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Réseaux sociaux et suicide : Quel(s) lien(s) ? - Majalla Magazine
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Réseaux sociaux et suicide : Quel(s) lien(s) ?

Une femme tient un smartphone avec les icônes pour les applications de réseaux sociaux Facebook, Instagram, Twitter et autres vues sur l'écran à Moscou le 23 mars 2018. (Getty)
Une femme tient un smartphone avec les icônes pour les applications de réseaux sociaux Facebook, Instagram, Twitter et autres vues sur l’écran à Moscou le 23 mars 2018. (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

On parle et on évoque de plus en plus les «réseaux sociaux» plus que le «net» en soi. Tellement, il y a des gens qui passent la majeure partie de leurs temps sur les réseaux sociaux. Ou n’y vont que pour les réseaux sociaux. Une chose est certaine : Même les sites d’informations, ne peuvent se passer de ces réseaux. On y va pour faire de la promotion et aussi trouver ses lecteurs.

De ce fait, les études sociologiques ont étendu leurs attentions aux réseaux, pour y voir comment les gens y vivent, mais aussi (et surtout) quelles conséquences, ces sites ont sur les navigateurs ?

Les réseaux sociaux seraient, selon deux sociologues, derrière une baisse notoire, constante, et surtout avérée des taux de suicide à travers le monde.

Ceux qui croient aux idées reçues concernant le net, comme moyen d’enferment et surtout cause d’anxiété, doivent changer de manières de voir et façon de regarder. Les réseaux sociaux seraient synonymes de «vie»…

Le monde de la sociologie connait bien et même très bien, aussi bien Christian Baudelot que Roger Establet, surtout pour des sujets ayant un lien avec l’éducation. Ces deux professeurs émérites de sociologie, ont laissé leurs noms dans différents champs de leur discipline,  se passionnent depuis peu pour le sujet des réseaux sociaux.

Le suicide est un de leurs sujets préférés. En 2006, ils signaient un ouvrage remarqué, «Suicide. L’envers de notre monde». Douze ans plus tard, ils publient une nouvelle édition, actualisée, qui met en lumière et confirme un phénomène majeur, rarement évoqué: la baisse nette, régulière et de grande ampleur des taux de suicide, à l’échelle planétaire ou presque –un phénomène qui coïncide avec la croissance nette, régulière et de grande ampleur des nouveaux outils de communication. Certes, cette corrélation n’est pas démonstration, mais cette contemporanéité ne peut manquer d’interpeller.

«Le taux de suicide s’établissait au cours des années 1985 et 1986 à 22,5 pour 100.000 habitants, soit un niveau voisin des années précédant la Première Guerre mondiale, très proche du maximum jamais enregistré dans notre pays (25 en 1908). Il est tombé en 2013 à 15,1 et à 13,8 en 2014, soit un niveau identique ou légèrement inférieur à celui que la France a connu dans les années 1950, dans l’immédiat après-guerre et au tout début des années de forte croissance: l’un des plus faibles qui ait jamais été enregistré au cours du XXe siècle, à l’exception des années de guerre.»

Ce mouvement à la baisse touche toutes les couches de la population. Il affecte, à des degrés divers, l’ensemble des composantes de la population: les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, les agriculteurs, les employés, les ouvriers et les cadres. C’est parmi les personnes de plus de 60 ans que la baisse est la plus accentuée, soit dans la classe d’âge où les suicides sont les plus nombreux. D’où cette baisse importante du taux de suicide global.

Ces grandes tendances observées en France, touche une très grande partie du monde, à l’exception des pays pauvres d’Afrique et chez les hommes des États les moins développés de la Méditerranée orientale.

«Le cercle de la précarité s’est élargi, affectant désormais tous les secteurs d’activité et même la fonction publique, écrivent les deux sociologues. Et pourtant, le suicide baisse, même si autour de la crise de 2008, une relation positive entre chômage et suicide a pu être observée chez les hommes en âge de travailler.»

De la sorte, les réseaux sociaux jouent le rôle de «calmant» qui aide les internautes à accepter ce qu’ils ne pouvaient accepter, du moins avant l’avènement de ces réseaux.

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