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L’étudiant libre de choisir son université ?

Par Majalla

Cette question est tel un prisme, elle peut être débattue sous tous les angles, mais surtout chacun ne va prendre ou distinguer de tout l’arc-en-ciel, que la couleur qui l’arrange. Un combat d’intérêts de tous genres, à force d’arguments….

Sur le plan totalement, cognitif, nul ne peut interdire le savoir, et l’accès au savoir. Et surtout en dispenser d’une manière équitable pour tous. Mais le réel ou plutôt la réalité, est autre, et même diamétralement opposée à ce conte de fées, qui est «le savoir d’une manière équitable pour tous »…

Le savoir, l’éducation et l’enseignement pour tous et gratuitement, a constitué le rêve de tous les utopistes. Mais actuellement, l’enseignement coute cher, et très cher. Aussi bien aux pouvoirs publics, auxquels ce secteur prend une partie toute grande, mais aussi aux parents, pour qui l’enseignement d’un enfant ou plus, devient un investissement couteux, très même. 

L’enseignement sur toutes les branches pose déjà de graves problèmes de choix et de gestion. L’enseignement universitaire encore plus. Question de coût, de places disponibles, mais aussi de regard stratégique sur le marché du travail, tout le monde se pose la question suivante : Un bachelier peut-il faire choisir en toute liberté, la filière qui lui plaise ?

La question divise le champ scientifique et académique. Certains sont pour la liberté totale, et à l’Etat d’assumer les conséquences de ce choix. Certains sont d’avis contraire : Il faut à la fois filtrer au gré des compétences mais aussi des places disponibles. Mais surtout au gré du sacrosaint marché du travail, sans oublier les besoins stratégiques de la société.

Dans un marché du travail, réellement mondialisé, surtout pour les hauts diplômés, peut-on adopter une logique purement «national» pour ne pas dire «nationaliste» ?

Un étudiant peut naitre dans un pays, faire ses études universitaire dans un pays autre ou plus. Mais surtout décrocher un emploi dans un troisième pays. Pour ne pas dire une multinationale qui l’affecte n’importe où.

Il y a des pays, où l’orientation universitaire est une tradition bien ancrée. L’enseignement public, pose ses critères de sélection, en fonction des postes disponibles. Devant un choix de la part des étudiants, qui se focalise de plus en plus, vers des «filières dorées», qui débouchent pense-on sur des «métiers en or». Ou en tout cas, plus «rentables» que ses semblables…

En France par exemple, la question fait des remous. Les futurs étudiants veulent «un libre accés aux universités ». L’Etat par contraire, veut canaliser. Car les caisses de cet Etat, ne peuvent plus se permettre de pays les études, à qui veut étudier selon son envie.

Un avis «scientifique» vient seconder et confirmer le besoin d’un tel filtrage. Un pourcentage non négligeable, mais qui grandit avec les années, d’étudiants qui ratent deux ans au moins, pour changer de filière. Une perte sèche pour l’Etat, l’étudiant et le marché du travail, selon la même opinion.

Afin d’aider les futurs étudiants à faire le bon choix, et ne plus perdre des années, mais surtout faire perdre à l’Etat son argent, un site existe déjà en France. Sur ce site APB, les futurs étudiants et étudiantes s’inscrivaient sur le site APB, sélectionnaient les différentes filières voulues et laissaient faire un mystérieux algorithme, chargé de dispatcher les 800.000 personnes inscrites. Une forme de loterie, qui disposerait du destin de l’étudiant et son devenir.

le Premier ministre Édouard Philippe, vient de présenter le «plan étudiant». Fini le tirage au sort, les universités françaises pourront «sélectionner» les élèves ayant obtenu leur bac non pas en fonction de leur niveau mais en fonction de leur parcours.

De quoi calmer les voix récalcitrantes, mais n’apporte pas de détails concernant le mode opératoire.

Seule consolation, ceux et celles, qui veulent se permettre des études de leurs choix, ont les universités privés. En France ou ailleurs, seul l’argent fait la sélection…

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