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Taxes américaines : de la corde raide avec l’UE…

Le président américain Donald Trump arrive à la base aérienne d'Andrews le 25 mars 2018 au Maryland (Getty)
Le président américain Donald Trump arrive à la base aérienne d’Andrews le 25 mars 2018 au Maryland (Getty)

Par Narseddine Ben Hadid

Au moment même, ou Donald Trump a annoncé son intention d’imposer une taxe sur l’acier et l’aluminium, toute la machine européenne, s’est mise dessus-dessous. A la fois, l’Europe ne peut perdre le grand marché que représentent les Etats-Unis. Mais aussi, ne peut supporter cette taxe, qui va freiner ses exportations. Un dilemme difficile à résoudre. Sauf par la discussion. Washington et Bruxelles ont affirmé s’être mis d’accord pour entamer un processus de discussions concernant ces taxes.

«Nous sommes convenus de lancer immédiatement un processus de discussions avec le président Trump et l’administration Trump sur les dossiers commerciaux qui nous préoccupent, incluant l’acier et l’aluminium, pour trouver une solution mutuellement acceptable aussi rapidement que possible», ont indiqué le secrétaire au Commerce américain Wilbur Ross et la Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström dans un communiqué commun.

Il faut rappeler que Donald Trump avait annoncé le 8 mars qu’il allait imposer des taxes à l’importation de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium pour protéger l’industrie américaine et garantir la sécurité nationale du pays. Cette déclaration a suscité une vague de protestations, notamment de la part de l’UE. Le président américain en a toutefois exempté dans un premier temps le Canada et le Mexique, partenaires des États-Unis au sein de l’accord nord-américain de libre-échange (Aléna). Le ministère du Commerce américain a également ouvert un processus d’exemption qui peut permettre à des entreprises basées aux États-Unis de ne pas pâtir de ces taxes.

Les Européens savent et sont certains de l’importance du marché américain, mais savent aussi, que toute riposte européenne, en imposant des taxes pour des produits américains, risque d’être plus que dangereuse. En premier, en raison de la «folie» du Président américain, qui peut prendre des dispositions imprévisibles. Et deux, l’Europe risque de perdre sa position commune, car les pays européens ne sont pas concernés au même niveau par ces taxes. Et de ce fait, quelques pays voudraient la jouer en solo. A savoir assumer une politique nationale propre. Chose qui aurait des conséquences plus que fâcheuses sur la stabilité et même la solidité, pour ne pas dire l’existence même de l’Union européenne.

Sur l’autre rive de l’Atlantique, les Américains savent et veulent exploiter cette fragilité européenne. Mais une Europe fragile, serait la proie idéale pour les Chinois, mais aussi, constituerait une barrière assez facile contre les russes. A savoir, que les Européens ne suivront pas les Etats-Unis dans la confrontation commerciale, si l’économie européenne est touchée par ces taxes…

Un réel jeu de poker, mais à l’échelle de l’économie mondiale. Une économie tellement interdépendante, que personne ne peut penser faire mal aux autres, sans se faire mal, et surtout sans que les autres ne pensent à riposter.

Aussi, une guerre basée sur les alliances. Il vaut mieux attaquer et se défendre en groupe, mieux qu’être seul. Même les Etats-Unis, l’économie la plus forte, ne peut se permettre d’ouvrir des fronts sur tous les continents. Washington, veut jouer sur son grand marché, et surtout sur l’agressivité de sa politique commerciale.

Les Chinois, savent et adorent entendre et attendre. Dans toutes les guerres que l’Amérique de Donald Trump, veut ouvrir, ou plutôt menace d’ouvrir, les Chinois seraient présents, silencieux et surtout pas en première ligne. Mais savent combler le vide et assumer ce que les autres puissances ne veulent ou ne peuvent faire.

La présence chinoise en Europe est encore minime, mais la percée est significative, et surtout en progression. Les Européens en crise ne savent refuser de l’argent comptant, qui manquerait à une économie en crise. Mais que personne à part les Chinois, ne veut assumer ce rôle.

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