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Empoisonnement d'un ex-espion russe : Méthode du KGB et colère en Occident  - Majalla Magazine
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Politique

Empoisonnement d’un ex-espion russe : Méthode du KGB et colère en Occident 

MOSCOW, RUSSIA – MARCH 6, 2018: Pictured in this file image dated August 9, 2006, is retired colonel Sergei Skripal during a hearing at the Moscow District Court. File image/Press Office of Moscow District Military Court/TASS (Photo by TASSTASS via Getty Images)

Par Nasreddine Ben Hadid

Le dernier des lecteurs des romans d’espionnage le dirait avec toute la certitude du monde : Ce crime n’est pas d’un genre nouveau. Déjà du temps du fameux KGB (Service de renseignement de l’ex-URSS), on procédait de la même manière. Pour le détail qui importe : Dans le temps le KGB pouvait léguer une telle mission à un des services des pays du Bloc de l’Est. Les Bulgares généralement.

L’information ne pouvait passer sous silence et être classée dans «les faits divers». Au contraire, tous le monde à Londres, du moins les branchés sur les affaires de renseignement, ont vite et même très vite fait le lien avec l’affaire Litvinenko. Qui ressemble étrangement à cette affaire :

Un ex-espion russe et une femme d’une trentaine d’années ont été hospitalisés dimanche au Royaume-Uni, «pour une exposition présumée à une substance toxique».

Peu de temps après le drame, la BBC a dévoilé l’identité de la victime. Il s’agissait de Sergueï Skripal, un ex-colonel du renseignement militaire russe. Accusé d’espionnage au profit du Royaume-Uni. Avait été condamné à 13 ans de prison en Russie en 2006. Le MI6 (Service du renseignement extérieur du Royaume-Uni) lui a donné 100.000 dollars, en contrepartie des noms des agents russes présents en Europe. La femme assassinée avec lui, n’est autre que sa fille Youlia.

Il serait né en 1951. A travaillé jusqu’en 1999 dans les services de renseignement pour l’armée russe, obtenant le grade de colonel, puis de 1999 à 2003 au sein du ministère russe des Affaires étrangères, selon l’agence TASS. Il aurait été recruté dès 1995 par les services britanniques.

Sergueï Skripal a été gracié par le président russe de l’époque, Dmitri Medvedev, avec trois autres agents russes, le 9 juillet 2010. Ayant bénéficié d’une opération d’échange d’espions entre Moscou et certaines capitales occidentale. Echange contre dix agents du Kremlin expulsés par Washington, dont Anna Chapman, une jeune femme d’affaires russe surnommée la «nouvelle Mata Hari» à New York. Cet échange, au terme duquel il s’était réfugié en Angleterre, était le plus important depuis la fin de la guerre froide.

Il a été retourné par les services britanniques, arrêté en Russie puis libéré lors d’un échange d’espions en 2010, se trouvait dans un état critique après avoir été mystérieusement empoisonné sur le sol anglais, selon des médias.

John Lough et James Sherr, experts au cercle de réflexion britannique Chatham House, considèrent que l’implication russe «ne fait pas de doute », car Moscou (selon eux) n’a pas envoyé les signaux diplomatiques de rigueur pour montrer son innocence. Et ils confirment que le message est double. A la fois aux «traîtres», qui «doivent se sentir en sécurité», qu’au Royaume-Uni lui-même, qui serait (selon les Russes) «assez faible pour inspirer le respect».

«Il est très probable que la Russie soit responsable» de l’empoisonnement de Sergueï Skripal, et de sa fille Youlia. Telle a été la déclaration de Theresa May, lundi 12 mars, devant la Chambre des communes, huit jours seulement après l’assassinat de cet ex-agent double.

Les soutiens affluent sur Londres, surtout de Washington et Paris. Trump et Macron, ont exprimé chacun un soutien total et aucune ambiguité. Sachant que peu de temps après l’assassinat le Kremlin a assuré ne disposer d’«aucune information» concernant l’éventuel empoisonnement, «tragique» de l’ex-espion russe, assurant que Moscou était «toujours ouverte à la coopération» si Londres demandait.

Les chroniqueurs de ce genre d’évènements, considère que la réponse froide et la riposte molle, qu’a données le gouvernement Cameron (2010-2016), suite à l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko en 2006, ne pouvait qu’encourager les Russes, car, il faut le rappeler, Cameron avait tout fait pour empêcher une enquête. Il cherchait selon plusieurs analystes à préserver les investisseurs russes.

Le souvenir de l’affaire Litvinenko est toujours présent dans les mémoires, mais surtout les annales de ceux qui suivent les meurtres mystérieux. Litvinenko ex-agent du FSB (services secrets russes) et opposant à Vladimir Poutine, empoisonné en 2006 à Londres au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique.

Pour la veuve d’Alexander Litvinenko dans une déclaration au Daily Telegraph : «Cela ressemble à ce qui est arrivé à mon mari mais nous devons attendre plus d’informations». Avant d’ajouter que si l’empoisonnement russe est prouvé, cela montrera que «rien n’a changé depuis la mort» de son mari

Pour l’histoire, Alexandre Litvinenko avait été empoisonné en 2006 après avoir fui la Russie pour Londres avec sa famille en octobre 2000. Il y avait rejoint le milliardaire Boris Berezovski, farouche ennemi de Vladimir Poutine, lui-même décédé dans des circonstances non élucidées en mars 2013.

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