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Hawaï : une fausse alerte d’un missile, la peur de trop…

Hawai le 13 janvier 2018 (Getty)
Hawai le 13 janvier 2018 (Getty)
Hawai le 13 janvier 2018 (Getty)

 Par Nasreddine Ben Hadid

Depuis l’avènement de l’arme nucléaire comme étant une arme stratégique par exemple, avec un pouvoir de dissuasion, une certitude (ou presque) s’est installée : Personne n’a intérêt vraiment à en faire usage, car l’adversaire ferait de même. Et une destruction mutuelle ne serait de l’intérêt de personne. La guerre (dite) «froide» a ancré cette doctrine : on s’arme et on s’équipe de missiles intercontinentaux, avec les ogives nucléaires et même atomiques nécessaires, pas nécessairement pour attaquer l’adversaire, mais uniquement pour lui faire comprendre que toute «bêtise» lui sera (avec certitude) fatale.

A maintes reprises, le monde a frôlé la «catastrophe» nucléaire. Mais ces cas, sont restés pour beaucoup des «secrets militaires» et pour d’autres, rien que de simples peurs ou même hantise pour ne pas dire des cas de psychoses.

Samedi 13 janvier dernier, aurait pu être le jour que l’humanité devrait noter comme étant celui de la «destruction de Hawaï», ou même d’une escalade militaire, qui ferait le jeu des adeptes de l’apocalypse nucléaire.

Ce jour-là, une fausse alerte au missile a semé la terreur sur l’île. Une panique atroce a gagné tous les habitants. Plus horrible que la mort, est être dans l’attente d’une mort certaine. Une mort pas missile.

«MENACE DE MISSILE BALISTIQUE SUR HAWAÏ. METTEZ-VOUS IMMÉDIATEMENT À L’ABRI. CE N’EST PAS UN EXERCICE.», en caractères capitales, tel était le message court, mais tranchant que les habitants de l’île ont reçu sur leurs téléphones portables. De quoi donner des frissons au commun des citoyens, qui entre penser à se mettre à l’abri, comme le stipule le message, se soucier pour ses proches, et surtout savoir que la mort est imminente, rien n’est facile. Car le message n’a pu dire quelle tête ou quelle ogive, ce missile portait. Sinon, on n’aurait pas alerté toute l’île.

Il faut être sur place pour constater et comprendre l’angoisse générale, et surtout imaginer la circulation, avec des embouteillages. Qui penserait à respecter le Code de la route, en un moment pareil…

«Quelle est la réaction la plus rationnelle en pareil moment ?», est la question que se poseraient à posteriori tous ceux et celles qui penseraient pouvoir un jour vivre ce cauchemar. Aller sur le net, et rester connecté, est une des meilleures attitudes à prendre. Sachant qu’en premier, il faut se mettre à l’abri, au gré de l’infrastructure disponible, mais aussi, selon la disponibilité des lieux. Car en pareilles cas, personne (ou presque) ne va jouer à l’altruisme. L’égoïsme, fruit de l’instinct de survie, naturel et même légitime à l’intérieur de chacun, prime et même, est le seul à déterminer la réaction et la position à prendre.

Plusieurs messages sur le net, des tweets notamment ont commencé à annoncer qu’il s’agissait d’une «fausse alerte». La psychose ne peut disparaitre, mais un léger espoir commence même à prendre place. Espoir qui grandissait au défilement des messages de démenti. Personne ne pouvait réprimer ses cris de soulagement, mais personne aussi ne voulait se réjouir trop tôt.

Une telle expérience marque une vie, et même laisse des séquelles, graves pour certains. Des dommages psychologiques qui ne peuvent disparaitre de si tôt. Etre dans le «couloir de la mort» et reprendre sa liberté ensuite, est une expérience frustrante. Echapper à la potence, après avoir eu la corde au cou, ne peut être oublié…

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