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«Green Burger» pour du «Falafel» et «Fafa pizza» pour du «Foul» [Fèves] - Majalla Magazine
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Culture

«Green Burger» pour du «Falafel» et «Fafa pizza» pour du «Foul» [Fèves]


Le Caire – Dalia Assem 

La famille égyptienne préférait dans le temps, prendre les repas, autour de la «tablia», à savoir une table basse circulaire, doté de quatre pieds, permettant à tous les membres de s’y mettre autour. Il y avait une «tablia pour les adultes» et une «tablia pour les enfants». Le repas était généralement commun chez les Egyptiens. Et bien sûr, le plat principal était le «foul» [fèves], qu’on appelle actuellement «Fafa pizza», ou la «taâmia» qu’on nomme désormais «Green Burger».

Aussi bien les déjeuners, les diners, et la manière de les prendre, que les horaires, la société égyptienne vit des chambardements. Les enfants font la demande du «The Egyptian Crepe» au lieu du «Fatir» [Sorte de beignet local], qu’ils consomment désormais assorti de miel et de fromage.

Certains considèrent derrière l’émergence de ces termes, le retour d’un certain nombre d’Egyptiens de l’étranger, de pays européens et américains, et une tentative de marquer une sorte de distinction vis-à-vis des plats fournis déjà en Egypte.

La propagation de plats étrangers à la cuisine égyptienne, est due au retour d’un certain nombre d’expatriés en Europe, en Amérique ou en Asie, où ils ont déjà ouvert leurs propres projets. Pour la plupart, des restaurants et des cafés, avec des noms occidentaux, fournissant de la nourriture et des divertissements, étrangers aux autochtones. Par exemple, pour ceux qui suivent la série de dessins animés, «Gumball», ils vont constater, qu’on y accorde de l’importance au ketchup et à ses multiples usages, ainsi qu’au plat préféré, à savoir les «boulettes de viande aux spaghettis». Par contre, pour «Uncle Gedo», ils vont constater que les saucisses et les pizzas, sont les plats, que les enfants demandent avec insistance pour leurs repas, car ils ne font que les regarder. Les héros qui chantent leur fameux tube concernant les «Waffles», ils ne font qu’ancrer dans l’esprit des enfants de nouveaux modes culinaires qui n’existaient pas auparavant.

Salwa Mustafa, une fillette de 7 ans, se balade dans l’un des fameux Clubs au centre du Caire, à la recherche d’une «crêpe» sucrée, son «plat préféré». Cette génération va-t-elle léguer à ses enfants et petits-enfants une tradition faite de plats égyptiens, ou des recettes de la gastronomie de ce pays?

Falafel (Getty)

La mode des nominatifs

Le lancement du terme «Green Burger», s’inscrit dans une vague de nominatifs occidentaux, et usage de termes étrangers, apparus avec force sur les réseaux sociaux en 2017, pendant l’attaque de méduses sur les rives de la Côte Nord, qui attire désormais l’élite de la société égyptienne. Les commentaires concernant ce phénomène, ne font pas usage du terme «méduse» mais «Jelly Fish». Dernièrement, on a donné aux «amours-en-cage» la nomination de «Golden Berry». La «Melloukhia» [corète], que les Egyptiens préparent depuis des milliers d’années, et mentionnée par les historiens depuis la période fatimide, a été renommée «Green Soup».

Le Chef Mustafa Rifai, propriétaire de la chaine de restaurants «Zoba», qui propose de la cuisine égyptienne, a participé à un concours à Londres, avec «les plats de rue» comme sujet. Il s’est confronté concernant le plat «falafel» égyptien avec un Chef israélien. Il a pu conclure une victoire indéniable. En réponse à une question posée par «Majalla», concernant la nouvelle nomination des «falafel», qu’Israël tente désespérément de s’en approprier, a répondu qu’«il n’y a aucun mal, à faire usage de nouveaux noms, tant ils participent à faire connaitre nos plats égyptiens. Je considère que le nouveau nom peut participer à la promotion du plat de «taâmia». L’important réside dans la conservation de la composition initiale», avant d’ajouter que «ces noms sont plutôt diffus sur les rives des Cotes-Nord. Tout le contraire de l’ensemble de l’Egypte, où les gens gardent les anciens noms».

Existe une multitude de restaurants et de cafés, qui essayent continuellement de satisfaire les jeunes en leur proposant des plats traditionnels, dans une composition moderne. Mais aussi, des plats de diverses cuisines. Toutes ces noms ornent les menus proposés. Malgré cet effort, un grand nombre de jeunes, refusent cette vague de noms étrangers à la société égyptienne.

Dans le prestigieux centre commercial «Mall of Egypt», situé dans le quartier «6 Octobre», Mirna y était avec un groupe d’amis. Et nous leur avons demandé s’ils considéraient ces noms d’un bon œil ou non ?

Mirna, âgée d’une vingtaine d’années déclare : «Je suis contre l’adoption de noms étrangers pour notre cuisine égyptienne. Par contre, pour les plats occidentaux ou des boissons, je considère que la chose va de soi». Cet avis est en harmonie avec celui d’Abdullah, la vingtaine lui aussi, qui oppose un refis pour ce genre de noms étrangers, considérant qu’elles sont «étrangères à la société, et peuvent conduire les jeunes à perdre leur identité. Chose qui se constate au niveau de l’habit». Ce jeune estime aussi que «les médias assument un grand rôle au niveau de l’orientation de la jeunesse. Aussi, sa mission réside en la consolidation de l’identité égyptienne, en incitant à ne pas imiter l’Occident, ni à être en éblouissement face à lui. Sans quoi, la perte de notre identité serait inévitable».

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