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Le business de l'ADN : jouer avec les gênes sans se gêner ! - Majalla Magazine
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Le business de l’ADN : jouer avec les gênes sans se gêner !

Par Nasreddine Ben Hadid

Il ne suffit plus d’avoir un prénom, un nom de famille, une carte d’identité, ou même des empreintes digitales. Prochainement, ou plutôt déjà pour certains cas, l’empreinte génétique est déjà mise en pratique. Une identité nouvelle, qui fait rêver, tellement elle pourrait engendrer des gains énormes. Mais déjà, fait peur, très peur. On a tous lu quelque part, ou même souvent les initiales OGM (Organisme Génétiquement Modifié). Et on a tous vu ou suivi ces interminables combats, entre ceux qui chercheraient à bannir ces OGM, contre ceux qui n’ont de quête que commercialiser des produits OGM.

L’autre face de la médaille, est plus glorieuse. L’ADN laissé par un criminel, même un bout d’un cheveu, ou le reste d’une salive, a permis d’élucider des crimes. Et par conséquence, appliquer la justice et la rende aux victimes.

En conclusion, l’humanité entière retient son souffle de peur des mauvaises manipulations génétiques. Mais espère compte sur cet ADN pour apporter des réponses à maintes questions, et surtout porter une assurance à une humanité, qui n’a jamais été prise d’une telle peur ou encore d’un tel doute.

La plus importante des exploitations de l’ADN, ou du moins celle qui risque de bousculer des idées reçues, et même casser des dogmes, est de savoir ses origines, grâce l’étude de l’ADN. De quoi casser des idées raciales, ou même, faire que des «nations» ne le soient plus.

L’idée de l’origine raciale, connue et dévoilée grâce à l’analyse de l’ADN, fait déjà l’objet d’une émission de télévision produite par la chaîne américaine PBS, dans un pays, où la «conscience raciale» est non seulement présente, mais plutôt dominante, et primordiale en identité toujours citée pour décrire une personne.

Grâce à l’émission «Finding your Roots», qui connait un grand succès, et entame sa quatrième saison, nous savons que Bernie Sanders est un cousin lointain du comique Larry David. Et que la réalisatrice Ava DuVernay est à plus de 50 % africaine, ou que Scarlett Johansson a perdu de la famille dans le ghetto de Varsovie.

Ce show a fait de l’ADN, un objet de curiosité. Connaitre son ADN, est comme découvrir sa propre photo prise par autre. Mais une question mérite d’être posée : L’ADN est un outil que consolidation de la théorie raciale, qui – éventuellement – peut en faire un outil idéologique. Ou, plutôt un moyen de dire, ou plutôt prouver par des attestations scientifiquement indiscutables, que l’histoire de l’humanité est une histoire de métissage. Même mieux, la notion de  «race» devient une idée floue, car à quelle «race pure» fait-il remonter et en faire LA référence ?

Même mieux ou pires, des «racistes» vont découvrir, qui dans leurs veines coule le sang d’une «race inférieure» ou qu’ils ont dans les gênes des «morceaux» de cette «race maudite».

A l’inverse, l’ADN devient un examen sûr et certain, pour les organisations raciales, qui exigent déjà une analyse ADN, comme condition obligatoire pour tout recrutement. Par exemple, la plateforme Stormfront, lancée et dirigée un ancien du Ku Klux Klan, ne laisse rejoindre ses rangs, que ceux et celles, qui peuvent prouver grâce à l’analyse de leurs ADN, qu’ils sont «100 % européens et non juifs».

D’autres militants d’extrême droite, partisans de l’alt-right, comme Richard Spencer, adorent poster des captures d’écran des résultats de leurs tests génétiques «bien caucasiens» sur Twitter, légendés du hashtag #23AndMe.

Philosophiquement, on n’est pas devant un cas nouveau. La science a toujours constitué le support idéal pour les thèses racistes. Comme elle a toujours servi les antiracistes. L’ADN ne dérange pas à cette règle. Les uns l’exigent pour toute adhésion ou même mariage. Les autres le voient en preuve de ce métissage, et même que la notion de «race pure» est plus qu’obsolète.

Les questions identitaires, racistes, et même les antiracistes, ne vont pas trouver chacune, de réponses qui vont satisfaire et convaincre le(s) camp(s) adverse(s). Une question dérange et même fait peur : Les manipulations génétiques, qui touchent déjà les plantes et surtout les semences, peuvent toucher les humains.

Certains disent que ces images de science-fiction, feront partie prochainement de notre réel. Des humains conçus dans laboratoires, qui seront plutôt des super-hommes. De quoi réveiller le nazisme et faire le jeu de toutes les théories racistes.

 

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