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La vidéo au secours de l’arbitrage footballistique : Innovation ou perte de temps ? - Majalla Magazine
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La vidéo au secours de l’arbitrage footballistique : Innovation ou perte de temps ?

Par Nasreddine Ben Hadid

En termes de chiffres, et uniquement au niveau financier, le football n’est plus depuis deux décennies un «jeu», mais plutôt une industrie, et très lourdes même. Chose qui fait, que les investisseurs cherchent à minimiser les risques, et surtout maximaliser le profit, aussi bien en fidélisant les «clients» déjà présents, qu’attirer d’autres.

Unique souci, mais grand souci : le football ne peut être cette science exacte, ou du moins, elle est moins exacte que l’activité pétrolière ou l’industrie aéronautique. Avec une importance qui n’est pas moindre. Tant le football est devenu une des plus importants «spectacles», mais aussi, a fait qu’une équipe locale ou internationale, se convertisse en identité primaire pour des millions, avec des enjeux politiques considérables…

Pour ça, toute décision dans ce domaine, est grave à prendre, mais aussi grave de conséquences. Par exemple, comment faire que l’arbitrage soit sans fautes, ou du moins avec le moins de fautes possibles…

La Ligue de football professionnel (LFP) lors d’une assemblée générale, vient de l’annoncer : «Le championnat de France de football sera arbitré à l’aide de la vidéo à partir de la saison prochaine».

Trois grands championnats ont déjà franchi le pas et pris cette décision : La prestigieuse Liga espagnole, ainsi que l’Allemagne et l’Italie. La France vient de les rejoindre.

Noël Le Graët, président de la Fédération française (FFF), considère que «Si tout est au point, on devrait commencer dès le début de saison 2018/2019», avant d’jouter : «Je crois que c’est une bonne initiative, tous les présidents de clubs le souhaitent, les arbitres aussi, les autres observateurs aussi je crois».

La question qui importe le plus, mais qui dérange certains ou peut plaire à d’autres : Quel sera l’impact d’une telle décision et d’un tel outil, sur le jeu en premier, le rendement des joueurs. Mais surtout et le plus important : Quelle sera la réaction des spectateurs sur les gradins, et encore plus les téléspectateurs, véritable trésor à préserver et même à fructifier.

Jean-Michel Aulas, président de Lyon, tout en acceptant l’introduction de la vidéo comme moyen de vérification, émet des doutes, lorsqu’il dit : «Je pense qu’il faut faire comme la plupart des pays»

l’IFAB, l’instance garante des lois du jeu du football, supervise déjà l’expérimentation de ce moyen à savoir, l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) depuis cette saison par les championnats italiens et allemands, et le sera également à partir de la saison prochaine en championnat d’Espagne.

De peur que les arbitres n’arrêtent le jeu en tout moment, ou les joueurs ne le demandent, l’IFAB a encadré d’une manière claire et sans équivoques l’usage du VAR, qui ne peut être de secours que pour quatre situations de jeu :

1. Après un but marqué,

2. Sur une situation de penalty,

3. Pour un carton rouge direct,

4. Pour corriger une erreur d’identité d’un joueur sanctionné.

Suite à cette phase expérimentale, l’IFAB doit prendre une décision définitive sur son autorisation, ou non, en mars 2018. Gianni Infantino, président de la Fifa, souhaite son utilisation au Mondial-2018 en Russie (14 juin-15 juillet).

La question cruciale concerne certainement, l’efficacité de la vidéo sur le jeu, mais la question que personne n’ose poser en toute franche, concerne l’effet sur les spectateurs et les téléspectateurs. Un combat entre deux visions : Ceux qui ont peur que cette «cassure» ne pousse les téléspectateurs à perdre l’envie. Dans le camp adverse, ces «coupures» seraient une mine d’or pour les annonceurs, qui ne peuvent trouver de meilleures occasions pour projeter une promotion de leurs marchandises.

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