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Commémoration du génocide des Arméniens en France, un affront à la Turquie ?

Emmanuel Macron visite la cérémonie de commémoration du génocide des Arméniens le 24 avril 2017 (Getty)
 Emmanuel Macron visite la cérémonie de commémoration du génocide des Arméniens le 24 avril 2017 (Getty)
Emmanuel Macron visite la cérémonie de commémoration du génocide des Arméniens le 24 avril 2017 (Getty)

Par Majalla

La promesse faite lors du dîner du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, auquel il a été invité de faire inscrire au calendrier une «journée pour la commémoration du génocide» des Arméniens, n’a rien d’un scoop, elle figurait bien dans ses promesses de campagne. Même mieux, Macron en candidat, a commémoré ce génocide lors de sa campagne électorale.

Le président français a annoncé lors de ce diner que «Le combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat. Nous le menons par la mémoire en soutenant l’inscription au calendrier républicain d’une journée pour la commémoration du génocide», avant de souligner qu’il était «essentiel que la représentation nationale se ressaisisse de ce sujet dans les prochains mois».

Il se fait certain que cette décision n’est pas pour plaire aux dirigeants turcs, qui ont toujours nié l’existence de ce que les Arméniens considéraient comme «génocide» à leur encontre. Chose qui va à la fois rendre les relations plus tendues entre Paris et Ankara, mais aussi exercer des pressions sur la Turquie, qui bataille pour normaliser ses relations avec les pays de l’Europe. Une Europe, qui ne voit pas de normalisation possible sans une reconnaissance turque de ses «crimes» à l’encontre des arméniens.

Emmanuel Macron, qui se rendra en octobre en Arménie lors du sommet de la francophonie à Erevan, va surement apporter plus d’engagement concernant sa promesse.

Dans une situation régionale tendue, la prise de décision française, va s’inscrire dans cette série de tensions qui a opposé Ankara à plusieurs chancelleries occidentales. Essentiellement, lors des récentes élections en Turquie, et leurs déroulements dans les capitales européennes. Aussi la campagne turque opérée en terres syriennes contre les Kurdes, n’est pas pour plaire aux Européens.

La question arménienne, est parmi les rares questions, qui ne divisent pas l’Europe. Même le Saint-Siège y est intervenu, en apportant un soutien total et surtout déterminé aux «victimes arméniennes». Le Pape, lors de sa récente visite en Arménie s’est recueilli face à la montagne qui a connu le grand nombre de victimes.

Pour l’histoire, le président sortant François Hollande, a rappelé lors de son passage à Erevan (Arménie), à l’occasion du centenaire du génocide arménien en avril 2015, sa reconnaissance par la France depuis la loi du 29 janvier 2001, et avait déclaré : «Je viens dire à nos amis arméniens que nous n’oublierons jamais».

Un an plus tard, Najat Vallaud-Belkacem instituait une «Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse», présidé par l’historien Vincent Duclert et regroupant 50 chercheurs de 12 nationalités différentes.

Pour l’histoire, selon la version arménienne, ce génocide a perpétré d’avril 1915 à juillet 1916, , au cours duquel les deux tiers des Arméniens qui vivent alors sur le territoire actuel de la Turquie périssent du fait de déportations, famines et massacres de grande ampleur. Il est planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l’époque, le Comité Union et Progrès (CUP), plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs », composé en particulier du triumvirat d’officiers Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha, qui dirige l’Empire ottoman alors engagé dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux. Il coûte la vie à environ un million deux cent mille Arméniens d’Anatolie et d’Arménie occidentale.

Les déportations et massacres sont préparés et organisés depuis Constantinople, alors capitale de l’Empire, et mis en œuvre à l’échelle locale par les responsables des divers districts et provinces. Chaque responsable local est chargé de rassembler ses administrés arméniens, puis les soldats et gendarmes ottomans escortent les convois jusqu’au désert dans des « marches de la mort » et procèdent eux-mêmes aux assassinats ou laissent libre cours à la violence de groupes de bandits armés majoritairement kurdes. De nombreux criminels, regroupés dans ce qui sera connu comme l’«Organisation spéciale», ont été libérés par les autorités à cette fin.

Sa reconnaissance politique à travers le monde fait encore l’objet de débats et de controverses, à cause de la négation de ce génocide, notamment en Turquie. En octobre 2015, le génocide est reconnu par les parlements de vingt-neuf pays.

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