attaquant saoudien Sami Al Jaber. Il est le seul footballeur arabe à avoir pris part à quatre phases finales de Coupe du Monde de la FIFA, en 1994, 1998, 2002 et 2006. Il a également réussi à marquer trois buts lors de trois participations différentes, d’abord dans les filets du Maroc aux États-Unis 1994, puis dans les cages sud-africaines en France 1998, et enfin dans celles de la Tunisie en Allemagne 2006. Il est incontestablement le grand buteur du football arabe. Pour mieux mesurer sa contribution, signalons que l’Arabie Saoudite n’a marqué que neuf buts au cours de son histoire mondialiste.

Le deuxième buteur saoudien, Fouad Amin Anwar, a signé deux réalisations lors de la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994 : contre les Pays-Bas et le Maroc. Suivent quatre autres joueurs, qui ont chacun inscrit une fois leur nom au tableau d’affichage. Le plus célèbre de ces buts reste celui de Saeed Owairan, réalisé en 1994 contre la Belgique pour propulser l’Arabie Saoudite au deuxième tour. Fahad Al Ghesheyan a pour sa part trompé le portier suédois lors du match suivant. Youssef Al Theneyan s’est, lui, illustré face à l’Afrique du Sud en 1998. Enfin, Yasser Al Kahtani a marqué contre la Tunisie lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006.

Le record marocain

Parmi les pays arabes, c’est le Maroc qui détient le record de buts inscrits (12 au total) en phase finale de Coupe du Monde de la FIFA. Tout a commencé en 1970 avec deux réalisations signées Mohamed Jarir face à l’Allemagne de l’Ouest et Maouhoub Ghazouani face à la Bulgarie. Ce dernier but est celui qui a donné au Maroc son premier point dans cette compétition.

En 1986 au Mexique, les Marocains se qualifient pour le deuxième tour et trouvent le chemin des buts à trois reprises, grâce à Abdelrazik Khayri par deux fois et Abdelkrim Krimau. Lors de la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994, les Lions de l’Atlas rugissent deux fois, notamment face à l’Arabie Saoudite sur une réalisation de Mohammed Chaouch, et contre les Pays-Bas avec un but d’Hassan Nader.

Mais c’est pendant la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998 que le Maroc laisse libre cours à ses velléités offensives en trouvant les filets à cinq reprises grâce à trois joueurs. Abdeljalil Hadda, alias Camacho, marque contre la Norvège et l’Écosse. Salaheddine Bassir réalise le doublé face à l’Écosse et devient le deuxième joueur marocain à réussir cette performance. Le troisième est Moustapha Hadji, qui s’illustre face aux Norvégiens.

Au cours de ses quatre participations à des phases finales de Coupe du Monde de la FIFA, la Tunisie inscrit huit buts. Les Tunisiens débutent en 1978 avec un triplé face au Mexique et offrent ainsi au monde arabe et à l’Afrique leur première victoire sur la scène mondiale. Les héros du jour furent Ali El Kaabi, Nejib Ghommidh et Mokhtar Douieb.

Après une absence de vingt ans, la Tunisie inscrira un unique but lors de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998 par Skander Souayah contre la Roumanie. Le scénario se répète en 2002 avec une seule réalisation signée Raouf Bouzaiene face à la Belgique. En 2006, les Aigles de Carthage égalent leur record avec trois réalisations, œuvres de Ziad Jaziri et Radhi Jaidi dans les filets saoudiens, et de Jawhar Menari face aux Espagnols.

L’Algérie, seule représentante arabe lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010 compte six réalisations, dont cinq en Espagne en 1982. La même année, les Fennecs entrent dans l’Histoire en inscrivant deux buts face à l’Allemagne de l’Ouest, devenant ainsi la seule sélection arabe à battre un ancien champion du monde. Rabeh Madjer et Lakhdar Belloumi sont les protagonistes de la victoire. Les deux autres joueurs algériens à avoir trouvé les filets sont Salah Assad (deux buts) et Tedj Bensaoula. Mais à l’issue de la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986, les Algériens n’enregistrent qu’un seul point, à l’issue d’un match nul face à l’Irlande du Nord lors duquel Djamel Zidane inscrit l’unique but.

On compte, parmi les sélections arabes évoluant sur le continent asiatique, celle du Koweït, qui a été la première d’entre elles à se qualifier pour une phase finale de Coupe du Monde de la FIFA. En Espagne en 1982, les Koweïtiens marquent seulement deux fois. C’est Faisal Al Dakhil face à la Tchécoslovaquie (match nul) et Abdullah Al Buloushi face à la France qui s’en chargent.

Les Émirats Arabes Unis ont également deux réalisations à leur actif en Coupe du Monde de la FIFA, notamment en Italie en 1990, grâce à Khalid Ismail Mubarak et Ali Thani Jumaa, respectivement face à l’Allemagne et à la Yougoslavie.

Les Irakiens arrivent bons derniers avec une seule participation, lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986. Au plan mondial, un seul but vient orner le palmarès footballistique de l’Irak, celui d’Ahmed Radhi face à la Belgique. Mais d’ores et déjà la question que posent les millions de supporters arabes est la suivante : les sélections arabes qui participeront à cette épopée russe donneront-ils au football arabe ses lettres de noblesse ?

 

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