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Airbnb à Paris : Les hôtels, victimes ou opportunistes ? - Majalla Magazine
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Airbnb à Paris : Les hôtels, victimes ou opportunistes ?

Par Majalla

Ce sujet ou plutôt ce calvaire ou même combat, peut être pris sous divers angles : Un combat entre la technologie galopante d’une part, et des lois nationales. Mais aussi, entre la «libre entreprise», très chère au monde anglo-saxon, et des lois «latines» très souveraines. Sans oublier, cette ouverture de tout le monde sur tout le monde.

A moins d’avoir un parent ou un ami, voyager rime avec hôtel, sauf pour les adeptes du sommeil à la belle étoile. Depuis l’avènement d’internet, et surtout des téléphones intelligents continuellement en connexion, n’importe qui, muni d’un tel téléphone, peut trouver un «hébergeur». Hébergeur, pas tout à fait, car l’hôte est en réalité client. Un client qui vient disposer à sa guise du logement.

D’un simple outil pour trouver un toit moins cher, on est vite passé à un mouvement de masse. Ou plutôt des sites ont en fait leurs business. De quoi peser dans l’économie virtuelle, mais de quoi faire plus que des jaloux. Des ennemis même. Avec un engagement des pouvoirs publics. Tant le phénomène bouleverse l’économie, et même plus tout le secteur touristique…

«Airbnb» a viré d’un mot barbare à devenir symbole de toute une activité mondiale généralisée. Le terme désigne l’acte de louer le logement meublé d’un particulier, pour la durée d’un passage touristique. Des sites jouent l’intermédiaire, et perçoivent une rémunération, en pourcentage généralement.

Avec la crise, et ce souci de chercher «moins cher», le phénomène a dépassé grâce au net, les frontières pour se hisser à un niveau planétaire, en tout cas supranational.

La France, pays touristique par excellence, vient d’allumer un «feu rouge» devant ce business. Les hôteliers, ont déjà tiré la sonnette d’alarme devant cette concurrence qu’ils considèrent déloyale.

Déloyale certainement pour la loi française, non pas parce que cette activité constitue une concurrence au secteur hôtelier, mais pour cause principalement fiscale. Cette transaction ne respecte pas la législation française.

Les autorités françaises viennent de mettre en demeure cinq plates-formes de locations de meublés touristiques en ligne, de retirer les annonces sans numéro d’enregistrement. Ce fameux «numéro d’enregistrement » permet une traçabilité totale. Aussi bien savoir : Qui loue à qui ? Mais aussi permet au fisc de percevoir sa part légitime.

Une mise en demeure qui va être suivie d’une poursuite en justice, en cas de non respect de la législation. Chose qui peut concerner cinq plateformes. Législation en application dans la capitale, un des marchés le plus importants de ce business.

La Maire socialiste (PS) de Paris, Anne Hidalgo, ne va pas par les petits chemins. Elle vient d’adresser par lettres recommandées, mettre en demeure Airbnb, Homeaway, Paris Attitude, Sejourning et Windu de retirer les annonces sans numéro d’enregistrement.

Ian Brossat, adjoint communiste (PCF) au Logement de la maire, a précisé la procédure : «Si elles ne se conforment pas aux dispositions de l’article L.324-2-1 du code du tourisme suite à nos démarches, nous ferons appel aux juridictions compétentes, en l’occurrence le tribunal de grande instance de Paris»

Depuis le 1er décembre, tout loueur de meublé touristique doit être enregistré, et son numéro d’enregistrement doit figurer sur l’annonce en ligne, afin de vérifier que les propriétaires ne dépassent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an.

Environ 11.000 numéros ont été délivrés sur Paris, soit un cinquième de l’offre. Que Les plates-formes sont tenues, de leur côté, de désactiver toute annonce sans numéro.

Cette «confrontation» entre une loi-nationale et une logique supranationale, résume bien les transformations que le net est en train d’induire dans nos vies.

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