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L’Europe perd 80% de ses insectes - Majalla Magazine
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Environnement

L’Europe perd 80% de ses insectes

Par Majalla

De l’avis de tous les experts en communication, si un sujet ne peut diviser les Européens, ou en tout cas moins que les autres, est celui de l’environnement et tous les sujets qui en dérivent, comme l’agriculture biologique, la protection de nature, et surtout un retour voulu à une vie qui rompe, même momentanément avec la ville et sa jungle de béton.

De ce fait, ces questions conditionnent même la politique, surtout cette confrontation concernant les OGM, entre l’Europe et les Etats-Unis. Sachant que le vieux continent ne cesse de dépenser pour son environnement.

Une étude allemande vient de jeter une très grosse pierre dans cette mare, que toute l’Europe veut tranquille, et surtout loin de la pollution :

Près de 80% des insectes auraient disparu en Europe

Le chiffre ou plutôt le pourcentage choque, et même bouleverse. Surtout que cette étude d’une rare ampleur publiée dans le journal scientifique Plos One: Près de 80% des insectes ailés ont disparu en Europe en 30 ans. Si les causes de ce déclin restent encore à préciser, l’impact des pratiques agricoles semble en être à l’origine.

L’étude fait même de la pédagogie, tant elle indique aux communs des lecteurs de constater par eux-mêmes : Au fil des ans, le nombre d’insectes qui s’écrase sur la pare-brise d’une voiture est en constante diminution. Et pour cause, il y en a de moins en moins en Europe. C’est le résultat d’une étude de grande ampleur réalisée dans plus de 60 aires naturelles protégées en Allemagne.

Cette étude, vient confirmer ce qu’on pressentait déjà. Les années 1970, les experts estimaient le pourcentage à 58%, actuellement selon l’étude, il est 80%.

Au-delà de ce pourcentage qui choque réellement, la raison pousse à chercher les causes, et par conséquence penser à des remèdes et des solutions, ou du moins à freiner la descente dans cette hécatombe ?

Une équipe de chercheurs de l’université Radboud aux Pays-Bas avoue ne pas en être sûr. Elle exclut cependant le réchauffement climatique, mis hors de cause pour une fois. En effet, la hausse des températures observées serait plutôt un facteur favorable aux insectes. De la même façon, un effet de l’urbanisation et de la fragmentation des espaces sauvages est également écarté : les relevés ont eu lieu dans des zones naturelles protégées, ce qui rend d’autant plus alarmante cette découverte.

Les techniques agricoles seraient la cause de cette catastrophe ?

«Les aires protégées sont presque toutes entourées de parcelles agricoles», selon les chercheurs. «L’agriculture intensive, les engrais et les pesticides pourraient donc être une cause probable. Les zones naturelles seraient donc affectées par les champs aux alentours», avancent-ils, sans oublier de préciser que cette hypothèse reste à confirmer. Néanmoins, cette explication reste tout de même prise très au sérieux. Dans tout ce constat, les abeilles constituent un indicateur de taille. Une diminution notoire de leurs présences, est due aux Néonicotinoïdes, un insecticide qui agit sur le système nerveux des insectes.

Des experts indépendants ne mettent pas en doute la tendance des chiffres et des pourcentages, mais restent sceptiques concernant aussi bien l’exactitude que les conditions dans lesquels ces chiffres ont été élaborés. Tout en reconnaissant que la disparition des insectes reste encore à préciser, les conséquences sont en revanche plus faciles à déterminer, et elles sont très inquiétantes. «Cette disparition en masse des insectes est alarmante, d’autant plus que les relevés ont été réalisés dans des aires naturelles protégées», concluent les auteurs de l’étude. «Cette perte de biomasse doit avoir un effet en cascade sur les tous les autres niveaux de la chaîne alimentaire et nombreux autres effets sur l’écosystème.».

Une chose est plus que certaine : cette étude apporte une peur certaine et continue à entretenir un flou dangereux. Chose qui va pousser les pouvoirs publics surtout à financer d’autres études, qui tenteraient à la fois de porter la vérité qu’éclaircir l’horizon aussi bien pour les insectes que pour les humains.

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