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Culture

Francophonie : Avenir d’une langue et devenir d’une culture…

Par Nasreddine Ben Hadid

La France compte bien sur SA francophonie pour se maintenir ou même se hisser en plus au niveau mondial. Aussi, plus que toute autre force ex-colonisatrice, la France est réellement sensible et même très sensible à la question linguistique en particulier, et à la dimension culturelle.

La France est en train de perdre sa place au niveau mondial, mais aussi est en train de régresser au niveau de la francophonie en faveur d’autres forces, essentiellement le Canada. Sous la Présidence de Macron, la France veut reprendre sa place, mais plus encore : Elle veut renouer avec les grandeurs d’antan.

Le gouvernement d’Édouard Philippe, dans un souci d’innover vient de lancer un site sur internet : «monideepourlefrancais.fr», qui viendrait selon ses initiateurs «recueillir les propositions des francophones en vue de la conception d’un «grand plan» pour le français».

La France de la sorte, à travers cette idée et autres idées, qui s’inscrivent dans une vision globale, tente de reprendre sa place dans la francophonie, et de la sorte gagner des points sur le plan international. Cette action double, de la part du gouvernement d’Édouard Philippe, consiste à dresser un panier qui va «ramasser» toutes les bonnes idées, que la France (comprendre pour la propagande la Francophonie) mettra en application.

En effet, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a déclaré lors du lancement du site à Paris vendredi 26 janvier, que «les idées déposées sur la plateforme numérique ne resteront pas lettres mortes et viendront nourrir ce grand plan pour le français et le plurilinguisme dans le monde».

L’engouement attendu, se fait attendre. Les propositions ne sont ni nombreuses ni consistantes. En tout cas, pas de quoi instaurer «le chantier» que la France par le biais de son gouvernement a visé en lançant le site en particulier et le projet en général.

En déclarant «la francophonie cause nationale», Emmanuel Macron, veut reprendre par le linguistique en particulier et le culturel en général, ce que son pays a perdu par l’économie. Essentiellement en Afrique francophone. Finis les temps, où adhésion à la francophonie (pour les pays d’Afrique) était synonyme de domination française. La Chine, l’Inde, le Brésil, sans oublier la Turquie et même d’autres pays de moindres importances, veulent leurs parts, et même la part du lion du continent noir.

Mieux ou pires encore, le Canada qui n’avait pas de grandes traditions africaines dans sa politique étrangères, veut bien, par le biais de la francophonie conquérir ce «marché», et même concurrencer la France, essentiellement dans les pays francophones du continent.

L’Afrique «carte centrale» de la francophile, pas uniquement au niveau géographique, mais aussi économique, qu’humain. Le nombre des locuteurs français devrait quasiment tripler d’ici à 2050, de 274 millions aujourd’hui, à 750 millions, grâce à l’explosion démographique en Afrique.

Deux bémols viennent déranger ce beau et extraordinaire tableau : Le Français perd du terrain en Afrique francophone même. L’élite semble prise de plus en plus par l’anglais, langue de la science et des affaires. Aussi, francophonie n’est plus synonyme de relations privilèges avec le «Métropole». Plus d’un pays francophone en Afrique veut ou a déjà quitté le joug français. Mieux encore. Certains pays veulent profiter des bienfaits de la francophonie, tout en gardant des liens économiques stratégiques avec des concurrents de la France.

Au-delà de l’éclat médiatique du lancement, l’idée du site, n’est pas allée très loin. La Francophonie n’est plus «la baguette magique» par laquelle Paris peut ouvrir tous les «sésames» de l’Afrique. Le Canada devient de plus en plus gourmand, et semble moins coopérative avec la France.

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